jeudi 20 mars 2014

Mireille Pradier, conteuse et illustratrice à (re)découvrir

Connaissez-vous Mireille PRADIER ?

Non ? Moi non plus puisque j’ignore tout de ses dates et lieux de naissance, de vie et de mort. J’ignore tout de son parcours. Je prends pourtant l’insolente liberté de vous en parler (J’accepte volontiers les précisions des lecteurs du blog).
Cet auteure-illustratrice  qui semble seulement présente dans le monde de l’édition enfantine entre 1943 et 1946 (même s’il y a eu des rééditions ultérieures), une période trouble et troublée, serait encore davantage ignorée si l’illustrateur très connu Guy Sabran n’avait pas « imagé » (le terme s’écrit n’en déplaise aux puristes coincés) quelques-uns de ses textes. (Selon le site Internet Théâtre au vent, Mireille Pradier serait le pseudonyme de Mireille Forichon).


Chez l’éditeur (peu connu) Willeb, installé 13 Rue Marivaux à Paris, paraissent quatre de ces récits. Parlons d’abord de deux « histoires racontées ». Puisqu’il n’y a aucune indication quant à leur illustration, on peut supposer qu’elle les a illustrées elle-même.
Paraît d’abord en 1943 Agénor Kangourou se marie, un album de 32 pages très plaisant, au dessin à la fois souple et naïf. Agénor qui doit épouser Mademoiselle Virginie du Palmier ne s’est réveillé qu’à midi et tous les invités attendent. Parti en bicyclette, Agénor fait une chute de vélo avant d’être victime de deux grands boas qui veulent lui voler sa bague et le ligotent à un arbre. Son ami l’ours le libère, Agénor retrouve Virginie et le repas de mariage peut enfin commencer.    


Mireille Pradier a sans doute aussi illustré dans le même style clair et humoristique, Histoire de Lola la girafe géante, un album de 32 pages paru chez Willeb au cours du 3e trimestre de l’année 1945.
Lola est d’abord une petite girafe orpheline africaine adoptée par le Noir Papou des Béni-glou-glou qui vient de tuer sa mère d’une flèche. Les enfants adorent l’animal et se servent de son cou comme d’un toboggan. Elle grandit, devient géante et attire la jalousie d’une autre tribu qui tente de la capturer au lasso. Tirant d’un cou sec sur la corde lancée pour l’attraper, elle emporte pendus à son cou les guerriers ainsi vaincus. Lola décorée par Papou vit ensuite en princesse.      


Toujours chez Willeb paraissent encore Les Souliers de Rosette. Conte de Noël, un album de 32 pages illustré par M.-Th Auffray, paru en 1944 et réimprimé en 1945 et 48 et aussi La Vie de Jean de La Fontaine sous une couverture de G. Barret et avec des illustrations de M.-Th. Auffray. C’est un livre de 94 pages paru en 1946 dans la collection « Trois couleurs ».
L'éditeur Willeb a aussi publié en 1946 un conte de Noël de Mireille Pradier, illustré par Mô, intitulé La Révolte de l'âne, du boeuf et du mouton (8 pages). 
Autre éditeur privilégié de Mireille Pradier, l’éditeur parisien G.P. (alias Générale Publicité), chargé au départ d’honorer des commandes de Vichy, son directeur Victor Dancette s'étant refait une virginité en publiant l'album La Bête est morte, dessiné par Calvo) ). Mireille Pradier a la chance de voir ses textes illustrés par le réputé Guy Sabran (frère du romancier Jean Sabran, alias Paul Berna dont tout le monde a lu Le Cheval sans tête).
Sont édités successivement :
- Histoire des trois soldats de Goëldieu, un album de 30 pages écrit par Mireille Pradier et illustré par Guy Sabran G. P. Paris (1943, 1945 et 46).
- Le Rêve de Janou. Conte de Noël par Mireille Pradier, Imagé par Guy Sabran G. P. Paris (1943)
- Aurora, histoire de la petite princesse qui voulait apprendre à rire et à pleurer. Conte de Mireille Pradier, Imagé par Guy Sabran G. P. Paris, 1944
- Béluclaire Texte de Mireille Pradier Images de Guy Sabran G. P. Paris, 30 p. oct. 1945 et 1946. 
- Brégançon. La Légende de la reine Jeanne Texte de Mireille Pradier Images de Guy Sabran G. P. Paris, 32 p. 1945 et 1946.


Autres textes de Mireille Pradier :
- Bérylune : histoire d’une fée Illustrations de Guy Sabran Ed. S.E.M.P. 1944.
- Camping au Thibet Illustrations : 12 gouaches de Charles Desruols, Ed. Zimmermann, « Collection de l’impossible », 244 p., 1946. 


         

7 commentaires:

  1. Merci Raymond pour cet article,
    je ne connaissais pas Mireille Pradier.
    L'album Agénor Kangourou se marie a l'air vraiment bien !
    Catherine.

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  2. Bonjour ! Mireille Forichon était ma mere !! Elle est décédée en 1981. Elle a ecrit ces livres pour enfants jusqu'en 1948 je pense mais elle a tout arreté quand elle a epousé mon pere et est partie dans le Sud de la France. On ne peut plus trouver ces livres sauf chez les bouquinistes a Paris. Effectivement dans le blog "Theatre au Vent" de ma soeur Evelyne, les livres de notre mere sont cités. Pour plus d'informations, merci m'ecrire à elfiemajoie@aol.com et merci beaucoup pour cette retrospective !

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  3. Donc ma mere qui s'appelait effectivement Mireille Forichon est née a Neuilly sur Seine le 7 septembre 1920 et est decedée a Toulouse le 6 fevrier 1981. Elle vivait a Paris pendant la guerre et l'occupation allemande avec sa mere Helene de Gobineau et sa grande mere Suzanne Mercet. Ensuite elle a rencontre mon pere Sang Minh Tran a Paris et est partie ensuite sur Montauban et Toulouse et n'est jamais revenue vivre a Paris. Elle n'a plus jamais ecrit de livres. De nos jours, avec Internet, elle aurait certainement continué. Effectivement, nous avons appris que les dessins de Sabran sont assez cotés. Voila ... je vis aux USA a Houston et je donne des cours de francais a des enfants de 8 ans et je vais bientot leur lire l'histoire d'Agenor.

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  4. J'ai lu aussi vos commentaires sur les editeurs de ma mere ... je n'ai jamais su comment elle avait choisi ses editeurs, sa mere Helene de Gobineau etait une graphologue experte qui a ecrit des livres encore consultés maintenant. La famille de ma mere connaissait pas mal de monde ... sinon, j'ai un peu l'impression que vous vous demandez si ma mere etait collabo ? (Autre éditeur privilégié de Mireille Pradier, l’éditeur parisien G.P. (alias Générale Publicité), chargé au départ d’honorer des commandes de Vichy, son directeur Victor Dancette s'étant refait une virginité en publiant l'album La Bête est morte, dessiné par Calvo) ). Franchement elle ne l'etait absolument pas, ni sa mere Helene !

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    1. Je vous demande de m'excuser si je me suis mal exprimé en évoquant les débuts des éditions G.P. Jamais je n'ai supposé que Mireille Pradier ait pu avoir une attitude "collabo". D'ailleurs aucun de ses livres n'a de contenu politique qui accréditerait cette thèse stupide. Un blog exige souvent des textes courts et peut provoquer des rapprochements fâcheux. Acceptez une fois encore une fois toutes mes excuses.

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    2. Bonsoir, j'ai lu avec beaucoup d'intérêt les informations communiquées sur Mireille PRADIER conteuse et illustratrice durant quelques années à Paris. Je tenais cependant à préciser que le livre Lola la Girafe Géante fut édité le 3ème trimestre 1944 et non en 1945 comme vous le mentionnez. Encore merci pour ce bon moment passé en compagnie de Mme Pradier. Bien cordialement. Thierry

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  5. Voilà un article qui me fait bien plaisir. J'étais allée,il y a quelques années à la bibliothèque l'HEURE JOYEUSE spécialisée en littérature enfantine pour photocopier un des livres de ma mère Mireille PRADIER ( pseudonyme de FORICHON) 6-12 rue des Prêtres Saint-Séverin 75005 Paris.
    La bibliothécaire m 'avait expliqué que les écrivains pour la jeunesse étaient les parents pauvres de la littérature .Pendant la 2ème guerre mondaile, beaucoup de livres n'ont pas fait l'objet de dépôt légal et même ont été volés.
    Ma mère a écrit entre 1940 et 1948. Elle m'a raconté que certains de ses livres étaient en vitrine .A cette époque, elle avait aussi suivi les cours de théâtre d'HENRI ROLLAN et fait une tournée théâtrale avec Odette JOYEUX.
    J'aime beauooup les livres de ma mère, notamment les histoires de LOLA, AGENOR et AURORA.'.Ils mériteraient une réédition .Hélas, c'est compliqué car nous ne disposons pas de tous les contrats et ma mère ne s'est jamais occupé de la réédition de ses livers. Elle avait tourné la page '...
    A suivre tout de même

    Evelyne Trân

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