mardi 22 décembre 2015

Coup de rétro sur quelques journaux de 1955

Coup de rétro sur quelques journaux illustrés de 1955

La presse commerciale et distractive illustrée marque un certain essoufflement pour les journaux privilégiant la bande dessinée. Marijac a créé Nano et Nanette en 1955, pour lequel il avait su tirer parti des talents de Edmond-François Calvo, Erik (René Jolly), Noël Gloesner et Étienne Le Rallic.
Le Journal de Mickey renaissant en 1952, a fait appel à des dessinateurs français, comme Pierre Nicolas, auteur de la longue série Mickey à travers les siècles (1952-1978). Il atteindra le tirage record, en 1957, de 633 000 exemplaires.
Hurrah Magazine est presque exclusivement constitué de bandes dessinées en couleurs (une seul page de texte : par exemple, La jeunesse de Catamount d’Albert Bonneau). Outre  Robin des bois de Jacques Souriau et Renaud Fontenay, Davy Crockett d’Étienne Le Rallic, Yann, Mousse du « Goéland » et Arthur et Zoé d’Ernie Bushmiller, on trouve des bandes dessinées traduites (Duck Hurricane, Chandra, prince royal…). L’Intrépide dont la 2e série s'étend de 1949 à 1962, après un temps de fusion avec Hurrah, connaît un inexorable déclin. Aux jours fastes, il publie Horn du West d’Étienne Le Rallic, Fanfan la Tulipe, fidèlement adapté du film de Christian-Jaque par Jean Prado, et Cadet Rousselle, du même Étienne Le Rallic.
Le journal Benjamin, renaît de décembre 1952 à novembre 1958, avec le parrainage d’écrivains et d’intellectuels, peu sensibles aux aventures belliqueuses de Biggles mais davantage séduits par la rareté des bandes dessinées. Il rend l’actualité accessible aux jeunes lecteurs, une préoccupation constante chez son créateur Jean Nohain. En revanche, le magazine Entre amis ne percera pas, vivotant de 1954 à sa mort en mai 1959.


Chez Fleurus, l’hebdomadaire catholique pour les garçons Cœurs vaillants connaît une année sans grande surprise avec quelques désillusions. Certes, on rencontre toujours les personnages de Frédéri le gardian de Robert Rigot (Le Chevalier Corsaire, Au pays des Caboclos, Le Gisement de Cavagna), et Yann Levaillant dessiné par Noël Gloesner (Le Chrysanthème de Jade, Expédition Ternium) occupe toujours la Une mais Oscar et Isidore de F.-A. Breysse, après une fugace apparition dans Le Secret du Vultur Totem inachevé, vont disparaître définitivement le 17 avril 1955. La rédaction fait croire que l’auteur est malade et pousse même l’hypocrisie en lui souhaitant « un prompt rétablissement » alors que cette rédaction, dans une ingratitude totale, l’avait mis dans l’obligation de s’en aller.


Les pages centrales sont alors remplies en catastrophe par des bandes de Robert Moreau, Pierdec, Pierre Brochard et même par Pellos qui illustre des histoires illustrées tirées du Mutilé de l’Océan de Jean Merrien et de Moby Dick de Melville. Rochelle, dans un style qui semble ne rien devoir à celui de Rol) dessine plusieurs récits complets en changeant de style. Alors que Robert Moreau, très sollicité, essaie de faire oublier l’absence de Calvo, Erik (André René jolly), toujours égal à lui-même, intervient très souvent. On lui doit les bandes Le Maître des profondeurs, Le Commissaire Picablo contre Z, Sus aux pirates et surtout Pat’ Rac contre l’Anguille, avant que le reporter-détective revienne dans Échec au dragon

Dans son style réaliste, G.B. Baray réalise Le Secret de l’amphore et Alain d’Orange illustre quelques scénarios. Notons encore le départ pour Rome de l’abbé Gaston Courtois qui va ainsi laisser le champ libre à l’abbé Jean Pihan.           


Vaillant, hebdomadaire soutenu par le parti communiste qui affirme toujours être « le plus bel illustré de la jeunesse », avec un tirage honorable, bénéficie de séries prestigieuses. Malheureusement, en 1955, la fantastique bande dessinée de science-fiction : Les Pionniers de l’Espérance, dessinée par Raymond Poïvet sur un scénario de Roger Lecureux est absente. Mais Lecureux scénarise Lynx blanc et L’Insaisissable Nasdine Hodja.  En revanche, on peut lire P’tit Joc de André Joy (alias Gaudelette) et Jean Ollivier, Bob Mallard de Rémi Bourlès et Bourdens. Ajoutons, remarquablement dessinées par René Bastard, la bande Yves le Loup (sur scénario de Jean Ollivier) dans Le Testament de Gauvin et Le Manoir des ogres


Des adeptes passionnés de comique dévorent Placid et Muzo, l’ours et le renard conçus par Jean Ollivier et dessinés dès 1946, Pif  le Chien, créé par le même Arnal et repris par Mas, Arthur le Fantôme de Cézard et La Pension Radicelle d’Eugène Gire, cocasse et délirante, bien mise en valeur par les pages grand format. Citons encore Lucien Nortier, l’auteur de Sam Billie Bill. En 1955 apparaît Ragnar le Viking de E. T. Coelho dans La Harpe d’or. N’oublions pas Capitaine Cormoran de Paul Gillon superbement mis en couleur et Louk, Chien loup.  



La presse d’origine belge connaît une embellie remarquable surtout à travers les deux journaux symbolisant les écoles de Bruxelles et de Charleroi. Chez Dupuis, le journal de Spirou dont le rédacteur en chef est Yves Delporte bénéficie de progrès techniques dans l’impression. On y trouve des séries mémorables. Pour Lucky Luke, Morris a pour scénariste Goscinny quand il dessine Des rails sur la prairie. Aux histoires de Buck Danny, l’aviateur dessiné par Victor Hubinon et scénarisé par Charlier s’ajoute une superbe biographie de Mermoz. Tif et Tondu contre la main blanche de Will et Rosy poursuivent leurs aventures dans Le Retour de Choc. Spirou, mis entre les mains du génial André Franquin (quoi va quitter Spirou pour Tintin) affronte Les Pirates du silence. Les Belles Histoires de l’Oncle Paul lancées par Charlier pour le côté éducatif font taire les censeurs. Peyo envoie Johan vers La Pierre de Lune juste avant Le serment des Vikings. Sirius (Max Mayeu), censuré pour L'Épervier bleu sur la Lune, commence la superbe série de Timour (Le Talisman). Il aborde ainsi l’Histoire depuis l’Antiquité à travers les générations successives du jeune homme aux longs cheveux roux. Jerry Spring, superbe western de Jijé, lancé en 1954 se poursuit avec Le Visage pâle et La Passe des Indiens. N’oublions pas Kim Devil de Gérald Forton dans Le Monde disparu. Les amateurs de scoutisme découvrent La Patrouille des Castors de MiTacq et Charlier dans Le Disparu de Ker Aven, tandis que naît, en novembre, l’étonnant journal Risque-Tout durant le temps de 50 numéros avec un superbe grand format. C’est assez pour que Maurice Tillieux crée Marc Jaguar.




Le journal de Tintin aligne lui aussi depuis ses débuts des séries prestigieuses. A Tintin et Milou, engagés dans L’Affaire Tournesol, Hergé ajoute Jo, Zette et Jocko qui s’aventures dans La Vallées des cobras. Le jeune breton  Corentin de Paul Cuvelier a laissé un grand souvenir car personne n’a su comme Cuvelier dessiner les « Peaux Rouges » avec autant de finesse, de respect et d’exactitude... Alix l'intrépide de Jacques Martin et dont les aventures s’étendront surtout sur le pourtour de la Méditerranée, découvre La Tiare d’Oribal. Bob et Bobette de Willy Vandersteen, après Le Gladiateur-Mystère affrontent les Martiens. Blake et Mortimer (conçus par Edgar-P. Jacobs dès 1946) plongés dans L’Énigme de L’Atlantide. Superbe série animalière, Chlorophylle né sous le crayon magique de Raymond Macherot lutte contre les rats noirs. Franquin fait une infidélité à Spirou en créant chez son concurrent Tintin le duo hilarant de Modeste et Pompon. Il faudrait encore citer Les Aventures de Dan Cooper de Weinberg, Le Chevalier Blanc de Fred Funcken,  Les Nouvelles aventures de Pom et Teddy de Craenhals, les récits complets en B.D. et les 8 pages de « Tintin-Actualités ».




Coup de rétro sur 1955 : westerns et Artima

1955 : Journaux et récits complets

En 1955, des publications d’inspiration laïque, plutôt didactiques et un peu austères, n’ont qu’une diffusion assez réduite. Au bimensuel Francs-Jeux, fondé en juin 1946 par la Ligue de l’enseignement s’était ajouté en 1948 le mensuel Terre des jeunes, pour les plus de 11 ans. Compte tenu de la position négative ou franchement hostile, des milieux enseignants à l’époque sur la bande dessinée, on comprend qu’elle ne fût introduite que tardivement, à dose homéopathique dans ces journaux. Jeunes Années Magazine, trimestriel pour les 8-11 ans, lancé par Les Francs et Franches Camarades en 1952-53, souffre d’une parution trop épisodique. Autre création, en septembre 1953, celle de L’Ami Coop (devenu Amis Coop en 1957), mensuel fondé par la Coopérative scolaire.
 Durant cette période existe une presse publicitaire juvénile intéressante. Outre Millat Frères Magazine, petite publication illustrée, soutenue par une marque de pâtes, et Pistolin (1955-1958), financé par le chocolat Pupier et dans lequel dessinent Uderzo, Hubinon et Sirius, Kim, de 1952 à 1968, est « distribué gracieusement aux petits amis de Shell ». Ne revenons pas sur le plus intéressant,  Ima, l’ami des jeunes, mensuel puis hebdomadaire en couleur, présenté récemment sur ce blog.


Des publications souvent classées « mauvais genres » par les adultes
Les Éditions du Siècle, publient Targa et surtout Garry, un héros guerrier et deviennent en 1951 les Éditions Impéria, divulguant les deux westerns Prairie et Hopalong Cassidy. Les Éditions Lug, débutant en 1950 avec Plutos, diffusent exclusivement des bandes italiennes et lancent les westerns Rodéo en 1951 et Tex (le ranger Tex Willer) en 1954, avant d’aborder le petit format avec Pampa et l’humoristique Kiwi dont la longévité fut exceptionnelle, en 1955. Les Éditions des Remparts de Lyon ont publié René Brantonne (1903-1979) et son fils Jack de Brown, dessinant d’un trait énergique sur des textes de Paul Mystère (alias Paul Bérato) et d’André Star (Max-André Dazergues ou André Compère, 1903-1963), dans les magazines Junior Aventures et Junior Espionnage.
Cette décennie est la plus faste pour le western populaire. En témoignent les revues et récits complets : Au galop, Far-West, Hopalong Cassidy, Kid Colorado, Pampa, Pecos Bill et Prairie (disparus en 1957) ou encore Kansas Kid (1954-1959), Petit Shériff (1950-1958), Old Bridger (1956-1963) ou Rancho (1954-1958).
Dans les petits formats, on peut citer le western Buck John, né en septembre 1953, au dessin médiocre mais doté d’une grande longévité et, pour l’humour : Bunny, et surtout, Pépito de Luciano Bottaro et Tartine. Citons encore les albums souples bon marché de la S.P.E., comme Aggie (créée aux États-Unis en 1946 et adoptée par Fillette en 1947) L’Espiègle Lili, Bibi Fricotin, Charlot, Les Pieds Nickelés (les anciens personnages « Offenstadt » repris par d’autres dessinateurs comme Lacroix, René Pellos ou Jean-Claude Forest), mais aussi Miki et Oncle Harry, de Bob Kay et A. Gérard, dont on poursuit les aventures.
Les Éditions Rouff diffusent des albums populaires uniquement  axés sur l’humour facile et la farce, comme Poucette et Zigoto.


Que se passe-t-il encore en 1955 ? Le journal Capucine disparaît après 57 numéros en décembre. Coq Hardi devient Coq hardi je serai en juillet pour 16 numéros seulement. Far West existe de mai 1955 à avril 1957 grâce à Marijac.
 Jeunesse Joyeuse raconte surtout les aventures Bibi Fricotin. Line, petite soeur du jounal de Tintin naît en mars 1955. Les Belles histoires de Nano et Nanette précèdent le "Journal de Nano et Nanette". Chez Artima sont lancés Fulgor et Hardy.

  

"Artima" : le récit complet en B.D. toujours très populaire

Le grand éditeur de province, sous la direction d’Émile Keirsbilk, fut sans doute Artima (ARTisans en IMAgerie) de Tourcoing, débutant de 1943 à 1949 par les "Albums du P’tit Quinquin" (surtout illustrés par J.E Dupuich), puis en 1948 par des séries de récits complets. Après l’abandon, en 1952, du format à l'italienne pour le format « français », naissent ses fameuses nouvelles séries aux couvertures mémorables et éclatantes de couleurs, illustrant de nombreux genres. Ce furent d’abord en 1952, Ardan, Audax, Aventures film, riche en westerns (un genre présent aussi dans Tex Bill, dessiné par René Melliès). Il y eut aussi Dynamic et Tony Cyclone, une mémorable histoire d’aviation. En 1953 naît la série de science-fiction la plus connue et la plus recherchée par les collectionneurs : Météor (due aux frères Raoul et Robert Giordan). Jungle, histoire de l’Ouest et guerre sont présentes dès 1954 avec la naissance de Tarou, une sorte de Tarzan débonnaire, Red Canyon (pour le western) et Vigor. Il faut encore citer Fulgor (1955-58),  Hardy (1955-58) et Tempest.  


dimanche 20 décembre 2015

Coup de rétro sur 1955 : La presse des jeunes

 LA PRESSE DES JEUNES EN 1955
1 Presse commerciale et distractive accordant une grande place à la bande dessinée  Des journaux qui s’ouvrent à la génération du baby-boum.
  
         a) pour les garçons :
               - Le Journal de MICKEY (H) (1934, puis 1952…) (Winkler)
               - COQ HARDI (4e série, juillet 1955-sept. 1956, titre Coq hardi Je serai
               - PIERROT (1925-1942, Reparaît de 1947 à 1957)
               - HURRAH (1935- 1942 ; 1951-1959 : Hurrah Magazine) (Del Duca)
               - L’INTRÉPIDE (H) (de 1910 à 1937; 1948-1949 ; puis de 1949 à 1962)
               - JOCKO ET POUSTIQUET (Novembre 1954-juillet 1956)
- BENJAMIN "Jeunesse actualité" (H) (1952-1958) (Hachette)
               - NANO ET NANETTE  (Les Belles histoires de...) (mai 55- fév. 66)
               - ENTRE AMIS  (de mai 1954 à mai 1959)
               - BUGS BUNNY (1954-1956)
               Presse d'origine belge (École de Bruxelles et École de Charleroi)
               - SPIROU Magazine (H) (1938 ; 1946 pour la France) (Dupuis)
               - RISQUE-TOUT (Novembre 1955-novembre 1956)
               - TINTIN (H) (né en 1946 en Belgique, en 1948 en France) (Dargaud)
               - JUNIOR (H) (« Tintin du pauvre », 1953-1979)

               b) pour les filles:
               - LISETTE (H) (1921-1942, de 1946 à 1964)
               - FILLETTE (H) (de 1909 à 1942, puis de 1946 à 1964) (S.P.E.)
               - LA SEMAINE DE SUZETTE (H) (1905-1940 puis de 1946 à 1960)
               - MIREILLE (BM puis H) (de 1953 à 1964) (Éd. Mireille)
               - LINE (H puis BM) (de mars 55 à déc. 63) (Dargaud) 
               - CAPUCINE (BM) (Éditions du Rempart, Lyon, 1953-1955))


2 Presse appartenant à des groupes de presse d'inspiration religieuse : Des titres qui existaient parfois avant la guerre. (FLEURUS et BONNE PRESSE)
- FRIPOUNET ET MARISETTE (H)  (1945-69) Fleurus (G. & F.)
- CŒURS VAILLANTS (H) (1929-1944) (1946-oct. 1963) Fleurus (Garçons)
- ÂMES VAILLANTES (H) (1937-1944; 1946-1963) Fleurus (Filles)
- BAYARD (H) (1936-1940 ; 1946-1962) (Bonne Presse)
- BERNADETTE (H) (1923-1940 ; 1946-1963) (Bonne Presse)
- TERRES LOINTAINES (depuis 1952) (C. I. D. Éditions)

3 Presse soutenue par le parti communiste :
Pour les petits : - RIQUIQUI LES BELLES IMAGES  (1951-1968)
                           - ROUDOUDOU LES BELLES IMAGES  (1950-1968)
- VAILLANT (H) ("Jeune Patriote" en 1945)

4 Presse de la Ligue de l'Enseignement et des Francs et franches camarades :
- FRANCS-JEUX (1946-1979) En 1954, 1 pour les filles, 1 pour les garçons ; 
- TERRE DES JEUNES (1948) 
- JEUNES ANNÉES MAGAZINE (1953) ;
- L’AMI COOP (devenu AMIS-COOP en 1957) (M) (1953-1990)

5 Presse liée à la publicité
DOMINIQUE (M) (1951-1981) (Éd. de l’Épargne) ; KIM (M) (1952-1968) (« petits amis de Shell ») ; PISTOLIN (1955-1958) (chocolat Pupier) 
IMA, L'AMI DES JEUNES (M, puis BM, puis H) (1955-1958)  
MILLAT FRÈRES MAGAZINE


Récits complets (fort nombreux) :         
a) ceux du groupe ARTIMA deTourcoing (mensuels)
ARDAN (fév.52-août 61) ; AUDAX (2e série : 1952-1961) ;  AVENTURES FILM (1952-1960) ; DYNAMIC (2e série : 1952-1962) ;  FULGOR (mai 1955-août 1958) ; HARDY (fév. 1955-août 1958) ; MÉTÉOR (1953-1962) ; OURAGAN (janv. 1955-1958) ; RED CANYON (3/1954-4/1960) ; TAROU (janv. 1954-déc. 1961) ; VIGOR (janv. 1954-juin 1962).
               b) les westerns : KANSAS KID (Nat présente...) (54-1959) ; PETIT SHÉRIFF (1950-1958) ; RANCHO (sept. 1954-janv. 1958) ; RANCHO SPÉCIAL (55-61). (disparus en 57 :  "Au galop", "Far-West", "Hopalong Cassidy", "Kid  Colorado", "Pampa", "Pecos Bill", et "Prairie".)
               c) les autres :  BANKO (1955-58) ;; BIMBO (1954-63) JEUNESSE JOYEUSE (1955-64) ("Le Journal de Bibi Fricotin" en 1965) ; PETIT RIQUET REPORTER (48) ; PIM PAM POUM (1955-1961) ;  SANS PEUR (3e série : 1951-1961) ; TOM ET JERRY (1953-1961).

5 Les petits formats :, DAKOTA (1954-1960), FOX (1954-1959), KIWI depuis sept. 55), PEPITO (1954-1966 ; 2 séries), PIKO (1955-1962), PIPO (1952-1961), ROCAMBOLE (54-65), ROICO (54 ....), CAMÉRA (55-66) (suit "34 Caméra"), RODEO (depuis 55), ZORRO (1953-1980).

6 Les albums souples bon marché :
a) de la S.P.E. : AGGIE, BIBI FRICOTIN, CHARLOT, L'ESPIÈGLE LILI, HERCULE MALABAR, MIKI, LES PIEDS NICKELÉS.
b) Éditions Rouff : BAMBOULA, BISCOTTO, MARMITON, BOUCLETTE (52-60), KADÉPUCE, LAMALICE ET GOURDIFLO, PIP ET JOC, POUCETTE (1953-59), ZIGOTO (1950-1958).
c) Editions Impéria de Lyon : BUCK JOHN (depuis sept. 1953), CASSIDY, SUPER BOY (depuis 1949), GARRY (1948-1964), PRAIRIE…
  

jeudi 10 décembre 2015

Coup de rétro sur 1955 : films et albums de bande dessinée

Coup de rétro sur 1955 (3) : Films et Albums de B.D. intéressant la jeunesse (sélection)

10 albums de B.D. :


Pas de salami pour Célimène Raymond Macherot (Le Lombard)
Pat’apouf explore les Roches-Rouges Gervy (Bonne Presse)
Une aventure de Johan : Le Lutin du Bois aux Roches Peyo (Dupuis)
Mr Lambique, Bob et Bobette : Le Trésor de Beersel Willy Vandersteen (Le Lombard)
Chlorophylle et les conspirateurs Raymond Macherot (Le Lombard) 
Tintin : Objectif Lune Hergé (Casterman)
Les Timour : La Tribu de l’Homme Rouge Sirius (Dupuis)
Lucky Luke VII : L’Elixir du Docteur Doxey Morris (Dupuis)
Blake et Mortimer : Le Mystère de la grand pyramide II Edgar P. Jacobs (Le Lombard)
Zéphir : Le Grand mur blanc Pierre Brochard « Album Fleurdor » (Fleurus)

Jean Ollivier et Coelho créent "Ragnar le Viking" dans "Vaillant".
Franquin  dessine "Modeste et Pompon" dans "Tintin" où paraît aussi le reporter "Ric Hochet" de Duchateau et Tibet.. 

20 FILMS de 1955 :   


La Belle et le Clochard (LADY AND THE TRAMP) (D.A.)         1955 Walt DISNEY. (75 mn)
Les Contrebandiers de Moonfleet (Stewart GRANGER) (d'ap. J. Meade Falkner) 1955 Fritz LANG (83 mn)
Davy Crockett (DAVY CROCKETT, KING OF THE WILD FRONTIER) 1955  W. DISNEY. (95 mn)          
Les Dix commandements                                                                     1955-56 Cecil B. DE MILLE (220 mn)
La Fureur de vivre (JAMES DEAN)                                                  1955 Nicholas RAY (108 mn) (en France en 56)
La Grande bagarre de Don Camillo (FERNANDEL, G. CERVI) 1955 Carmine GALLONE (94 mn)                            L'Homme qui n'a pas d'étoile    1955                                                                                 King VIDOR (90 mn)
Marianne de ma jeunesse (Marianne HOLD, P. VANECK)           1954-55 Julien DUVIVIER (105 mn).
Marcelino Pan y vino (Pain et vin)                                                     1955      Ladislao Vajda
Le Mystère Picasso.                                                                           1955        Henri G. CLOUZOT (80 mn)
Moby Dick (Gregory PECK est le Capitaine Achab)                        1955-56 John HUSTON (115 mn)
Papa longues jambes (USA) (Fred ASTAIRE, Leslie CARON)    1955 Jean NEGULESCO (126 mn)
Pather Panchali (La Complainte du sentier) (Inde)                         1955      Satyajit RAY. (90 mn)               
Un Pitre au pensionnat (Dean MARTIN, Jerry LEWIS)                  1955      Norman TAUROG (105 mn)
Planète interdite                                                                                   1955      Fred Mc Leod WILCOX (94 mn)
Quentin Durward (Robert Taylor)                                                     1955      Richard THORPE (96 mn)           
Si Paris nous était conté                                                                     1955      Sacha GUITRY (126 mn)
Sissi (Romy Schneider)                                                                       1955      Ernst MARISCHKA (90 mn)
La Terre des pharaons                                                                        1955       Howard HAWKS (103 mn)

Ulysse (Kirk DOUGLAS, A. QUINN)                                                 1954-55 Mario CAMERINI (104 mn)


mercredi 9 décembre 2015

Coup de rétro : les fictions "jeunesse" de 1955 (2)

Coup de rétro sur les fictions offertes à la jeunesse en 1955 (2)

L’atmosphère de guerre froide favorise l’existence de camps antagonistes même parmi les personnes chargées de la jeunesse.
Les catholiques qui ont pris l’habitude depuis longtemps, en héritiers de l’abbé Bethléem et de ses successeurs, de surveiller les lectures juvéniles et de faire la liste des journaux recommandés et des revues à proscrire n’évoquent guère eux aussi que les productions qui leur conviennent. Ils sont aussi ceux qui disposent du plus grand nombre de publications  et de collections de livres. Leurs livres sont en outre très présents dans les « Bibliothèques pour tous », une appellation abusive puisqu’elles ont été crées pour suivre les conseils et consignes des disciples et successeurs de l’abbé Bethléem.


Dans le camp catholique, depuis 1950, Fleurus et Gautier-Languereau  publie la collection « Jean-François » plutôt destinée aux garçons. A partir de 1953, Fleurus et Mame s’associent pour lancer la collection "Monique" (pour les filles). Gautier-Languereau poursuit « La Bibliothèque de Suzette » et depuis 1955, les éditions belges Gérard de Verviers ajoutent à la collection « Marabout », la série « Marabout Mademoiselle » où René Philippe a lancé la série « Sylvie ». T. Trilby, illustrée par Manon Iessel, s’adresse aussi aux filles dans la collection « Pour les jeunes » chez Flammarion (Cordon, s’il vous plaît, Coco de France). L’éditeur belge Desclée de Brouwer  destine sa collection « Belle humeur » aux milieux catholiques.    
Depuis 1954, les filles peuvent encore trouver des bonheurs de lecture dans la collection « Les Sentiers de l'aube » éditée chez Plon.


Notons au passage que Mame, dans la collection « Succès de la jeunesse », publie depuis 1953 quelques romans de S-F. Gautier-Languereau  poursuit « La Bibliothèque de Suzette » (pour les fillettes de 8-10 ans et plus).
La Maison de la Bonne Presse dispose alors de moins de moyens que Fleurus.
(La collection « Bayard », pour les garçons est née en 1954 et l’ancienne collection des « romans cinématiques » est devenue bien vieillotte).    

  
Les éditions Alsatia, bien vues par les catholiques, distinguent « Signe de piste junior », « Signe de piste » et « Rubans noirs »  mais les éditions Spes qui ont lancé en 1952 la collection « Jamboree » diffuse aussi des romans scouts, tandis que Brépols lance « Junior Club ». Desclée de Brouwer poursuit la collection « Belle humeur ».


Les communistes encore très importants électoralement (le parti communiste est toujours le 1er parti de France), disposent de critiques connus et compétents qui s’intéressent aux lectures de la jeunesse et en parlent fort bien. Malgré la force qu’ils représentent, ils éditent encore peu de livres pour la jeunesse. Le problème, c’est non seulement qu’ils s’avancent masqués, cachent leurs sympathies ou leurs adhésions au Parti Communiste mais qu’ils privilégient certaines œuvres et en ignorent d’autres. C’est chez Pierre Horay que paraît d’abord Le Pays où l'on n'arrive jamais d’André Dhôtel.
Les éditions L.I.R.E., rares éditions orientées à gauche,  ont créé la collection « Le Roman pour la jeunesse » vers 1954-1955. 


En 1955, la fondation des Éditions La Farandole liées au Parti communiste français donne naissance à plusieurs collections encore très embryonnaires. On y rencontrera des récits de George Sand (Le Chêne parlant), Pierre Gamarra, Bertrand Solet, Charles Vildrac… Il s’agit des collections « Mille épisodes » (pour les 10/14 ans), puis « Jour de fête » (visant les 10-12 ans), et  « Prélude » (pour les plus de 13 ans).

Les écoles publiques, en plus des éditions Magnard et Nathan, restent fidèles aux éditions Rageot (en 1955, Tatiana Rageot s’associe à la Librairie Hatier) où subsiste encore la collection « Heures joyeuses » qui publie Ransome (Hirondelles et Amazones), M.A. Baudouy et Lipincott. Elles sollicitent encore les éditions Delagrave pour alimenter leurs bibliothèques. En plus de « La Bibliothèque Juventa » (pour les 12-15 ans), « La Mouette » (12-14 ans environ), l’éditeur crée « Gentiane », « Bouton d'Or »  et « Pivoine ». Depuis 1953, « Aventure et jeunesse » propose des livres un peu plus attrayants. 


Quelques éditeurs scolaires tentent d’innover. Magnard dont les collections « Bibliothèque Azur » (Pouk et ses loups garous de Léonce Bouliaguet, Kpo la panthère de René Guillot) et « Fauves et jungles » s’essoufflent, crée le prix (remporté d’abord par Mylord et le saltimbanque d’Elsie) et la collection « Fantasia » (dont les premiers titres paraissent en 1955).   
Autre éditeur prisé par les enseignants de l’école publique, Sudel (L’Arc-en-ciel de Jeannine, Fan-Lo et Delph le Marin de P.-J. Bonzon, Colin-Bourrelier crée la nouvelle collection « Alouette » tout en poursuivent « Marjolaine » et « Primevère ».


Dans la collection diversifiée « Contes et légendes » (plus de 70 titres), chez Fernand Nathan, André Bajdaev rassemble les textes du genre encore peu connus de la Bulgarie (1955) tandis que la série « Contes et Légendes des régions de France » s’enrichit de volumes concernant la Normandie, la Picardie, Paris et Montmartre. 
Dans le même domaine des contes, chez Hatier-Boivin paraissent les Contes de rubis de Charles Robert Dumas et Ré et Philippe Soupault rassemblent des Contes des 5 continents pour Stock. « La Bibliothèque précieuse », collection de poche chez Gründ, au faible prix et aux couvertures agréables. publie deux recueils de contes d’Andersen dont La Bergère et le Ramoneur. Flammarion publie Le Chat Jérémie et autres histoires de chats d’Adrienne Ségur.
Aux Editions de l’Ecureuil, Maurice Percheron développe des Récits mythologiques de l’Inde (1955). Vers 1955, Hatier relance « Les Contes de toutes les couleurs », vite devenus « Les Nouveaux Contes de toutes les couleurs ». Précisons que dès 1954, les éditions Nathan publient aussi les albums, illustrés surtout de photos de Dominique Darbois (alias Dominique Sabret), dans la collection  « Les Enfants du monde ». En 1955, paraît Agossou le petit Africain.
Les Éditions Gallimard qui ont donné naissance à « La Bibliothèque blanche » en 1953, plus tard « illustrée »,  brochée puis reliée mais les titres publiés en 1955 sont encore peu nombreux.
Toujours en 1950, les éditions Gedalge avaient lancé « Les Loisirs de la jeunesse » (une collection illustrée en couleur), peu à peu remplacée en 1955 par la collection « La Comète » (voir plus haut dans ce blog).
On se souvient moins de la collection « France Club », créée en 1954 par Jean Merrien, chez André Bonne, qui publie La Montagne aux chamois de Tony Burnand.



En mai 1953, les Éditions Gérard avaient créé la collection « Marabout Junior », « collection jeune pour tous les âges », bimensuelle puis hebdomadaire. La locomotive de la collection est, bien sûr, Bob Morane de Henri Vernes qui publie en 1955 Le Secret des Mayas, Le Sultan de Jarawak, Les Requins d’acier...


Les adolescents lisent aussi depuis 1946, aux Presses de la cité, les aventures du Captain W.E. Johns, aviateur anglais de la série « Biggles » avec de futures incursions dans la science-fiction (Retour sur Mars, Vénus contre Terre, Astropolis).


En plus de « Plaisir des contes » et de la collection « Le Rameau vert », Casterman innove avec « Relais, série Histoire » tandis que « Mistral » réédite des classiques.  Dès 1951, la Librairie Gründ lance « Trésors des jeunes », une collection constituée d’énormes volumes reliés. Signalons que pour les plus jeunes, Pierre Probst (Dandi, Pouf et Noiraud) et Romain Simon (Contes du lutin) publient des albums agréablement illustrés.