jeudi 7 juin 2012

Imaginales 2012 d'Epinal : des mondes imaginaires partagés avec la jeunesse (2e partie)


Imaginales 2012 d’Epinal : des mondes imaginaires appréciés aussi par la jeunesse (2e partie)




(Suite du panorama des auteurs ayant publié pour la jeunesse)

Jeunes ou adultes : même combat

Il y aurait encore les auteurs qui écrivent aujourd’hui à la fois pour la jeunesse et pour les adultes.
C’est une grande chance de pouvoir approcher cette année le grand écrivain allemand Kai Meyer, auteur d’une cinquantaine de romans historiques et de fantasy. Dans le rayon jeunesse, nous connaissions bien Histoire de Merle et La Formule de verre (Hachette). Il remporte cette année le « Prix Jeunesse » pour La Soie et l’Epée, un volume de la trilogie Peuple des nuées (L’Atalante).
Christophe Lambert se partage aussi maintenant les faveurs des deux lectorats. Après des récits édités par Bayard, il a publié La Reine de la vengeance (« Royaumes perdus », Mango, 2010). Plus récemment, on lui doit La Fille de mes rêves  (« Soon », 2011
Le Spinalien d’adoption Johan Heliot travaille énormément et publie beaucoup sans sacrifier la qualité, pour le plus grand bonheur de ses lecteurs de tout âge. Outre les récits de la collection « Autres mondes », Les Fils de l’air (« Ukronie »), Terre des tempêtes et Steppe rouge (après La Légion écarlate dans la collection « Royaumes perdus »), retenons au moins La Guerre des mondes n’aura pas lieu ! (Mango, 2010), Nada Solstice (2010), Flibustière (L’Atalante Jeunesse), Le Tempestaire et Les Flibustiers du vent (Baam).
Avant le thriller fantastique pour adultes Narcogénèse (2011), Anne Fakhouri avait obtenu le « Grand Prix Imaginales 2010 » pour le diptyque La Clairvoyance et La Brume du jour (Atalante Jeunesse).
Didier Daeninckx est davantage connu dans le monde du polar que dans celui des littératures de l’imaginaire. Peu importe les étiquettes. Ce qui compte, c’est qu’il s’agit d’un auteur viscéralement opposé à tout racisme comme le montre aussi bien, Cannibale, Le Chat de Tigali que Meurtres pour mémoires, un ouvrage devenu un « Classicocollège », chez Belin-Gallimard. Cet ouvrage a permis a beaucoup de s’interroger sur le meurtre des Algériens sans armes, jetés dans la Seine par les policiers de Papon, le 17 octobre 1961.    

Priorité à la jeunesse

Et puis, il y a ceux et celles qui se consacrent entièrement à la littérature jeunesse dans des genres très divers. Tous, jeunes et moins jeunes, renouvellent les genres de l’imaginaire.
Charlotte Bousquet avait  été nommée en 2010 pour La Marque de la bête (revisitant Peau d’Âne, coll. « Royaumes perdus », chez Mango) dans la sélection du Prix jeunesse. Cette année 2012, elle remporte le Prix des collégiens pour La Nuit Tatouée. La Peau des rêves.
Elle a aussi fait paraître plusieurs thrillers dans la collection « Courants noirs » (Gulf Stream) comme Noire lagune et Venenum mais aussi Précieuses pas ridicules (Gulf Stream, 2012). Son époux est l’illustrateur Fabien Fernandez qui a participé à la fresque collective du festival. On lui doit, entre autres illustratations, les images de Laponie Voyage polaire (2011), Croquemitaines (texte de Charlotte Bousquet) et Contes du monde...
Parmi les illustrateurs, il me plaît de citer le sympathique Joël Cimarron, né à Paris et qui a grandi en Martinique. Après la bande dessinée Le Couteau-Chien (Gallimard), il publie plusieurs albums à la Luciole masquée, comme La Belle et Ganesh ou Blanche Neige et les Korrigans...
Après cinq récits remarqués et publiés dans la collection de S-F  « Autres mondes », Nathalie Le Gendre diversifie encore ses thèmes (Brune et Jules, Oskar Jeunesse) et publie des récits comme Imago et Vivre (coll. Soon) ou Libre (Coll. Mini-Syros).   
Erik L’Homme, auteur au succès croisant et mérité, a d’abord  exploré les quatre faces de l’imaginaire : la fantasy avec Le Livre des étoiles, la science-fiction dans Le Maître des brisants, le thriller fantastique pour la trilogie Phaenomen, le conte (Contes d’un royaume perdu). Toujours chez Gallimard Jeunesse, il a raconté une aventure extrême personnelle avec Des pas dans la neige. Depuis, il a entrepris une série d’ouvrages à quatre mains publiés conjointement chez Rageot et Gallimard. Il s’agit de la série fantastique A comme Association, bientôt forte de huit volumes et qui permet la survie posthume du regretté Pierre Bottéro.  
Parmi les jeunes plumes, retenons Carina Rozenfeld. Prix Imaginales des collégiens en en 2009 pour La Quête des Livres-Mondes, après Les Clefs de Babel, Coll. « Soon » et A la poursuite des Humutes, Coll. « Mini-Syros ». elle a proposé Les Cracheurs de lumière (L’Atalante Jeunesse). 
Jeune plume déjà experte, Manon Fargetton s'était fait remarquer en 2006 par Aussi libres qu'un rêve ("Autres mondes"). Elle s'adresse plutôt aux jeunes adultes cette fois dans June. Le Souffle publié chez Mango. 
C'est avec grand plaisir qu'on retrouve le toujours souriant Alain Grousset, ardent défenseur des littératures de l’imaginaire, tant à travers ses romans que dans ses anthologies consacrées au fantastique ou à la science-fiction, comme Dix façons d’assassiner la planète. Il est en compagnie cette fois de Danielle Martinigol dont on n'est pas près d’oublier la belle Trilogie des Abîmes. Tous deux, après avoir écrit ensemble plusieurs séries dont celle de Kerri et Mégane,  ont écrit en commun Sens interdit (« Ukronie », Flammarion).
Xavier Mauméjean cumule les fonctions de romancier et de directeur de collection. Après avoir coécrit les 4 tomes de la série Le Bouclier du temps (Fleurus) avec Johan Heliot, il a publié La Guerre Spéciale (Mango) et La Reine de lumière (« Ukronie », 2009). Il a dirigé depuis quelques années la nouvelle collection « Royaumes perdus » où il accueille aussi bien les plumes confirmées, celles de Johan Heliot et Fabien Clavel que celles des jeunes auteurs comme Jonas Lenn et Jérôme Noirez. Pour la jeunesse, il écrit en 2011, L’Ami de toujours (« Tribal », Flammarion).

Les premières fois

C’est la première fois que Pierre Grimbert vient aux Imaginales. Il est l’auteur de nombreux récits lisibles par la jeunesse. On se souvient que, chez Degliame, il avait développé Les Aventuriers de l’irréel dans 4 tomes autour du thème des jeux vidéo. Chez Bayard jeunesse, il y eut La Haute Quête de Dragonia et des récits de fantasy indépendants, de grande qualité, tels La Malédiction du coquillage, La Reine des amazones, Le Baiser de la subure (2001), Le Guetteur de dragons et Le Trophée des sorciers (2002). 
Avec Audrey Françaix, il avait fondé en 2004 les éditions Octobre, spécialisées dans la littérature de fantasy. Aujourd’hui, Pierre Grimbert publie des livres davantage destinés aux adultes, comme les séries Les Enfants de Ji, Les Gardiens de Ji ou Le Prophétionnel. 
    
C’est aussi 1ère fois que Jean-Luc Marcastel vient aux Imaginales, l’occasion de découvrir un auteur brillant et convaincu. Parmi son œuvre déjà importante, retenons le cycle Louis Galoup dont le 1er tome s »intitule Le Village au bout du monde et La Geste d’Alban, un livre nommé pour le « Prix Jeunesse » 2012. Autre ouvrage remarqué et nommé pour le Prix des collégiens : Le Dernier hiver ("Black Moon"), "Un cri d'amour qui repousse les ténèbres". Il ne faut pas être grand clerc pour deviner, chez Jean-Luc Marcastel, un écrivain plein d'avenir. 
Lilian Bathelot fait aussi partie des nouveaux venus à Epinal. On se souvient de C’est l’Inuit qui gardera le Souvenir du Blanc, roman de SF  paru aux défuntes éditions Le Navire en pleine ville, en 2006. Dans la collection « Courants noirs » (Gulf Stream), il publie L’Etoile noire (2010) et Kabylie Twist (2012), un roman fort et sans concession sur la guerre d’Algérie.

Je rappelle qu’il s’agit d’une vision bien subjective des Imaginales. J’espère néanmoins qu’elle ne paraîtra pas trop partiale.
Il faut, bien entendu, rendre hommage à Stéphanie Nicot, Directrice artistique du Festival et à Bernard Visse, Directeur du Festival, principaux artisans de cette magnifique manifestation.

J’assume en tout cas mes choix et les Imaginales sont tellement riches que l’on verra paraître sur la toile toutes sortes de comptes-rendus très différents, évoquant aussi illustrateurs, jeux de rôle, musique, fanzines et revues, cinéma, etc.
Si une information est involontairement inexacte, merci de me le signaler. Il est facile de corriger rapidement un blog.

P.S. : J’achève ce petit travail au moment où me parvient l’annonce de la mort de Ray Bradbury qui fut pour beaucoup l’initiateur à la science-fiction grâce aux Chroniques Martiennes et à Fahrenheit 451.

Imaginales 2012 d'Epinal : des mondes imaginaires également pour la jeunesse


Imaginales 2012 d’Epinal : des mondes imaginaires appréciés aussi par la jeunesse (1ère partie)




Les Imaginales, le 11e festival des mondes imaginaires d’Epinal s’est déroulé du 31 mai au 3 juin 2012 à Epinal.
Cette manifestation qui permet de consulter et d’acquérir des milliers d’ouvrages actuels dans la « Bulle du livre » a l’immense mérite d’associer les auteurs pour toutes les tranches d’âge et les écrivains qui s’adonnent à tous les genres de l’imaginaire.
Sont aussi bien  sont représentés récits fantastiques et de science-fiction, sagas de fantasy, thrillers parfois fantastiques, contes et légendes et romans historiques.
Une fois de plus, je vais regarder les Imaginales par le petit bout de la lorgnette, puisque comme le disait la chanson : « on y voit bien mieux que par le gros bout ». C’est particulièrement vrai quand on veut rendre compte de la présence très importante d’une littérature jeunesse de grande qualité.
La littérature jeunesse s’est particulièrement enrichie du fait de l’extension exponentielle du domaine de la fantasy mais bien d’autres facettes sont présentes.

Des débats et des conférences multiples sous les « Magic Mirrors » ou à l’Espace Cours

Un débat intitulé Ecrire de l’imaginaire pour les jeunes : raconter ou faire la morale ? est consacré le 1er juin à cet immense domaine avec la participation de Marie Caillet (L’Héritage des Darcer), Nathalie Le Gendre, Kai Meyer, Emmanuelle Nuncq (Bordemarge) et Magali Segura (Le Prix d’Alaya).
Deux autres débats que j’ai pu suivre concernent indirectement la jeunesse. D’abord la présentation par Brigitte Lion, en présence du modérateur Jérôme Vincent, spécialiste de toutes les formes de science-fiction sur actusf, du Mythe de Gilgamesh, un exposé relativement savant sur ce récit fondateur extirpé du pays de Sumer, en Mésopotamie et d’abord rédigé dans les signes cunéiformes de la langue akkadienne. En fait, L’Epopée de Gilgamesh, loin des versions savantes de Jean Bottéro ou de Raymond Jacques Tournai et Aaron Shaffer, est rendue accessible aujourd'hui aux élèves de 6e grâce aux nombreuses vulgarisations parues dans les diverses collections de poche jeunesse (nous y reviendrons un jour).   
Autre débat très intéressant, relatif à la guerre d’Algérie, intitulé 50 ans après la guerre d’Algérie… Comment solder les comptes, sous les auspices de Stéphanie Nicot, avec Didier Daeninckx, Roland C. Wagner (Rêves de Gloire) et Lilian Bathelot. 

Parmi les prix 2012, signalons Le Prix des collégiens attribué à Charlotte Bousquet pour La Nuit Tatouée. La Peau des rêves, Le Prix Jeunesse a permis de récompenser l’auteur allemand Kai Meyer pour La Soie et l’épée. Le Peuple des nuées.
C’est  Stéphane Beauberger qui remporte le Prix des lycéens avec Le Déchronologue (réédité dans « Folio SF »).
   
Si l’on scrute le « trombinoscope » 2012 figurant dans le numéro spécial de Vosges Matin consacré au festival, on identifie plus d’une trentaine d’auteurs qui se dévouent partiellement ou totalement à la cause de la littérature publiée chez les éditeurs « jeunesse ».
Je dois d’abord m’excuser auprès de ceux et celles que je n’ai pu rencontrer, et photographier en dépit de mon envie (par exemple, Marie Caillet (L’Héritage des Darcer, Michel Lafon), Emmanuelle Nuncq (Bordemarge, Castelmore), Magali Ségura (Le Prix d’Alaya, Bragelonne), Guillaume Lebeau (Banquises de feu, Rageot) et Xavier Mauméjean).
En revanche, j’ai pu approcher plus d’une vingtaine d’écrivains qui, généreusement, se sont prêtés à l’exercice et je les en remercie. C’est d’ailleurs tout à fait exceptionnel de pouvoir associer tant de talents divers et d’auteurs disponibles, conviviaux et patients.

Quelques distinctions…  par forcément indispensables 

Pour les auteurs présents qui se consacrent aux mondes imaginaires, outre la distinction des genres : conte, fantasy, fantastique et science-fiction…, il est peut-être utile d’entrevoir plusieurs catégories.

Il y a d’abord les écrivains qui ont publié autrefois de tels livres, par exemple en science-fiction et qui se consacrent aujourd’hui à la littérature adulte. On peut citer Fabien Clavel, « Prix Imaginales » avec Les Gorgonautes, («  Royaumes perdus », 2009) et auteur chez Mango où il a proposé La Dernière Odyssée (« Royaumes perdus ») et L’Océan des étoiles (« Autres mondes », 2008). Aujourd’hui ces trilogies : L’Apprentie de Merlin (Mango, 2010-2011) et Le Miroir aux vampires (« Baam », Flammarion, 2011-2012) semblent viser davantage un public adulte.
Nommons aussi le grand auteur Pierre Bordage qui, après la novélisation de Keana, La Prophétie, s’était généreusement ouvert à la jeunesse avec Ceux qui rêvent et Ceux qui sauront, (coll. « Ukronie », chez Flammarion). Il faut bien admettre que la plupart de ses autres ouvrages de qualité exigent la compréhension d’un lectorat adulte.
Si elle a écrit des essais savants, par exemple sur Claude Seignolle, Marie-Charlotte Delmas n’a pas hésité à participer à la collection « Chauve-souris », chez Syros (par exemple pour trois livres dont La Vengeance du meneur de rats). Aujourd’hui, ses ouvrages s’adressent à des esprits plus mûrs. Retenons Le Légendaire des dragons, publié chez Fetjaine.
 Audrey Françaix, après avoir publié plusieurs romans dans la collection « Le Cadran bleu », chez Degliame, comme Les Frontières de Féerie, Les Fées de marbre, Le Tribunal des Follets, Halloween, le club des monstres s’adresse avec évidence aux adultes avec Le Cycle de la Chair, Le Festin d’Ohmelle et Le Club des apprentis criminels.

Il y a ensuite les écrivains qui publient depuis très longtemps des livres fantastiques ou de science-fiction et poursuivent aujourd’hui une longue carrière littéraire.
C’est pour moi l’heureuse occasion d’évoquer un écrivain qui vient pour la première fois aux Imaginales alors que sa carrière littéraire est déjà fort longue, je veux parler de Christian Léourier. Je me souviens de sa série de science-fiction : Jarvis, amorcée avec  Le Messager de la grande île, publiée dans la "Bibliothèque rouge" et poursuivie dans la collection "Voies libres", Il y eut aussi L'Arbre-Miroir, dans la collection "L'Age des étoiles", chez Robert Laffont. J’aime me souvenir des deux albums fantastiques : Le Gwemen sacré et L'Appel des ondins, dans la collection « Eclipse » (toujours chez Hachette), avant Les Ailes de l’été et E.V.A. ou l’été de la Lune. Je l’ai suivi dans la collection « Les Fantastiques » (Magnard) pour L’Ombre de la tour blanche. C’était avant qu’il devienne responsable de la belle collection "Les Romans de la mémoire", chez Nathan et publie Contes et Légendes de la mythologie celtique et Contes et légendes de la Résistance, avant de s’illustrer dans la collection « Autres mondes » (Mission Brume), chez Mango ou chez Actes Sud Junior...
Dans sa trilogie Lumières d’Amérique, commencée Sous le vent de la liberté («Millézime », Bayard, 2005), Christian Léourier additionne les atouts du roman d’aventure et ceux du récit historique. Toujours chez Bayard-Jeunesse, il a récemment publié Le Puits des Âmes.
Il y a déjà au moins quatre décennies que j’apprécie les écrits de Jean-Pierre Andrevon, autrefois critique de l’imaginaire, par exemple dans les revues Fiction et Circus, puis, encore actuellement, dans L’Ecran fantastique. Surtout présent dans la littérature des adultes, il s’est néanmoins illustré plusieurs fois dans les livres pour la jeunesse. Citons pêle-mêle Le Train des galaxies (Bordas), La Fée et le géomètre (Casterman), La Nuit des bêtes, les anthologies Le Grand combat nucléaire de Tarzan, Bandes interdites et Le Chevalier, l’autobus et la licorne (Magnard), La Dernière pluie (Nathan), Le Parking mystérieux et Kofi et les buveurs de vie (Magnard), Le Visiteur de l’Anti-Monde) (Degliame), surtout le cycle Gandahar, avec Gandahar et l’oiseau-monde et Les Portes de Gandahar, (« Vertige SF », Hachette), cycle poursuivi avec Les Rebelles de Gandahar et L’Exilé de Gandahar (« Autres mondes », Mango), Le Passager de la  maison du temps (Bayard Jeunesse), Contes et récits des héros de la Rome antique (Nathan). Toujours chez Nathan, je n’aurais garde d’oublier Vercors juillet-août 1944 – La Forteresse sacrifiée.  Aujourd’hui, Andrevon est toujours là avec Nouvelle aurore (« Autres mondes »), et Les Guerriers de la nuit (« Tribal »). 

samedi 2 juin 2012

ERIK : Martin Gale et Tribacil (XIII)


ERIK : Martin Gale et Tribacil (XIII)

André-René Jolly, alias le scénariste-dessinateur et coloriste Erik (07/07/1912-13/08/1974), n’a pas cessé ses activités pendant la Deuxième Guerre Mondiale.


Érik a travaillé pour Gavroche puis avec Grandes Aventures pour Martin Gale, Détective amateur (qui sera réédité dans les premiers numéros de Simbad le marin, aux Editions Mondiales en 1962). (On remarque que Martin Gale est en compagnie d’un certain Bouffarde, devenu plus tard le compagnon du détective Pat’Rac).





Notons encore que Martin Gale, dont la représentation graphique a beaucoup évolué, reparaît dans Ima, L’Ami des jeunes. D’abord dans le récit intitulé Furag 3.  En juin 1957 débute le deuxième épisode des aventures du détective amateur : Martin Gale contre « Le Caméléon ». Cette bande cède la place en novembre 1957 à Mission secrète en Pélurie.

Après une demi-retraite dans la publicité avec Paul de Roubaix et la participation comme directeur artistique du magazine Je Vois Tout, Erik revient à la bande dessinée en 1946 avec de nouvelles séries comme Tribacil contre Herr Doktor Klorax (1946) et Tribacil contre les Astériens (1947) dans Coq Hardi, le journal créé et dirigé par Marijac, alias Jacques Dumas.


Tribacil et Bisulfite vont revenir en 1963 dans Le Journal de Nano et Nanette, en noir et blanc et dans une mise en page différente.

vendredi 1 juin 2012

ERIK : Quelques documents rares, Sandal le vieux mousse, Fringale et Badinet (XII)


ERIK : Quelques documents rares et exceptionnels (XII)

André-René Jolly, alias le scénariste-dessinateur et coloriste Erik (07/07/1912-13/08/1974)
s’est consacré à la bande dessinée pendant plus de 40 ans. Pourtant, il fait encore partie aujourd’hui des grands méconnus.
De lui, voici des documents exceptionnels :

1) Des pages extraites de Sandal le Vieux Mousse (Gavroche présente…) Société des Editions Théophrate Renaudot (s.d., probablement vers 1942)

Le vieux mousse Sandal raconte qu’une vieille bouteille apportée par les flots lui a fait vivre une aventure extraordinaire. La lecture du parchemin qu’elle contenait lui a fait croire à l’existence d’un trésor enterré dans l’île des Cloportes.

Sandal prend aussitôt la mer et affronte tempête et dangers avant d’atteindre l’île d’ailleurs entourée de récifs. Il rencontre le pirate Léonidas Cabestan, auteur du parchemin destiné à attirer les naïfs aussitôt rançonnés. Après une lutte acharnée et inégale, Sandal est ligoté et suspendu la tête en bas à un cocotier amis un bateau s’approche de la côte. 


Il s’agit encore de trois « clients » en quête du trésor. Pendant que les pirates les font prisonniers et les enferme dans un cachot, Sandal se libère. Le mousse les libère et la seule femme du groupe s’empare d’un canon qui va servir à l’évasion des visiteurs. Tous s’installent sur un tronc de palmier placé dans la bouche du canon. 



Sandal fait exploser la charge et récupère son bateau… dont l’ancre traîne un vieux coffre bourré de pièces d’or !
Les excès loufoques du récit s’accordent avec les dessins facétieux dont le seul but est de faire rire.       

2) La couverture de Fringale et Badinet à l’aventure Textes et dessins d’Erik. Editions Artima (s.d., vers 1946)


ERIK et la parodie de la Préhistoire : Mégalithe (XI)


ERIK et la parodie de la Préhistoire : Mégalithe dans « Record » (XI)

André René Jolly (alias ERIK, 1912-1974) a toujours manifesté un intérêt pour deux périodes historiques : la Préhistoire et le Moyen Âge.

Erik a trouvé le moyen d’associer le récit d’espionnage et la « rétrofiction » préhistorique en créant Mégalithe, Petit bonhomme aux cheveux noirs fournis qui n’hésite pas à chevaucher un animal préhistorique au cou aussi long que sa queue.
Agent secret officiel du roi Grôfofol du royaume de Kranurie, il est le héros d’une épopée préhistorique totalement loufoque et déjantée qui donne lui aux anachronismes les plus délirants. Cette série paraît sous forme de récits complets dans le mensuel « Record »,de 1966 à 1973.



Animaux gigantesques (déjà parfois entrevus dans Cambuse sur l’île inconnue ou dans les aventures du Professeur Cataral, ou dans les planches préhistoriques parues dans Cœurs vaillants ou dans des magazines espagnols), conspirateurs redoutables et tribus hostiles donnent aux récits l’occasion de multiplier les gags. 
Plus que jamais, l’humour d’Erik, dans sa dernière série, fait à la fois penser à Jacovitti et à Cézard et il avait de quoi inspirer l’humour de Nikita Mandrika.
Une fois de plus, son héros apparaît dans des planches remplies de machines désopilantes mais ingénieuses et dont les mécanismes semblent avoir été particulièrement étudiés.

Rappelons qu’un seul album posthume et tardif est paru, en 1997, Mégalithe (Hop ! présente) dans la collection, « Archives BD » Editions Hop ! (AEMEGBD).