mercredi 24 mars 2010

30 albums édités en l'An 2000



Albums de l’an 2000

Sélection d’albums parus en l’An 2000 (30 titres dont 23 sont présentés par leurs couvertures)


Philippe BARBEAU, Fabienne CINQUIN : Le Type L’Atelier du poisson soluble
Eric BATTUT : Bataille (album) Autrement Jeunesse
Fred BERNARD, François ROCA : Ushi (album) Albin Michel (S. COLL. 6e)
Anthony BROWNE : Les Tableaux de Marcel Kaléidoscope (S. COLL. 5e)
Christian BRUEL : Le Loup tout nu Editions Etre (« Alter ego ») 32 p. 18*16 cm.
Muriel CARMINATI, Ill. Marc DANIAU : Mawati, l’enfant du désert Seuil (album n.p. ,. 34 cm)
Kitty CROWTHER : Moi et rien (album) Pastel L .C. III 2002 alb.
Katy COUPRIE, Antonin LOUCHARD : Tout un monde Thierry Magnier
EDY-LEGRAND : Macao & Cosmage ou l'expérience du bonheur, éd. N.R.F. (Gallimard (rééd 2000, Circonflexe). L. 2002
Wolf ERLBRUCH : Allons voir la nuit Genève : La Joie de lire
Yann FASTIER : Savoir vivre (album) Atelier du poisson soluble 2000, Editions Mijade 2001 L .C. III 2004 alb.
Nikolaus HEIDELBACH : Que font les petits garçons ? (alb. n.P., 22 cm.) Seuil jeunesse L . III 2002
Anne HERBAUTS : L’Heure vide Casterman 32 cm. 75 F.
Olga LECAYE, Grégoire SOLOTAREFF : Neige 40 p., Ecole des Loisirs 12,50 E.
Charlotte Légaut : Ré-création (Le Rouergue)
Thierry LENAIN et Annne BROUILLARD : Demain, les fleurs « Albums Nathan « 29 cm. Nathan
Brigitte MINE, Ill Carl CNEUT : La Fée sorcière Pastel (trad. du néerlandais)
François MOREL, Ill.Stéphane GIREL : L’Homme de paille « Album Gallimard » Gallimard J
Michael MORPURGO, Ill. Christian BIRMINGHAM : Mon cygne argenté Kaléidoscope 30 cm 85 F
Bruno MUNARI : Dans le brouillard de Milan Seuil Jeunesse (1e trad. Corraini, 1996)
Renaud PERRIN : A corps rompus Les Oiseaux de passage
François PLACE : Atlas des géographies d'Orbae 3 : De la Rivière Rouge au pays des Zizotls. Casterman/Gallimard
Yvan POMMAUX : L’Ile du Monstril (album n. p. , 31 cm) Ecole des Loisirs L .C. III 2002 alb.
Claude PONTI : Le Doudou méchant Ecole des Loisirs /Pastel
Gilles RAPAPORT : Grand-père Ed. Circonflexe
Maurice SENDAK : Cuisine de nuit (é. o. 1970, trad. fr. 1972). Ecole des loisirs (S. COLL. 5e)
Marie SELLIER et Marion LESAGE: L’Afrique, petit Chaka (32 cm.) Réunion des Musées nationaux
Peter SIS : Madlenka De la Martinière Jeunesse 129 F (ou Grasset Jeunesse)
Tomi UNGERER : Otto Autobiographie d’un ours en peluche
AnaÏs VAUGELADE : Une soupe au caillou Ecole des Loisirs

Pour certains, il manquera évidemment des auteurs ayant publié des albums en 2000, comme Nathalie Novi, Anne Brouillard, Mireille d'Allancé, Gaëtan Dorémus, Nathaële Vogel, Grégoire Solotareff, Alan Mets, Georges Lemoine. Stéphane Girel, Mario Ramos... A vous de prolonger la sélection.

Fictions éditées pour la jeunesse en l'An 2000 (2)





Le plus souvent possible, les noms des illustrateurs de couverture ont été indiqués.


Fictions destinées à la jeunesse publiées en l’An 2000

Auteurs de H à W


Yaël HASSAN, Ill. Serge BLOCH : Le Professeur de musique (Dix & plus, Comme la vie ; 160), 144 p. (sept) S. 11/15- S. 7/12 FNAC
Marie-Christine HELGERSON : Louison et Monsieur Molière Castor Poche Flammarion S. 7/12 FNAC
Gérard HERZHAFT : A Chicago, un harmonica sanglote le blues (Seuil Jeunesse) S. Coll. 900
Anthony HOROWITZ, Ill. Phil SCHRAMM : Alex Rider 1 : Stormbreaker « Livre de poche jeunesse » Hachette
Jean-Pierre HUBERT, Ill. MANCHU : Les Cendres de Ligna (Autres mondes) 183 p. Mango jeunesse
Monica HUGUES : L’Ile des rêves interdits « Les Littéraires » Bayard Jeunesse (Colin et l’Etrangère Jennifer, la conteuse, dictature)
Yves HUGHES : Cœur de piaf « Page noire », Gallimard
Brian JACQUES, Ill. Philippe MUNCH : Joseph T.1 : La Menace d'Ourgan le garou. ("Rougemuraille", Mango poche)
Paula JACQUES : Samia la rebelle (Romans de Je bouquine) Bayard (image de la femme en Egypte) S.J.B. 2005- S. Coll 900
Rose-Claire LABALESTRA, et Catherine PORTE, Ill. Chr. HEINRICH: Le Roi vagabond (Cascade) Rageot 120 p.
Olivier LECRIVAIN : Le Roi de Terre d'Ombre (Tribal) 256 p (Jeu de rôle interactif médiéval, secte, violence)
Christian LEHMANN: Tant pis pour le Sud (Médium) Ecole des Loisirs S. Coll. 900
Virginie LOU : Un papillon dans la peau é. o. 2000 : « Page blanche » 2000, Réédition « Scripto » 2002 Gallimard
Jean-Yves LOUDE : La Réserve des Visages Nus « Page blanche », Gallimard
Marcus MALTE (né en 1967) : Cent jours avec Antoine et Toine « Fictions » Seuil 2000 S. 11/15
Danielle MARTINIGOL, Alain GROUSSET, Ill. Philippe MUNCH : La Guerre des dauphins. Les Enfants-Etoiles « Le Cadran bleu ; S-F » Ed. Degliame
Olivier MAU : Armand sur canapé ;(Mini Souris noire) Syros jeunesse
Claire MAZARD, Ill. Marie DIAZ : L.O.L.A. (Castor Poche) 70 p. (+ 26) 2000
Hervé MESTRON, Ill. Virginie FRECHURET & François MARTIN : Pizzicato trafic (Les P'tits policiers) Magnard J. 2000
MOKA (Elvire MURAIL): L’Ecolier assassin (Médium) Ecole des loisirs 2000
Gérard MONCOMBLE, Ill. MAZAN : Bouzouk 1 : Les Mange-mémoire (Dix & +) Casterman (Fant.)
Michael MORPURGO, Ill. François PLACE : Le Royaume de Kensuké « Hors série Littérature » Gal. S. 7/12 FNAC- S.J.B. 2005
Jean-Claude MOURLEVAT, Ill. Marc TARASKOFF : La Rivière à l’envers. (Pocket Junior) 2000 S. 11/15- S. Coll. 900
Pam MUNOZ RYAN : Les Eperons de la liberté (« Les Coul. de l’Hist. », Actes Sud) (Charlotte orph., chevaux) S. 7/12 FNAC- S. Coll.
Marie-Aude MURAIL, Photo de Lise SARFATI : Oh, boy ! « Médium » L’Ecole des Loisirs 210 p. 64 F (H) 2000 S.J.B. 2005 - S. 11/15- S. Coll. 900
William W. NICHOLSON, Ill. Nicolas THERS : Le Vent de feu 1 : Le Secret d’Aramanth Gallimard/Hors série 2000 S. Coll. 900
Béatrice NICODEME, Ill. Ph. JOZELON : Wiggins et Sherlock contre Napoléon (Vertige policier) Hachette J. 156 p
Chantal PELLETIER, Claude PUJADE-RENAUD, Daniel ZIMMERMANN, Ill. Bruno DAVID : Atomes crochus. Les Mousquetaires du XXIe siècle II.
Annie PIETRI, Ill. Nathalie NOVI : Les Orangers de Versailles Bayard Jeunesse (au temps de Louis XIV) 2000 S. 7/12 FNAC- S. Coll. 900
Yves PINGUILLY, Ill. Olivier BALEZ : Police Python (Lune noire) 176 p. 2000 (serpent, délit de vol)
Jacques PREVERT : Etranges étrangers et autres poèmes « Folio junior », Gallimard jeunesse
Philip PULLMAN, Ill. Eric ROHMANN : Les Royaumes du Nord 1. A la découverte des mondes « Folio junior », Gallimard jeunesse
Florence REYNAUD, Ill. Hanno BAUMFELDER : Le Premier dessin du monde (L.P.J.), 192 p. (Paléolithique rupestre)
Gianni RODARI, Ill. Lorenzo MATTOTI : Les Affaires de Monsieur le chat « La Joie de lire, Récits » rééd . 2000
Joanne K. ROWLING, Ill. Jean-Claude GÖTTING : Harry Potter et la Coupe de feu (Gallimard J. ) 652 p. 24 cm. 2000
Louis SACHAR : Le Passage (Médium) Ecole des Loisirs S.J.B. 2005 - S. 11/15-
Eric SANVOISIN, Ill. Jean-MIchel NICOLLET : Pour l’amour des loups « Vertige Fantastique » Hachette Jeunesse 247 p. 2000
Bjarne REUTER, Ill. Pierre MORNET : Oscar, à la vie, à la mort « L. P.J. » Hach J 2000-01 Liste III (Max et le lion Oscar)
Marie-Claude ROULET, Ill. Catel MULLER : Je vous ai fait peur ? (Pleine lune) 160 p
François SAUTEREAU : Le Cahier jaune (« Les Couleurs de l’Histoire », Actes Sud) nouvelle éd.
Paul SHIPTON : Tirez pas sur le scarabée « Vertige policier » Hachette Jeun. 2000 S. 11/15 L. Cycle III
Alain SURGET, Ill. Olivier BESSON : Ménès premier pharaon d’Egypte 3 Le Maître des deux terres (C. P. sen.) (tril.) 2000 S. 11/15
J.R.R. TOLKIEN, Ill. Philippe MUNCH : Le Seigneur des Anneaux. La Communauté de l’Anneau « Folio Junior », Gallimard
Alain VENISSE, Ill. Jean-Philippe CHABOT : Sortilèges au Musée de cire (Vertige cauchemar) 164 p
Alain VENISSE, Ill. NICOLLET : Les Brasiers de l’enfer (« La Brigade des spectres ») (Castor poche)
Nicole VIDAL, Ill. Marcelino TRUONG : Nam de la guerre (« Les Couleurs de l’Histoire », Actes Sud) (Nouvelle édition)
E.B. WHITE : Stuart Little ("Neuf") (e.o. 1945), Ill. Garth WILLIAMS : 1973, Trad. Ec. lois. : 1980 rééd. 2000
Jacqueline WILSON : A la semaine prochaine ! « Folio junior » Gall. J. 128 p. (divorce, séparation, famille, naissance)

Quelques précisions et commentaires.

Toute sélection porte sa charge de subjectivité même si certains titres paraissent plus légitimes parce qu’ils ont été choisis dans des listes officielles ou dans des recueils spécialisés.
C’est le moment d’expliquer certaines abréviations :

S. 7/12, S. 11/15 : Sélection Guide FNAC
S. Coll. 900 : sélection Littérature jeunesse 900 titres pour les collèges CRDP Grenoble
S. J.B. 2005 : Sélection Guide des meilleurs livres pour les 10-15 ans Hors-série Je bouquine avec Okapi 2005
S. Flam. : Sélection Catalogue Flammarion (Castor poche et Tribal)

Il est réconfortant de noter l’importance des auteurs consacrant leurs œuvres aux mondes imaginaires. Certains se cachent parfois sous des pseudonymes comme Alain Grousset et Danielle Martinigol (Kim Aldany, Dan Alpac avec Paco Porter). Non seulement ils sont encore présents sous leurs vrais noms, chez Degliame ou dans « Pleine lune » mais ils continuent en 2010 de développer leur univers personnel, tout comme Christian Grenier, Jean-Luc Bizien, Laurent Genefort (davantage tourné aujourd'hui vers les adultes). Sans distinguer ce qui appartient en propre à la science-fiction, au fantastique ou à la fantasy (le dieu de l’imaginaire reconnaîtra les siens), relevons les présences d’Ange, de Serge Brussolo, de Denis guiot et de Jean-Pierre Hubert, du couple signant Michel Grimaud, de l’incontournable Gudule, de Gérard Moncomble et de Jean-Claude Mourlevat, d’Eric Sanvoisin et d’Alain Vénisse.
On réédite en Folio junior le tome III d’Harry Potter, Le tome I du Seigneur des anneaux de Tolkien, les tomes I et II d’A la découverte des mondes de Philip Pullman et le tome I de la trilogie Le Vent de feu de W.W. Nicholson…
Le roman historique (représenté surtout par des auteurs féminins) bénéficie des œuvres d’Evelyne Brisou-Pellen, de Brigitte Coppin, d’Anne-Marie Desplat-Duc, de Marie-Christine Helgerson, de Pam Munoz Ryan, d’Annie Pietri, de Florence Reynaud, de François Sautereau d’Alain Surget et de Nicole Vidal.
Pour le roman policier, relevons les participations de Stéphanie Benson, Christyne Brouillet, Jean-François Cahbas, Sarah Cohen-Scali, Guillaume Darnaud, Jean-Luc Estèbe, Anthony Horowitz, Yves Hughes, Olivier Lécrivain, Olivier Mau, Hervé Mestron, Beatrice Nicodème et Paul Shipton…
Pour les « inclassables » mais incontournables récits très forts, voyez Jeanne Benameur, Marc Cantin, Valérie Dayre, Marie Desplechin, Pascal Garnier, Guillaume Guéraud, Calude Gutman, Marcus Malte, Marie-Aude Murail ou Louis Sachar...

A vous d’ajouter les 4 titres nécessaires pour arriver à 100…

Fictions éditées pour la jeunesse en l'An 2000 (1)





Fictions destinées à la jeunesse publiées en l’An 2000 (1)

En matière d’édition pour la jeunesse, l’année 2000 est exceptionnelle.
61,2 millions : c’est le nombre de livres pour enfants vendus en 2000, soit une progression de 7,8 % par rapport à l’année 1999. C’est alors le secteur qui affiche la plus forte croissance. Les livres pour la jeunesse édités en 2000, sont au nombre de 78 625 000 exemplaires, sans compter la B.D., mais en y intégrant plus de 22 millions d’albums et de livres d’images. L’édition jeunesse 2000 représente alors 9 % de l’ensemble de l’édition. On évoque déjà 8000 titres d’ouvrages de jeunesse, publiés dans l’année dont 3 376 nouveautés.


Les lecteurs et lectrices peuvent déjà trouver leur bonheur dans les collections de poche qui ont déjà plus de 20 ans comme « Folio junior », « Le Livre de oche jeunesse » et « Castor poche ». N’oublions pas les plus récentes : « Pocket junior », « Milan poche », « Romans dix et plus » (Casterman)…
Les grands adolescents préfèrent « Tribal » (Flammarion), « Récits » (La Joie de lire), « Autres mondes », (Mango), « DoAdo » (Le Rouergue), « Médium » (Ecole des Loisirs), « Les Uns les autres » (Syros jeunesse)…
Il y a aussi les collections disparues comme « Vertige » (Hachette), « Pleine lune » (Nathan), « Cascade » (Rageot), « Lune noire » (Rageot), « Spécial noir » (Epigones), « Le Furet enquête » (Albin Michel) et pour les plus grands « Page blanche » et « Page noire » (Gallimard), « Fictions » (Seuil), « Les Couleurs de l’Histoire » (Actes Sud junior)…

En 2000, naissent plusieurs collections comme "Milan poche benjamin", chez Bayard-Jeunesse : "La Collection des imaginaires" (pour les 12 ans et plus).
Chez Syros, la collection "Chauve-souris", dirigée par M.-C. Delmas, s'ouvre au fantastique.
Récits d’aventure, romans-miroirs, romans policiers, science-fiction, fantastique, fantasy (l’explosion se produit surtout à partir de 2001), romans à dominante historique, ouverture sur le monde contemporain... : tous les genres sont présents.

D'autres nouvelles collections apparaissent

Les éditions Fleurus créent, pour les plus de 10 ans, "Z’azimut" : chaque volume regroupant 6 histoires.
Les "Bibliothèque Verte", et "Bibliothèque Rose" adopte de une nouvelle maquette.
Chez Hachette, la collection "(Court toujours)" à 10 F, au format carré, sera éphémère.
Chez Gallimard Jeunesse, la collection "Hors série" est vouée à la fiction, tandis que dans "Folio Junior" apparaissent les séries "Théâtre" et "Safari nature".
En avril 2000, Bayard jeunesse lance "La Collection des Imaginaires" alors que sous le label Bayard jeunesse, "Les Romans de Je bouquine" remplacent la collection "Envol". On assiste aux débuts de la série historique "Athena" (dans "Les Aventuriers de l’Histoire").
Dans "Pocket junior" apparaît la sous-série "Rigolo" et Magnard lance la collection plutôt scolaire "Classiques & Contemporains" chez Magnard.
Chez Grasset Jeunesse, Marielle Gens dirige "Lampe de poche ado".
Denis Guiot dirige la superbe collection "Autres mondes" vouée à la sceince-fiction, chez Mango. (409)
Aux Editions Degliame, naissance de la collection "Le Cadran bleu", dirigée par Florence Degliame. Trois genres sont distingués : la fantasy, la SF et le fantastique. : Le label "Romans" apparaît au Seuil Jeunesse.
On note la naissance des éditions « Les Oiseaux de passage » publiant des albums et chez Albin Michel Jeunesse, naît la collection bien illustrée "Sagesses et malices",
Les éditions normandes Petit à petit publient des albums et des B.D.
Le 29 novembre 2000, chez Gallimard Jeunesse, on assiste à la parution très médiatique de Harry Potter et la coupe de feu (Tome 4).


Voici une sélection de 96 récits (1ère partie : auteurs de A à G)

Kim ALDANY, Ill. Philippe MUNCH : Kerri et Mégane 6 : Kerri et Mégane et l’oiseau-trésor. (Pleine lune) (D. MARTINIGOL, A. GROUSSET)
Dan ALPAC, Ill. I. DETHAN : Lumina 1 : Le Royaume maudit (série "Lumina") (Castor poche) (D. MARTINIGOL, A. GROUSSET, P. PORTER)
David ALMOND, Ill. Gaétan de SEGUIN DES HONS : Skellig (Castor poche Senior) tr. de l'anglais. 266 p. + sup. 2000 S. 11/15
ANGE, Ill. MANCHU : L’OEil des dieux (« Autres mondes », Mango Jeunesse.) 159 p. 2000 (robinsonnade et S-F, Loups, Ours et les Crazes)
K.A. APPLEGATE, Ill. G. SPALENKA : A la recherche de Senna “Folio junior ; série Everworld” 196 p
Chloé ASCENCIO : Bien trop petite (Do a do) Le Rouergue (enfant du divorce, rejet de la belle-mère, lâcheté du père) S. Coll. 900
Jeanne BENAMEUR : Si même les arbres meurent « Roman » Thierry Magnier 2000 .S. J. B.
Stéphanie BENSON, Ill. Frédéric PILLOT : Zelna contre les vampires (Milan poche junior)
Marie-Claude BEROT, Ill. Marie-Noëlle PICHARD : Ninon-Silence (Castor poche) 99 p. 2000 Prix Chronos 2001 6e-5e
Marie et Roselyne BERTIN : Journal sans faim (Cascade) 2000 S. Coll 900
Jean-Luc BIZIEN : Les Empereurs Mages 1 : Le Souffle du dragon (Heroic fantasy) Bayard Jeunesse 2000
Evelyne BRISOU-PELLEN, Ill. N. WINTZ : Série Garin Trousseboeuf : Les Sorciers de la ville close (Folio Junior) Gallimard
Chrystine BROUILLET, Ill. Philippe BROCHARD : Le Complot « Spécial noir », Epigones
Chrystine BROUILLET, Ill. Pascal BALTZER : La Disparition de Baffuto « Spécial noir », Epigones
Serge BRUSSOLO, Ill. Philippe JOZELON : Le Maître des nuages ; Prisonniers de l’arc-en-ciel. (Sentinelles du crépuscule) S-F (Bayard Jeunesse)
Melvin BURGESS : Billy Elliot « Folio Junior » Gall. Jeun. 2001 S. 11/15 (novélisation du film)
Melvin BURGESS : Le Voleur de rapaces (Pocket Junior) (e. o. 1997) 2000 209 p. S. 11/15 (Angleterre, oiseau, chasse)
Marc CANTIN: Moi, Félix, 10 ans, sans-papier (Milan Junior)
Federica de CESCO, Ill. J-Denis PENDANX : Khan, cheval des steppes. (Castor Poche) trad. alld, Suisse DAS MONDPFERD
Jean-François CHABAS, Ill. Benjamin BACHELIER : Ba (Romans Dix & plus) 144 p. L. III, S. 11/15
François CHIGNAC : Eau de vie, eau de feu (La Joie de lire, « Récits») (famille détruite par l’alcoolisme du père) 2000
Bernard CLAVEL, Ill. Jame's PRUNIER : La Louve du Noirmont (Pocket Junior) 92 p.
Irène COHEN-JANKA : Fils de Zeppelin (DoAdo) Le Rouergue 2000 (rééd. en 2004) S. Coll 900.
Sarah COHEN-SCALI : Vue sur Crime (Tribal) Flammarion
Collectif (M. BERTHERAT, E. DESFEUX, P. CAPPELLI…), Ill. André BENN : L’Animal lumineux « Z’azimut », Fleurus
Brigitte COPPIN, Ill. Jean-Denis PENDAX : Le Quai des secrets (Castor Poche) Flammarion (En Bretagne en 1529)
Guillaume DARNAUD, Ill. Frédéric REBENA : Le Vol du Mermoz (Le Furet enquête) Albin Michel 2000
Jihad DARWICHE : Sagesses et malices de Nasreddine Hodja (« Sagesses et malices ») Albin Michel S. Coll. 900
Valérie DAYRE : Miranda s’en va (Neuf) Ecole des loisirs 2000 S. Coll 900
Marie-Charlotte DELMAS : Le Mystère du puits qui parle (Chauve-souris) Syros Jeunesse 64 p.
Anne-Marie DESPLAT-DUC : Les Exilés de l’An II Hachette Jeunesse L.P.J. ? 2000
Marie DESPLECHIN : Le Monde de Joseph “Neuf” L’Ecole des Loisirs 2000 (fable poétiqu et tendre, hors du temps)
Allan W. ECKERT : La Rencontre : L’histoire véridique de Ben MacDonald (L. P.J. ; Mon bel oranger) Grand format , 2000
Jean-Luc ESTEBE, Ill. Benjamin BACHELIER : Fils de voleur (Lune noire ; Policier) 144 p. Nathan S. Coll. 900
Pascal FAULIOT, Ill. Daniel HENON : L’Epopée du Roi Singe « Epopée » Casterman 160 p.
Leon GARFIELD : La Rose de décembre (Folio Junior) Gall. J. S. Coll. 900
Pascal GARNIER : Le Chemin de sable 1 : J’irai te voir « Pocket junior » Pocket Jeunesse 2000 S.J.B. 2005
Laurent GENEFORT , Ill. Ph. CAZA: : Une Aventure d’Alaet 1 : La Citadelle des Dragons (« Légende » Le Cadran bleu Degliame).
Michel GIRIN : Pêcheur d'espoir (Les Uns les autres, Syros Jeunesse) 2000 S. Coll. 900
Henri GOUGAUD, Ill. Marc DANIAU : Contes d’Afrique Seuil (compilation à partir de 3 recueils) S. Coll 900
Christian GRENIER, Ill. Guillaume RENON : Les Surfeurs de l’inconnu (Lune noire) 246 p. (oct. 2000) (monde parallèle)
Michel GRIMAUD : Le Violon maudit (Folio Junior) (conte musical et fantastique) S. Coll. 900
Alain GROUSSET, Ill. Vincent DUTRAIT : Les Naufragés de l’Arbre-Pont (Pleine Lune) 160 p. (immortalié, rite, pouvoir)
GUDULE : J’ai 14 ans et je suis détestable (Tribal), Flammarion, sept. 2000 S. Flam.
GUDULE, Ill. Olivier VATINE : La Villa qui hurle (« Fantastique », Le Cadran bleu, Degliame)
Guillaume GUERAUD, Ill. Jochen GERNER : Coup de sabre (récit), « doAdo » Ed. du Rouergue 2000 S. 11/15
Denis GUIOT, anthologiste : Graines de futurs (7 nouvelles). Ill. MANCHU, Préface d’A. Jacquard. (« Autres Mondes », Mango jeunesse)
Claude GUTMAN : Rue de Paris (Folio junior) (rééd.) 3e tome de la trilogie

jeudi 18 mars 2010

Maison de la Bonne Presse et Bayard Presse : La presse juvénile V



De la Maison de la Bonne Presse à Bayard Presse
De L’Echo du « Noël » (1906) à J’aime la B.D. (2004)
Un siècle de presse juvénile catholique

V Naissance du groupe Bayard-Presse


Le groupe Bayard-Presse, né en 1969, nouvelle appellation moins « confessionnelle » et plus laïcisés de la Maison de la Bonne Presse, (justifiée par l’adresse de la Rue Bayard, mais depuis juillet 2008 le groupe a déménagé à Montrouge, dans la banlieue parisienne), a compris l’intérêt de diversifier ses journaux et d’établir une chaîne éducative de la petite enfance au lycée, d’abord pour « fidéliser» le lecteur et surtout pour maintenir aussi le dialogue entre parents et enfants. La volonté éducative du groupe de presse les conduit à un « chaînage » de plus en plus subtil et à un découpage conduisant à distinguer petits, (2-6 ans), enfants (7-11 ans), préadolescents (12-14 ans), et adolescents (15-18 ans).
Le premier maillon pour les petits, Pomme d’Ami date de 1966. Journal très novateur, il se démarque de ses concurrents par son contenu esthétique et éducatif et ses distances saines et prudentes vis-à-vis des médias. Il profite de l’augmentation de la fréquentation des écoles maternelles et dès 1971, il séduit 180 000 garçons et filles de 2 à 7 ans. Pomme d'Api est complété six ans plus tard par Les Belles histoires de Pomme d’Api (1972), (aujourd’hui, Les Belles histoires), superbes petits albums écrits et illustrés par d’excellents auteurs contemporains pour la jeunesse. Sur le plan de la fiction et de la lecture, naissent ensuite les mensuels les plus stables : J’aime lire en 1977, solidement implanté dans le milieu scolaire. S’il propose des fictions inédites pour les 6-9 ans, voire les 7-10 ans, il est encore lu par les élèves qui entrent en classe de 6e et dominent mal la lecture cursive. La série de B.D. : Tom-Tom et Nana, due à Bernadette Després et Jacqueline Cohen, y naît dès 1977, avant de connaître un succès ininterrompu depuis cette date.
Pour les plus grands apparaît Okapi en 1971, un bimensuel pour les 11-14 ans (pour les 10-15 ans en 1984), remarqué par la variété et l’intelligence de son contenu : rubriques variées, culturelles ou distractives, bandes dessinées originales… Conçu pour aider les jeunes à accéder à l’autonomie, à la citoyenneté et à la découverte du monde, lancé lors du déclin de Record, c’est un journal variété et intelligent. Le magazine encarte les dossiers Univers Okapi, sur tous les thèmes, au point que l’exigeant Etiemble salue le dossier Rimbaud. Ils constituent un ensemble encyclopédique sur des thèmes audacieux (éducation sexuelle, corps humain, faim dans le monde, loisirs, énergie…), ou abordent histoire, géographie, sciences et littérature.
Il change plusieurs fois de formule, en particulier en juin 2004.
Le mensuel Record, né en 1962, devenu Record Dossier (avec un grand format peu commercial), termine sa 3e série en 1976, après avoir publié les « anciens » de la B.D., comme Chakir, Loÿs Pétillot, Erik (André René Jolly), et les modernes, tels Roba, le duo Tabary-Goscinny pour Iznigoud, Jacques Tardi ou Claire Bretécher. Ses dossiers, du fantastique à l’automobile, ont été appréciés mais le journal s’essouffle.
Le maillon manquant, pour les 7-10 ans, est créé grâce au bimensuel Astrapi, né en octobre 1978, avec des ambitions éducatives. Des rubriques variées et culturelles coexistent avec des B.D. de qualité, réalisées par Berthommier (et son chien Touffu), Jean-Louis Floch, très ligne claire dans Les Jacopo, Joost Swarte, hergéen lui aussi pour Coton et Piston et Yvan Pommaux, créateur d’une héroïne attachante : Marion Duval.
Puisque Dossier-Record a disparu, pour renouer le contact avec les adolescents, Bayard Presse crée le mensuel Phosphore, « le magazine des années-lycée », en 1981.
En 1984 paraît une importante revue mensuelle illustrée de lecture. C’est Je bouquine. Après une dizaine de pages variées d'actualités, un roman toujours inédit et largement illustré occupe le plus large espace : -une soixantaine de pages-. Puis, c'est le dossier littéraire consacré à un auteur classique, d'Homère à Le Clézio, de Swift à Bradbury, de Gaston Leroux ou Arthur Conan Doyle à Agatha Christie, dossier agrémenté de l'adaptation en bandes dessinées d'un chapitre de roman réputé.
Reportages ou histoires vécues, B.D. récréatives humoristiques et courrier des lecteurs dialoguant avec l'auteur du récit original complètent ce magazine aux rubriques variées, susceptibles d'aider l'adolescent dans ses choix, mais privilégiant courageusement les droits de l'imagination et la littérature actuelle. Voilà de quoi satisfaire et réconcilier les modernes et les classiques. Les premiers avec le roman qui a fait connaître aux adolescents les œuvres de Daniel Pennac pour les aventures de Kamo ou de Marie-Aude Murail et son fameux collégien Serge T., bien avant leur succès en librairie. Les seconds, avec l'évocation d'auteurs célèbres et d’œuvres connues.
En septembre 1986 est lancé avec succès le mensuel Léo et Popi devenu Popi, pour les 18 mois à 3 ans dont le succès est rapide. Popi a des angles arrondis et il est accompagné aujourd’hui par Les 1ères histoires de Popi, remplacé en 2004 par Tralalire. On tente de séduire les 3-7 ans, voire les 4-8 ans, avec Youpi (1988) et Babar (1990). Plus scolaire et plus instable apparaît en 1987, pour les collégiens, I Love English, (alors que To day in English vise les lycéens dès 1991), un an avant le mensuel le plus marqué par les intentions de catéchèse : Grain de soleil (1988). La revue illustrée s’affiche comme « Le journal des enfants curieux de Dieu ». Un magazine de « découvertes », plus pédagogique et très adapté au CM2 et aux premières classes de collège, suit en 1989 : c’est Images Doc, aux rubriques très variées, pour les 8 à 12 ans.
Tous ces journaux de qualité, sur le plan du contenu comme du point de vue technique et esthétique, ont un prix assez élevé mais le rythme de parution est mensuel ou bimensuel et les parents sont les acheteurs.

Maison de la Bonne Presse et Bayard Presse : la presse juvénile VI



De la Maison de la Bonne Presse à Bayard Presse
De L’Echo du « Noël » (1906) à J’aime la B.D. (2004)
Un siècle de presse juvénile catholique


VI A l’aube du nouveau siècle, un puissant groupe de presse

Juste avant la fin du millénaire, par rapport aux groupes de presse Fleurus et Milan, Bayard-Presse est le plus complet pour les jeunes de 1 à 15 ans. Les magazines déjà créés gardent une présentation aisément identifiable et un contenu assez riche pour fidéliser une clientèle exigeante et avertie. Pomme d’Api continue de favoriser l’imagination des 3-7 ans, séduits aussi par « le plaisir des histoires et la magie des images » de la riche et passionnante collection : le magazine Les Belles histoires qui a souvent bénéficié du talent des meilleurs illustrateurs de notre époque. J’aime lire, magazine de lecture né en 1977, très traduit en Europe, séduit toujours autant de lecteurs de 6 à 10 ans, est doit une part de son succès à sa bande dessinée vedette : Tom-Tom et Nana, bien connue désormais des jeunes téléspectateurs. En 1993, Bayard-Presse lance Mes premiers j’aime lire pour les plus de 6 ans. Le mensuel sera accompagné d’une cassette audio dès septembre 2002. Le bimensuel Astrapi (1978), plus éclectique, est suivi par autant de lecteurs que J’aime lire.
Chez les 10-15 ans, Okapi, privé de son mémorable « Univers » thématique, est devenu un magazine juvénile plus convivial et généraliste. En fait, cette formule s’adapte à l’évolution d’un lectorat amateur de textes plus courts.

La revue Je bouquine, ouverte aux principaux auteurs et illustrateurs contemporains, reste fidèle à elle-même bien qu’elle modifie son format et diminue son prix avant d’atteindre le numéro 200, en automne 2000 (et son numéro 3000 en 2009). Ecourtant le roman essentiel, elle s’offre le luxe d’ajouter une histoire plus brève en fin de numéro. Phosphore, sans réelle concurrence, séduit encore bon nombre de lycéens et s’attire bien plus de lecteurs que le mensuel Filotéo, (remplaçant en 2005, Grain de soleil), aux buts catéchistiques aussi avoués que ceux de Pomme d’Api Soleil et Mon journal arc-en-ciel, chez Fleurus, ou Terres lointaines chez Edifa, avant d’être repris par les Œuvres Pontificales Missionnaires.
Le mensuel Images Doc, né en 1989, plaît autant aux élèves de cours moyen qu’à ceux des 6e-5e, tant sa présentation et sa mise en pages sont astucieuses, colorées, diverses. Agrémenté de photographies superbes, il se destinait d’abord aux « chasseurs d’images » de 9 à 14 ans. Il faut encore ajouter les renaissances successives de I love English junior, d’abord avec sa cassette audio en 1996, remplacée par des CD audio en 2002 alors que le lectorat visé devient celui des « CM1-CM2-6e ». La revue mensuelle de lecture, Maximum, née en 1998 et développant des récits fantastiques, a d’abord adopté une présentation inutilement criarde et kitsch... Le retour à des notions esthétiques plus conviviales ne la sauve pas : D lire, magazine de lecture de meilleur aloi la remplace en présentant toujours un roman illustré, avec des thèmes, dans les récits, plus variés et plus ouverts. Dans le cahier BD sont introduites des bandes d’Emmanuel Guibert et J. Sfar (Sardine de l’espace), ou de Corbeyran (Zélie et compagnie).

D’année en année, les groupes de presse couvrant toute la gamme des âges, des tout-petits jusqu’à la fin de l’adolescence, renforcent leur position. Il serait pourtant naïf et réducteur de croire que c’est la raison essentielle de leur succès. En fait, les groupes Bayard-Presse, Fleurus et Milan laissent s’estomper peu à peu leurs différences idéologiques. Ce qu’ils ont davantage en commun, c’est une volonté explicitement éducative. S’ils s’attirent les suffrages des parents, principaux acheteurs de leurs journaux, c’est parce que la richesse et la variété de leur contenu vont de pair avec le constant souci du dialogue établi entre les jeunes lecteurs et les adultes généralement au courant du type de lecture proposé. En outre, Bayard-Presse édite aussi la Revue des scouts de France.
Pour étendre encore davantage la gamme des âges, alors que Tralalire (2000) avait été lancé pour les 4-7 ans, en 2004, Bayard Presse lance Muze, un magazine féminin de lecture, ambitieux et très culturel, tiré à 80 000 exemplaires tandis que les grands adolescents liront plutôt le magazine Euréka, une création de 2005. J’aime la BD, créé la même année, en dépit du succès du genre, ne tiendra que le temps de 9 numéros mais la bande dessinée essaime toujours dans plusieurs magazines du groupe.

Maison de la Bonne Presse et Bayard Jeunesse : VII Rachat de Milan (2004)



VII Le rachat du groupe Milan, créateur de nombreux journaux juvéniles

Le groupe de presse Milan, fondé en 1980 à Toulouse par le jeune trentenaire Patrice Amen été racheté officiellement le 19 mars 2004 par le groupe Bayard. Il était pourtant profondément laïque et très éloigné de l’esprit de catéchèse de son rival, le groupe Bayard.
Contre une tendance qui pourrait consister aujourd’hui, à phagocyter les titres créés par Milan pour les intégrer malencontreusement dans l’historique de Bayard-Presse, sans informer clairement le lecteur de leur création par le groupe de presse Milan, de 1980 à 2004, il paraît utile derappeler quelque dates.

1980 : Lancement de Milan Presse et naissance de Toboggan (pour les 5-7 ans). Trente ans plus tard, Toboggan est toujours là !
1983 : Mikado (M) (9-14 ans) « à la découverte des hommes et des sciences » (disparu).
1985 : Revue Toupie pour les 3-5 ans
1987 : Diabolo vise les 7-9 ans (disparu)
1987 : Wapiti : "Un œil futé sur la nature" (M) (pour les 7/13 ans) (Nature) Milan Presse.
1989 : Wakou (1989), pour les 3 à 7 ans intéressés par la nature
1989 : Picoti (pour les 9 mois-3 ans)
1989-1990 : Hi Kids, pour les élèves francophones s’initiant à l’anglais, avec cassette, pour la prononciation (disparu).
1990 : Moi je lis, magazine de lecture pour les 7 à 9 ans
1992 : pour les 13-18 ans, Les Clés de l’actualité, journal hebdomadaire grand format (disparu en 2009)
1995 : Les Clés de l'actualité Junior (H) (8 à 12 ans) (Actualité) (disparu en 2009)
Avril 1998 : Revue mensuelle Les Aventuriers, adaptée à la mode du frisson et du fantastique (magazine disparu).
1997 : Petites mains, magazine d’activités manuelles pour les 3 à 6 ans
1998 : Lancement du magazine Julie (« Vive les filles de 8 à 12 ans ») (M) (Milan Presse). Signe fort d’une renaissance pour la presse des filles.
1998 : Mobiclic (1998), premier magazine multimédia sur CD-Rom pour les 7-12 ans
1999 : J’apprends à lire (pour les 6 à 7 ans)
2000 : Toboclic (2000), avec 10 CD-ROM annuels, destiné aux 4-7 ans
2001 : Bilou pour les petits de 6 mois à 2 ans (disparu).
2001 : Lolie (M) (pour les filles de 12 à 16 ans) La suite de Julie (disparu comme Lolie Test.
2001 : Oxébo, destiné aux 6-12 ans, (assez vite disparu).
2002 : Toutàlire (oct. 2002) (M) (Milan Presse) (9-12/14 ans) « le magazine qui donne envie de lire » (remplace Les Aventuriers). (Toutàlire disparaît en 2004 avant d’être racheté par Pif Editions en 2005 qui ne le conserve que quelques mois en raison de difficultés financières).
2002 : Histoires pour les petits (pour les 3 à 5 ans)
2003 : Manon (août 2003) (fillettes, dès 6 ans) " drôl’ment fille"
2004 : Petites histoires pour les tout petits (de 18 mois à 3 ans, disparu)
2004 : Capsule cosmique (magazine de bande dessinée original) (M) (7-12 ans)(trop vite disparu)
2004 : Zaza Mimosa (Spécial Filles, dès 8 ans) Editions Milan jeunesse
(disparu)
Douze des journaux créés ne paraissent plus en 2010 et treize continuent de paraître.
En revanche, on a vu naître : Chaudron magique (n° 10 en janvier 2010), Mixman (n° 4 en janvier-mars 2010, Champions du C.P., Champions du CE1 et Champions du CE2. Milan a acquis Geo Ado et diffuse sur Internet 1 jour 1 actu !. Au total, il faut donc compter 20 titres présents aujourd'hui.

Maison de la Bonne Presse et Bayard Jeunesse VIII


De la Maison de la Bonne Presse à Bayard Presse
De L’Echo du « Noël » (1906) à J’aime la B.D. (2004)
Un siècle de presse juvénile catholique


VIII Bayard Presse et Bayard Jeunesse, de 1977 à nos jours : quelques repères

A la différence de Fleurus dont le secteur Fleurus Edition appartient à Média Participation et qui a dû céder Fleurus Presse, vendu (en catimini) fin 2009 à Héros et Patrimoine et à un fonds d’investissement américain, Bayard est un groupe d’autant plus puissant qu’il gère Bayard Presse et Bayard Edition, les deux secteurs renforcés par le rachat de Milan. Si l’on ajoute l’ouverture au secteur international, on s’aperçoit de la puissance actuelle du groupe de la congrégation des Augustins de l’Assomption, en fait le plus puissant groupe francais actuel dans la presse des jeunes.

1977 : Parution de la revue de lecture J’aime lire, chez Bayard Presse
1978 : Magazine Astrapi (BM) (cadets, de 7 à 11 ans) (Bayard Presse)
1981 : Création de l’Atelier-Livre chez Bayard Jeunesse
1981 : Phospore (M) (à partir de 13 ans), journal pour les lycéens créé par Bayard-Presse
1984 : Revue mensuelle illustrée de lecture Je bouquine, (Bayard-Presse), avec un roman illustré par les grands, de la b. d. et de l'illustration.
1990 : Création de Bayard-Poche, chez Bayard Presse Jeunesse.
1991 : Bayard Poche : romans de sa revue en Collection "Je bouquine ".
Mars 1995 : Bayard-poche lance la série "Chair de poule", de Robert Lawrence Stine, riche en fantômes, vampires et objets maléfiques, dans la collection "Passion de lire".
1996 : Bayard-poche, à l'intérieur de la collection "Passion de lire", crée la série "Délires" (textes humoristiques et parfois fantastiques).
1997 : Chez Bayard-Poche, Michel Amelin est l'unique auteur de "Polar Gothique", (pour les 10-13 ans), dans "Passion de lire".
1997 : Bayard-Poche, avec Centurion, lance la collection sentimentale "Cœur grenadine".
1997 : Bayard Jeunesse crée la collection "Les Littéraires" (97-2001)
1998 : Chez Bayard Poche, Je bouquine présente "Envol : premiers pas vers la littérature", qui réédite les récits de la revue mensuelle.
1998 : Naissance des revues mensuelles illustrées Les Aventuriers (Milan), et Maximum (Bayard-poche), publiant toutes deux des récits fantastiques.
1999 : Chez Bayard Poche, "Les Aventuriers de l'histoire", avec 2 séries. "Mysteria" (Antiquité romaine) et "Marcantour" (Moyen Age).
2000 : Bayard-Jeunesse : "La Collection des imaginaires" (12 ans)
2000 : Bayard envisage un partenariat avec Gallimard Jeunesse, un projet qui va échouer.
Avril 2000 : Bayard jeunesse lance "La Collection des Imaginaires"
2000 : Sous le label Bayard jeunesse, "Les Romans de Je bouquine" remplacent la collection "Envol". Débuts de la série historique "Athena", (dans "Les Aventuriers de l’Histoire").
2001 : D Lire (M) (Bayard Presse) (pour les 9-12 ou 13 ans) (Lecture) (remplace avantageusement Maximum)
2002 : Fin de la coentreprise éphémère Bayard Jeunesse-Gallimard Jeunesse.
2002 : Frank Girard, directeur de Bayard Editions jeunesse, fonde les éditions Tourbillon, avec Marie-Odile Fordacq.
2003 : Après "Estampille" en 2001, Bayard lance "Millézime" (grand format).
Nov. 2003 : Le groupe catholique Bayard a racheté le groupe toulousain
laïque Milan, (Le rachat est officiel en mars 2004). L’ensemble des deux
groupes Bayard-Milan contrôle 27 % de la presse française.
2006 : 6989 titres sont parus en 2006 contre 6360 en 2005. Près de 60 % sont des titres de fiction (4153 titres). 33 % des titres sont vendus en librairies. Les très gros vendeurs sont Hachette (490 titres), Gallimard (330), à égalité avec Nathan, Milan (300), Bayard (260).
2006 : Selon Livres Hebdo du 17-11 : 4 éditeurs représentent 51 % des ventes en volumes : Hachette Jeunesse (sans le groupe Hatier), 14 %, (16% avec Disney), Gallimard Jeunesse : 14 %, Editis (avec Nathan Jeunesse (6%), Pocket Jeunesse (4%) et Hemma) : 13 %, Bayard-Milan : 11 %.
Si Bayard Editions Jeunesse (diffusé par La Sodis de Gallimard) possède Milan, ce dernier est distribué par Volumen.
Septembre 2007 : Bayard Jeunesse lance la collection "Grands personnages" (B.D., informations, citations) (Hugo, Einstein…)

mercredi 17 mars 2010

Maison de la Bonne Presse et Bayard Presse : Presse juvénile I



De la Maison de la Bonne Presse à Bayard Presse
De L’Echo du « Noël » (1906) à J’aime la B.D. (2004)
Un siècle de presse juvénile catholique


I Les premières publications pour la jeunesse

Le groupe actuel Bayard Presse, le plus puissant dans la presse jeunesse depuis le rachat de Milan en 2004, vient de loin. De la Maison de la Bonne Presse, fondée par les Assomptionnistes, congrégation catholique née en 1850. C’est cette Maison, créée en 1873 par le père Emmanuel d’Alzon qui va lancer les journaux pour adultes Le Pèlerin (1873) et La Croix, devenu un quotidien en 1983. Bien après Le Noël (1895), d’aspect plutôt sévère, la première vraie publication à destination des enfants, après L’Echo de la jeunesse (1898-1910), s’intitule L'Echo du « Noël » (1906-1935), sous-titré « Lectures et images », nommé ainsi parce qu'il reprend des extraits du Noël lisibles par la jeunesse. Il est souvent illustré par Eugène Damblans. Cet hebdomadaire dominical est connu surtout pour avoir lancé les « romans cinématiques » (1920-1956), entre le texte illustré et l’histoire en images, même si on y trouve aussi contes, récits et jeux divers. La loi de séparation des Eglises et de l’Etat de 1905, favorisant à la fois la laïcisation de l’école et l’affaiblissement des éditeurs catholiques (d’ailleurs, pour l’instant, incapables de s’adapter à la nouvelle image de l’enfant), n’est sans doute pas étrangère à cette création. Il s’agit de tenter de reconquérir le jeune lectorat catholique, après le départ des congrégations. De janvier 1911 à 1914, puis de 1922 à 1940, Le Sanctuaire, « l'hebdomadaire illustré des enfants de chœur », reprend, dans un double feuillet, L'Echo du « Noël ». Si la première série cesse en 1914, la seconde commencée en 1922, se maintiendra jusqu'en juin 1940 et s'ouvrira tardivement à l'image, avec le « roman cinématique ».
La maison catholique tente aussi de lancer Bernadette, « revue hebdomadaire illustrée », hebdomadaire d’aspect austère, pauvrement illustré, créé le 4 janvier 1914 pour les filles du monde rural, un journal qui ne tient que sept mois (31 numéros), en raison de la guerre. En couverture, des sites religieux, par exemple, le Sanctuaire de Notre-Dame de Laus (Hautes Alpes) ! On commente le Catéchisme de Pie X en insistant sur ceux qui sont « hors de l’église », donc du salut. Ce n’est qu’en 1923 que le journal reparaît dans une présentation toujours aussi sévère bien qu’un petit supplément intérieur paraisse en couleur mais le culte marial et celui de Jeanne d’Arc sont toujours aussi forts. Sous ce titre, inspiré, par le nom de Bernadette Soubirous canonisée en 1933, il subsistera jusqu'en 1963 (sauf de 1940 à 1946).

Maison de la Bonne Presse et Bayard-Presse : Presse juvénile II



De la Maison de la Bonne Presse à Bayard Presse
De L’Echo du « Noël » (1906) à J’aime la B.D. (2004)
Un siècle de presse juvénile catholique


II Les romans « cinématiques »

En 1920, c'est avec Le Roi de l'or d'Alice Pujo que la Maison de la Bonne Presse catholique lance une collection de romans cinématiques, entre le récit illustré et l'histoire en images. Elle propose des « aventures tout en images d'enfants hardis à travers le monde ». Durant 36 ans, de 1920 à 1956, paraissent une cinquantaine de récits prépubliés dans L'Echo du Noël, L'Etoile Noëliste, Le Sanctuaire et Bernadette. Ces volumes brochés doivent leur succès à leur faible prix et à la stricte séparation de l’image et du texte. Justifié par le fait que le texte, découpé en séquences occupant chacune une double page, circule entre des illustrations monochromes, disposant de la moitié de l'espace, le nom de "Cinématique" est rarement indiqué sur la série. On ne le trouve pas en 1941, sur le volume : Pour sauver Pillou écrit par René Duverne (1893-1974) qui, en 1933, avait publié La Maison automobile, un récit au thème assez fort pour être réédité en 1954. L'illustrateur attitré et talentueux de la série est Eugène Damblans (1865-1945), jusqu'en 1935. Les auteurs des textes les plus fréquents sont Alice Pujo (Le Mystère de Golconde), Max Colomban (7 récits dont Galaor et Célysette, L’Âne de Frère Joachin, Yolande et Chicoulet et Histoire de trois enfants russes), Myriam Catalany, alias Marie-Barrère-Affre (10 récits dont Cœur de chou, L’Oiseau des îles et Le Maître de l’espace), René Duverne (Le Lac mystérieux) et, après la guerre, Henriette Robitaillie dont on retient surtout Le Monstre des abîmes (1951) (prépublié dans le journal Bernadette) et Le Maître des volcans (1955). Les ouvrages sont illustrés, après la guerre, par Grand'Aigle, Gaston Jacquement, Pierdec (alias Pierre Decomble), Loÿs Pétillot, Alain d'Orange, Manon Iessel, Solveg (Solange Voisin) ou Maurice de la Pintière (1920-2006), des dessinateurs fréquents à l’époque dans Le Pèlerin, Bayard et Bernadette.

Né en 1930, l’hebdomadaire pour les garçons de plus de 14 ans, A la page, « grand frère » de Bayard, interrompu par la guerre, ne reprend que de 1949 à 1951. Peu illustré, sauf par des photographies en noir et blanc, c’est plutôt un journal d’actualités diverses et mondiales.

Pour défendre cette presse catholique contre les « mauvais » illustrés du groupe Offenstadt, les romans policiers de Ferenczi, les westerns des Editions modernes, les aventures de Buffalo Bill ou de Mandrin des Editions Prima, la figure la plus emblématique fut, à l’époque, celle de l’abbé Louis Bethléem, (1869-1940). Il établit, dès le début du XXe siècle, une liste-type de « Récits pour enfants », diffusée dans les paroisses, car il est convaincu que la littérature enfantine « ne tue pas moins d’âmes que l’école sans Dieu » ! Le journal pour filles, Bernadette, commence à être plus connu et son pendant masculin, Bayard, adoptant le grand format, très imprégné de religion et publiant les premières bandes de Gervy, (futur créateur de Pat'Apouf, publié dans Le Pèlerin de 1938 à 1973), remplace en janvier 1936 L'Echo du « Noël », disparu en décembre 1935.

Pendant la période 1939-1945, dans un premier temps, la Maison de la Bonne Presse réfugiée à Limoges change ses titres. Bayard devient Jean et Paul et Bernadette, Marie-France et l’éditeur paraît réservé vis-à-vis de Vichy, (mais il existe quelques numéros de la Bibliothèque de Bernadette et de ses frères, parus en 1941-42, favorables au nouveau régime pétainiste.)
Après la deuxième guerre mondiale, la Maison de la Bonne Presse, se laisse distancer par l’autre éditeur catholique rival, Fleurus.

Maison de la Bonne Presse et Bayard-Presse : Presse juvénile III



De la Maison de la Bonne Presse à Bayard Presse
De L’Echo du « Noël » (1906) à J’aime la B.D. (2004)
Un siècle de presse juvénile catholique


III Bayard, un journal plus connu de 1956 à 1962 mais brutalement interrompu

L’hebdomadaire masculin Bayard renaît en décembre 1946. S’il a perdu son grand format, il bénéficie de la direction du père assomptionniste André Sève qui privilégie, dans un souci éducatif, plutôt le texte que l’image (même s’il se met souvent, avec talent, au service de l’image). « Les plus belles histoires de vaillance » paraissent dans la collection "Bayard". C'est un curieux mélange d'histoires illustrées avec texte récitatif sous l'image, comme dans l'étonnante histoire de guerre, troublante d'exactitude et intitulée : Evasions de G. Paillard, prépubliée dans Bayard, dès 1946. D'autres récits proposent les illustrations plus modernes de Loÿs dans Deux génies de la Renaissance : Michel-Ange et Léonard de Vinci, écrits par C. Marin, ou Les Grands As du sport.
Le Père Sève met la main à la pâte, utilise des pseudonymes et scénarise des bandes dessinées comme Faucon noir de Pierre Forget ou Le Chevalier inconnu de Loÿs Pétillot, excellent reporter en images dessinées. André Sève est Jean Quimper, pour Le Mystère de l'émir, illustré par Pierre Forget, une bande dessinée médiévale, mâtinée de fantastique, construite autour de l’emblématique Thierry de Royaumont. Aucun lecteur de l'époque n'a oublié les albums Le Secret de l'Emir, La Couronne d'épines, L'Ombre de Saïno ou Pour sauver Leïla (album Bayard en 1987 seulement). Jean Acquaviva (alias Antoine Graziani), est surtout le scénariste de la série western Bill Jourdan (1956-1961) illustrée par Loÿs Pétillot, depuis Le Carnet noir jusqu’au 5e épisode, Le Désert de la mort. Il marque d’autant plus l’époque qu’il est présent sous les pseudonymes de Jean-Simon Rutalais (La Clé d’Antar, 1956), de Pierre Mérou (Velthur le pacifique, 1958-1959) et de Saint-Alban pour une Histoire du cinéma et d’excellentes chroniques cinématographiques. Il faut rappeler que le cinéma a toujours été au centre des préoccupations de la Bonne Presse (ne serait-ce que pour le surveiller et lui imposer des « cotes morales », depuis la naissance de l’une des premières revues cinématographiques en 1903 : Le Fascinateur).
C’est aussi Acquiviva qui scénarise les B.D. Banda-Tanga (1953-1954) et Uranium (1954-1955, devenu en album, La Course à l’uranium), illustrées par Alain d’Orange. Il faut aussi le créditer de Hiawatha et des dialogues de Stop au signal rouge. Sous le nom de Rutalais, on lui doit encore Goéland rouge, Le Trésor du Kon-Tiki et Yvan des Valdaï (d’après R. Hédouin, dessiné par Loÿs Pétillot). Sous le pseudo de Mérou, bien avant Les Aventures de Procopio (1959-1962), il a scénarisé Les Sept samouraï de Kurosawa, magnifiquement mis en images par l’admirable Pierre Forget à qui l’on doit aussi les images de la série Mic et Mac (1957-1962).
Si l’on a pu oublier les dessins de Troc, de Gaston Jacquement, de Perrin-Houdon ou d’Arsène Brivot…, on ne peut passer sous silence ceux de Gervy (contant les errances de l'orphelin Paulo dans Le Totem du « Vieux-Cerf » en 1938 et auteur d’Alain au Far-West, republié pendant et après la guerre), de Pierre Joubert (Michou des gazelles, 1951), de Julio Ribera (Le Barrage, 1956 et surtout la série de science-fiction Tony Sextant, chevalier de l’espace, de 1957 à 1961), de Chakir (Le Disparu de l’île de Ré, 1961) et de Dino Attanasio, illustrateur de Bob Morane et l’oiseau de feu, d’après Henri Vernes..
Malheureusement, la politique des albums est quasiment nulle. On fait plutôt la promotion de albums de Pat’Apouf de Gervy (publié dans Le Pèlerin) et si mal que les livres seront soldés au kilo. La collection « Cinématiques » (un nom qui prête à confusion) ne verra naître que quelques titres. Il faut ajouter que l’on abuse parfois des convictions sincères des auteurs et illustrateurs pour leur demander beaucoup en les payant d’autant plus mal qu’aucun statut ne les défend.

Maison de la Bonne Presse et Bayard-Presse : presse juvénile IV



De la Maison de la Bonne Presse à Bayard Presse
De L’Echo du « Noël » (1906) à J’aime la B.D. (2004)
Un siècle de presse juvénile catholique


IV Bernadette, le « parent pauvre » des fillettes
Bernadette, hebdomadaire pour filles, à la parution régulière de 1923 à 1640, renaît aussi en 1946. Cette presse mièvre et pieuse n’est qu’un « parent pauvre », malgré un supplément en couleur, sous titré « Histoire, Art, Science, récréations », proposant des rubriques plus profanes.
Les ouvrages sont illustrés, après la guerre, par Grand'Aigle, Gaston Jacquement, Pierdec (alias Pierre Decomble), Loÿs Pétillot, Alain d'Orange, Manon Iessel, Solveg (S. Voisin) ou Maurice de la Pintière (1920-2006), des dessinateurs fréquents à la Bonne Presse. On y remarque des récits illustrés par Manon Iessel (comme la vie de Florence Nightingale), Félix Jobbé-Duval, Gaston Jacquement (alias Ticky ou Tiky), Pierdec, avant l’arrivée d’illustrateurs plus connus comme Alain d’Orange, Solveg (alias Solange Voisin), Janine Lay, Pierre Forget ou Gervy. La prépublication de romans cinématiques (L’Oiseau des îles illustré par Gaston Jacquement, Les Naufragés du « Sassandra », imaginé par Renée Tramond, Le Monstre des abîmes en 1951, de Henriette Robitaillie), prouve l’absence d’évolution. Ce n’est qu’en 1955 qu’on remarque les belles illustrations non signées d’Alain d’Orange, pour le roman de R. Gaël, adapté par M. O. Saint-Hilaire : Le Messager du tsar. En 1956, Henriette Robitaillie, scénarise la bande dessinée de Solveg, Lucette et les éléphants, avant de créer pour Janine Lay, les personnages de Priscille et Olivier pour deux épisodes mémorables : Le Secret du lagon bleu et Le Puma aux yeux d’escarboucle. Cette omniprésence envahissante d'Henriette Robitaillie, écrivant jour après jour et sur tous les sujets, caractérise l'hebdomadaire de cette époque.
C’est aussi en 1956 qu’on fait à nouveau appel à Gervy, le père de Pat’Apouf, créant Miette et Totoche, ou contant en B.D. et en couleur Les Tribulations de Canou. L’hebdomadaire a la chance de publier Moustache et Trottinette au Moyen Age du grand Calvo. Dès 1956, les deux hebdomadaires Bayard et Bernadette passent à l’impression offset, agrandissent leur format et améliorent leur contenu. En 1963, l’excellent illustrateur Pierre Forget (avant de repartir graver des timbres), réalise la bande dessinée, La Reine du lasso et L.N. Lavolle (Hélène Chaulet), publie L’Enfant du fleuve, inspiré par le fleuve Nil et illustré par Pierdec (alias Pierre Decomble).

Au début de l’époque des « yéyés », on note la tentative du mensuel Rallye jeunesse (1959-1966), créé et dirigé par le Père Sève, pour établir le premier une relation d'égal à égal entre les adultes et les adolescents mais, bien qu’il innove en s’ouvrant à la génération « yéyé », sa diffusion est limitée aux milieux catholiques.
En 1962, la Bonne Presse, associée à Georges Dargaud, remplace son hebdomadaire Bayard par le mensuel mixte Record, avec une toute nouvelle équipe qui laisse sur le carreau les auteurs et dessinateurs de Bayard. Elle accueille une pléiade de dessinateurs qui exerceront bien vite leurs talents, tels René Goscinny et Jean Tabary (Le calife Haroun el Poussah et le vizir Iznogoud), Gotlib, Claire Bretécher ou, dans des journaux au public moins restreint, comme Pilote.
Le 5 janvier 1964, Nade a pris la succession de Bernadette et tient jusqu’au 29 avril 1973. Entre temps, la publication prendra le nom de Nade Télé-Jeunes avec l’ambition d’être le 1er journal de télévision pour les jeunes. Nade, journal visant « les petites filles et leurs petits frères », a restreint son lectorat potentiel malgré la présence d’un débutant prestigieux, l’orfèvre du dessin François Bourgeon. Jumelée avec Lisette agonisant, le 1er novembre 1964, en lui imposant toutes ses bandes dessinées, la revue se condamnait à ne survivre que quelque temps.

lundi 8 mars 2010

Dylan Stark III Le temps de l'errance et de la solitude




III LE TEMPS DE L’ERRANCE ET DE LA SOLITUDE
L'Homme des monts déchirés / P. Pelot.1969. Dans l’hebdomadaire Tintin, du n° 1095 au n° 1107, oct. 1969-janv. 1970 ; "D.S. 17". Ill. coul. de Hermann. (J, W)
Désormais seul et parvenu au Nouveau Mexique, Dylan est pris pour un chasseur de primes. Pour sauver sa vie et dénouer l'écheveau d'une intrigue complexe, il doit ruser.
Dylan, deux fois de suite pris pour un autre, ne peut compter que sur lui.

L'Erreur / P. Pelot. 1971. Dans l'hebdomadaire Tintin, du n° 1173 au n° 1179. avril-juin 1971, "D.S. 18". Ill. coul. de Hermann. (J, W)
Pris pour un tueur chargé d'empêcher un témoignage à un procès, Dylan est prisonnier dans une chambre d'hôtel. Il attend d'avoir mis à jour tous les nœuds du complot pour agir.

Sierra brûlante / P. Pelot. - R. Laffont, 1971. Ill. J-O. Héron - (Plein vent ; 76) ; "D.S. 19". (J, W) ; N. E. : - Gallimard, 1980.- (Folio Junior ; 110). Ill. P. Collier. Réimp. 1982, 1988. N. E. : Pocket Junior, 1998. N. E. : Le Navire en pleine ville, « Sous le vent-Classiques », 2006, 220 p., 2006.
Cité dans La Bibliothèque idéale, de Bernard Pivot, Albin Michel, 1988 : "les 49 livres du rayon jeunesse". Prix européen de littérature pour la jeunesse, 1976.
Après avoir fui la réserve avec sa femme et son fils, un Indien Navajo est accusé à tort d'avoir tué le patron du ranch où il a volé un cheval. Dylan, pour y voir plus clair, se mêle au groupe des poursuivants.
De cette chasse à l'homme, harassante, cruelle dans son issue fatale, émerge finalement l'image lumineuse du métis ramenant l'enfant rescapé vers son peuple.

Pour un cheval qui savait rire/ P. Pelot. - Amitié, 1982. - (Les Maîtres de l'aventure) (J, W) En fait, il s'agit d'un "Dylan Stark", Man se substituant au métis cherokee. "D.S. 20"
A la suite d'un pari fou, lequel des cinq aventuriers texans si divers réussira à capturer l'étalon Grand-Blanc enfui en territoire apache ? Lorsque Man, (en fait Stark), a fait ses preuves, il peut libérer le fabuleux cheval qui savait rire.
Dans ce western, « oublié » neuf ans par l'éditeur, sont imbriquées les superbes vignettes complémentaires, non redondantes, de Claude Auclair.


Notes : Les couvertures des volumes publiés dans les collections Marabout Junior et Pocket Marabout sont illustrées par Pierre Joubert. Celles des dix volumes reprenant les aventures de Dylan Stark, réédités chez Casterman, sont dues à Michel Blanc-Dumont.

Tandis que les épisodes 1 à 7 de la série, publiés sous le titre « Dylan Stark. 1 », sont réédités dans la collection "Volumes", (828 p.), chez C. Lefrancq, en septembre 1997, sans préface, avec une couverture inédite de M. Blanc-Dumont, les épisodes 8 à 14, publiés sous le titre « Dylan Stark. 2 », collection Volumes, (Lefrancq), sont précédés d'une introduction de R. Perrin, intitulée : « Dylan Stark, le justicier métis », (pp. 5-24). Deux hommes en colère devrait précéder La Peau du nègre et Plus loin que les docks se situe chronologiquement avant Un Jour, un ouragan. Il restait à publier 6 épisodes pour que soit enfin éditée l'intégralité de la série mais Claude Lefrancq a vite jeté l’éponge. Les éditions canadiennes Alaeis ont renoncé en 2003 à republier Dylan Stark mais les éditions Le Navire en pleine ville (disparues depuis), sous l’impulsion d’Hélène Ramdani, ont réédité en 2006 et 2007, trois aventures de Dylan Stark.


Remarque faite en avril 2012 : Je dois avouer ma surprise en consultant le blog "le-monde-est-mon-royaume.free.fr" consacré à "dylanstarck" (sic). Voilà un royaume bien usurpé puisque l'essentiel des informations provient de mon travail. Il suffit de consulter la préface de DYLAN STARK.2" publié chez Claude Lefrancq pour s'en rendre compte. La moindre des choses serait de citer la source originelle.
Pillez, pillez tant que vous voulez mais dites au moins d'où proviennent les documents cités.
Raymond Perrin

Dylan Stark II Compagnonnage et quête du trésor


II LE COMPAGNONNAGE AVEC KIJA ET LA QUÊTE DU TRESOR

Deux hommes sont venus / P. Pelot. Dans l'hebdomadaire Tintin, du n° 1010 au n° 1022, février-mai 1968. ; "D. S. 10". Ill. coul. de Hermann. (J, W) ; N.E. : Deux hommes sont venus suivi de 7 h 20 pour Opelousas :- Gérard & C°, 1968. - (Pocket Marabout ; 52). N.E. : Deux hommes sont venus - Casterman, 1983. -(L'Ami de poche ; 54) N.E. Deux hommes sont venus suivi de 7 h 20 pour Opelousas : Dylan Stark. 2. Lefrancq, 1998, (Volumes).
Parti pour la Floride, en quête d'un hypothétique trésor, Dylan rencontre l'ami Kija, l'homme aux cheveux rouges, le compagnon d'une longue route même après qu'ils ont vengé les dépossédés, victimes des busards de guerre de Sanwooten.
Ce compagnonnage durable repose sur l'estime égale et mutuelle, et la reconnaissance de valeurs communes. Ni alter ego, ni faire-valoir de l'autre, chacun agit en toute liberté et consolide son amitié au gré des combats menés côte à côte.

La Peau du nègre ; suivi de : L'Homme-qui-marche / P. Pelot. - Gérard & C°, 1968. (Pocket Marabout ; 47) ; "D. S. 11". (J, W) ; N.E. : La Peau du nègre - Casterman, 1982. (L'Ami de poche ; 44) N.E. La Peau du nègre ; suivi de : L'Homme-qui-marche : Dylan Stark. 2. Lefrancq, 1998, (Volumes).
Bien mauvaise chasse que celle entreprise pour rattraper un Noir accusé de la mort d'une tenancière de saloon. Des deux hommes innocents capturés, lequel est le plus menacé ?

Quand gronde la rivière / P. Pelot. - Gérard & C°, 1968.- (Pocket Marabout ; 58) "D. S. 12". N.E. : - Paris : Amitié, 1975. - (Bibliothèque de l'amitié ; 109) Ill. de Claude Auclair. N.E. : Dylan Stark. 2. Lefrancq, 1998, (Volumes).
Dylan et Kija sont devenus gibier en embarquant sur le radeau de Rigo-la-Rivière. L'Alabama River est féroce pour les marginaux chaleureux qui rêvent encore d'amitié et de liberté.
Et au milieu des romans de Pelot, gronde souvent une rivière assassine. Cette fois, aux pièges naturels du cours d'eau s'ajoutent les manœuvres criminelles de ceux qui, s’appropriant la loi, confondent justice et légalité.

Plus loin que les docks / P. Pelot. - Bruxelles : Lefrancq, 1998. Dylan Stark. 2. 1998, (Volumes).- pp. 739-843. "D.S. 13" (Episode jusq'alors inédit).
Immobilisés par un blocus de dix jours dans le port de Mobile, Dylan et Kija aident les Noirs et les dockers à empêcher un assassinat politique fomenté par des fanatiques extrémistes. Ils espèrent aussi gagner par bateau la Nouvelle Orléans, avec le projet d'atteindre enfin la Floride.

Le manuscrit du récit, écrit en 1968, est concentré sur les « chaudes journées » du 3 et 4 juillet 1866, Egaré sous le bureau de Pelot, il est enfin retrouvé lorsque Claude Lefrancq décide de republier Dylan Stark.

Un Jour, un ouragan / P. Pelot. - Gérard & C°, 1968. - (Pocket Marabout ; 63) ; "D. S. 14" . (J, W) N.E. : Dylan Stark. 2. Lefrancq, 1998, (Volumes).
Jours d'émeute à la Nouvelle Orléans : les démocrates contestent le droit de vote des Noirs, Dylan et son ami connaissent une brève parenthèse historique et mouvementée, avant le voyage en Floride.

Le Tombeau de Satan / Préface de Hergé. - Gérard & C°,1969. - (Pocket Marabout. ; 68) ; "D. S. 15". (J, W)
Engagés dans le labyrinthe putride des marais de Floride où se cacherait le trésor d'El Paso, Dylan et Kija craignent autant les sauriens que les enlisements, les balles des malfrats et les Indiens.
De cette descente aux enfers aussi vraisemblable que cauchemardesque, Hergé écrit dans la préface : « Ce roman est constamment "visuel" ; son "trait" est rapide et vigoureux ; il est "découpé" selon les règles de l'art ; en outre, il y a la "couleur", la haute et franche et forte couleur. »

La Loi des fauves / P. Pelot. - Gérard & C°, 1969. - (Pocket Marabout) ; "D. S. 16" . (J, W)
Des six survivants empêtrés dans la jungle de Floride, seuls reviendront un Dylan fiévreux et épuisé et un Kija physiquement blessé mais réconforté par l'amour de Mary, choisie pour compagne.
Quittant « le grand rouquin » Kija, Dylan va retourner à une solitude d'autant plus pénible qu'il va être victime de quiproquos dévalorisants. Il n'a d'autre projet que la quête de soi et de ses limites.

Dylan Stark I Le cycle de la vengeance


I LE CYCLE DE LA VENGEANCE JUSQU’AU RETOUR AUX RACINES INDIENNES

Quatre hommes pour l'enfer / P. Pélot - Gérard & C°, 1967. (Pocket Mar. ; 2). "D. S. 1" ; (J, W) ; Gérard & C°, 1967. 63 p. ; 24*36 mm. (dans un porte-clés). ;
N.E. : - Casterman, 1980. - (L' Ami de poche ; 10) ; N.E. : "Dylan Stark. 1". Lefrancq, 1997, (Volumes).
N. E. : Le Navire en pleine ville, « Sous le vent-Classiques », mars 2007, 139 p.
Le lieutenant Stark refuse le sacrifice vain de ses hommes et déserte. Condamné à mort, il est contraint d'accepter une mission-suicide : le vol d'un troupeau de bovins aux Nordistes.
A la fin d'une guerre fratricide, ses séquelles durables sont doublement ressenties par un "bois-brûlé" sur qui se cristallise les haines raciales.

Le Vent de la colère / P. Pelot. - Amitié, 1973. - (Bib. de l'amitié ; 92) "D.S. 2". Ill. de M. Gay. Sél. J.L.P. 1974. (J, W) ; N.E. : "Dylan Stark. 1". Lefrancq, 1997, (Volumes).
(Dans cette édition, Dylan retrouve son nom et la place chronologique de ses actions).
Dan Starken, (en fait, Dylan Stark), destitué mais libéré, vit la fin de la guerre à Vulcan (Missouri). Guérilleros et shérif méprisent le droit des petits, victimes spoliées du conflit.
Dylan prend déjà le parti des « mangeurs d'argile, des suceurs de vase », victimes d'une guerre civile bafouant les droits des plus faibles.

La Couleur de Dieu / P.Pélot. - Gérard & C°, 1967. ; "D. S. 3" (J, W). Sél. Prix des Treize 1967. ; N.E : - Casterman, 1980. - (L'Ami de Poche ; 10) + scénario inédit : "Une Ombre dans la ville". ;
N.E. : "Dylan Stark. 1". Lefrancq, 1997, (Volumes).
N. E. : Le Navire en pleine ville, « Sous le vent-Classiques », 206 p., 2006.
Dans son Arkansas natal où ses parents ont été massacrés, Dylan se laisse peu à peu embarquer dans l'affaire Sodom et défend un Noir qui s'obstine à vouloir que son fils fréquente l'école réservée aux Blancs.
Suspendant son désir de vengeance, Stark opte pour la défense d'un petit garçon aux yeux d'enfant perdu, avant de s'armer durablement d'un fouet.

La Horde aux abois / P.Pélot - Gérard & C°, 1967.- (Pocket Marabout ; 11) "D. S.4». (J, W) ; N.E. : - Casterman, 1980. (L'Ami de poche ; 14) ;
N.E. : "Dylan Stark. 1". Lefrancq, 1997, (Volumes).
En quête des guérilleros d'El Paso, meurtriers de ses parents, Dylan se voit contraint de dénoncer la folie de Matitas Teafield, lequel fait croire à son fils et à ses hommes que la guerre continue.

Les Loups dans la ville / P. Pélot.- Gérard & C°, 1967.
- ( Pocket Marabout ; 20) ; "D. S.5" (J, W) N.E. : - Casterman, 1981. - (L'Ami de poche ; 16) ; N.E. : Dylan Stark. 1. Lefrancq, 1997, (Volumes).
Enfui vers Siloam Spring, Stark découvre une ville terrorisée par les fédéraux. Il ne peut sauver le fils de Teafield, rendu mort-vivant par le mensonge et bientôt tué par un gradé stupide.
Il suffit à Dylan de la vision d'une fille qui pleure en pleine rue pour qu'il se décide à chasser les intrus.

Les Loups sur la piste / P. Pélot. - Gérard & C°, 1967. - ( Pocket Marabout ; 21) ; "D. S. 6». (J, W) N.E. : - Casterman, 1981. (L'Ami de poche ; 20) ; N.E. : Dylan Stark. 1. Lefrancq, 1997, (Volumes).
Les soldats arrivés trop tard pour défendre la ville, escortent huit outlaws vers Little Rock. Dylan et son ami scout Penk sont du voyage. Pièges et attaques indiennes les attendent !

Les Irréductibles / P. Pelot *. - Gérard & C°, 1967. - ( Pocket Marabout ; 26) ; "D. S. 7" (J, W) (* fin du pseudo : Pélot). N.E. : - Casterman, 1981. - (L'Ami de poche ; 26) ; N.E. : Dylan Stark. 1. Lefrancq, 1997, (Volumes).
Prisonnier volontaire à Mountain Grove, Dylan est complice d'un projet d'évasion dirigé par son ennemi El Paso. A l'heure de la liberté, le désir de vengeance, contre un homme qu'il a appris à estimer, peut-il demeurer intact ?

Le Hibou sur la porte / P. Pelot. - Gérard & C°, 1967.
- (Pocket Marabout ; 34) ; "D. S. 8" ; (J, W) Sélection Prix des Treize, 1974. Sélection Jeunes - Lecture Promotion, 1975.
N. E. : - Amitié, 1974. (Bib. de l'amitié ; 102). Ill. de P. Petit Roulet.
N. E. : - Casterman, 1981. (L'Ami de poche ; 32)
N. E. : Dylan Stark. 2. Lefrancq, 1998, (Volumes).
Dans l'hiver installé, Dylan et son compagnon de bagne Alwoy trouvent refuge dans un ranch. Cette halte leur permet d'écarter du malheur les hommes comme les chevaux.
Encore un récit qui manifeste l'amour des chevaux. Le thème récurrent de l'animal sacrifié,- ici, le vieil étalon Sanan -, est traité avec tact.
La Marche des bannis / P. Pelot. - Gérard & C°, 1968. - (Pocket Marabout ; 41) ; "D. S. 9" (J, W). N.E. : - Casterman, 1982. - (L'Ami de poche ; 41) N.E. : Dylan Stark. 2. Lefrancq, 1998, (Volumes).
Retrouvant son sang cherokee, le métis partage l'humiliant chemin des larmes de ses frères vers une réserve comanche. L'Indienne Wahika lui offre un réconfort, hélas éphémère.
Les amours interrompues de Dylan et de la belle captive indienne mais l'espoir de la revoir en Oklahoma va demeurer (Cf. "D.S. 14").
Ces textes, commes les suivants, sont présents dans le recueil de nouvelles L'Assassin de Dieu, publié par Claude Ecken, chez Encrage, en 1998 et ils sont repris dans la bibliographie revue et augmentée parue sur le site de noosFere. com.

Dylan Stark, un cycle westernien (Introduction)


DYLAN STARK, LE JUSTICIER METIS ERRANT DE L'APRES-GUERRE
Fort de huit livres inspirés par l'Amérique du Nord et déjà publiés par les éditions belges Gérard, dans la collection « Marabout », en 1966-67, Pelot se sent prêt à créer un personnage d'une série-western dont les aventures vont se situer à l'intersection de l'Histoire des Etats-Unis au XIXème siècle et du mythe fantasmatique, parfois nourri des événements contemporains de l'écriture.

Il commence donc le cycle Dylan Stark dont le premier tome sera publié à la fin de l'année 1967, avec un antihéros plongé dans la Guerre de Sécession et les troubles nés d'une paix précaire. En fait, c'est surtout pendant ces années de l'après-guerre qu'on le voit évoluer, de 1865 à 1867. Ce choix d'une époque faussement paisible, aux plaies encore béantes, doit sans doute pour une part le fait que Pelot lui-même soit né dès le lendemain de la deuxième guerre mondiale, au cœur des Hautes Vosges particulièrement meurtries ou détruites et, pour longtemps, livrées à la pénurie et bientôt, au déclin économique.
Nul doute que, pour un enfant né en 1945, -c'est juste 80 ans après 1865 ! - l'atmosphère, les privations, les cicatrices encore vives d'un âpre conflit lourd de conséquences durables, ont laissé des traces dont on retrouve aussi la marque parmi d'autres romans plus contemporains. Quant à Dylan Stark, personnage de fiction certes, mais inséré dans un cadre géographique et historique plausible, il subit d'autant plus les séquelles d'une telle période qu'il est un métis né de mère française et de père cherokee. Les "sang mêlé" étaient historiquement nombreux mais la création d'un tel personnage permet un regard tantôt exacerbé, tantôt critique et distancié sur les ethnies en présence : noire, blanche, indienne ou métisse.

Dylan Stark ressent toutes les violences d'un conflit mal éteint. Il fait face avec ses coups de cœur, parfois violents mais sans jamais céder au manichéisme, plus soucieux de traquer l'injustice que de restaurer la justice, une tâche qu'il estimerait illusoire.

Extrait de la préface (ou introduction) que j'ai rédigée pour Claude Lefrancq. Alors que le tome 1 néglige ce texte, le volume deux, intitulé DYLAN STARK.2 (collection VOLUMES LEFRANCQ), paru en janvier 1998, après force insistance de ma part, lui fait enfin une place.

jeudi 4 mars 2010

Pierre Pelot : Traces du cadre lorrain dans ses fictions









PIERRE PELOT :
LES TRACES DU CADRE LORRAIN
DANS SES FICTIONS ROMANESQUES

Aux antipodes de l’écrivain « régionaliste », Pierre Pelot, « né et vivant toujours » dans la vallée de la Haute-Moselle, avoue cependant son attachement pour ce pays d’arbres et de montagnes « au dos rond », bien présent dans de nombreuses fictions. C’est là qu’il conçoit et écrit ses histoires, parfois arrachées « au bec des corbeaux ».

UNE ŒUVRE POLYMORPHE
Avant d’aborder le vif du sujet, des précisions s’imposent sur l’œuvre de Pierre Pelot.
Il écrit des romans westerns au début de 1966, dès La Piste du Dakota, juste avant la série Dylan Stark, forte d’une vingtaine de récits. Il y eut d’autres romans « américains ». Ce n’est qu’après avoir écrit près d’une trentaine de récits que Pelot introduit des aspects du cadre lorrain, dès 1972 avec Les Etoiles ensevelies et dans les romans contemporains pour adolescents, par exemple, Le Pain Perdu, Le Coeur sous la cendre (1974). Peu à peu, Pelot a appris à regarder autour de lui, à se débarrasser de l'exotisme du western pour parler directement de ce qui l’entourait.

Parallèlement paraissent une soixantaine de romans de science-fiction ou de récits fantastiques, des cycles ou séries de S-F. Pelot diversifie les genres en abordant polars, thrillers, romans noirs, tel L’Eté en pente douce (1980). Ajoutons les récits de « paléofiction », dont la fameuse saga en 5 tomes, Sous le vent du monde (1997-2001). Outre des novélisations (comme Hanuman ou Le Pacte des loups) et des scénarios de films, de téléfilms, de bandes dessinées (H.A.N.D.), d’émissions de radio, quelques pièces de théâtre, l’écrivain est entré dans la littérature générale, ce qui signifie seulement que des romans, publiés dès la fin des années 80, ont assez de succès pour que l’œuvre de Pelot échappe aux étiquettes et élargisse son lectorat.

Ces romans s’inscrivent dans un cadre lorrain, depuis Ce soir les souris sont bleues (1994) jusqu’à Méchamment dimanche (2005) ou partiellement L’ombre des voyageuses (2006), en passant par l’incontournable C’est ainsi que les hommes vivent en 2003.

Pierre Pelot a publié à ce jour 180 romans appartenant à tous les genres. Dès lors, il faut avouer que l’on se soumet d’abord à un double réflexe de réduction quand on veut évoquer dans son œuvre les indices d’un cadre historique ou géographique lorrain et quand on leur donne plus d’importance que l’intrigue des récits d’un « raconteur d’histoires ».

Moins du quart des romans empruntent à la Lorraine ou à ses franges comtoises et alsaciennes des éléments dans une partie ou la totalité du récit. Une quinzaine paraissent dans des collections pour la jeunesse, une trentaine dans les collections pour adultes.

UN CADRE LORRAIN QUI GARDE UN INTERET ROMANESQUE AUJOURD'HUI
Surtout depuis la publication remarquée en 2003 de C’est ainsi que les hommes vivent, et déjà depuis une vingtaine d’années, nul n'est censé ignorer le fait.
Dès 1987, il y eut Elle qui ne sait pas dire je, traversée des Vosges du Sud au Nord, de « La Montagne », petit bourg de la Haute-Saône, aux petits hameaux du nord de Baccarat, en passant par Remiremont. Puis, Si loin de Caïn (1988) emmène le lecteur de la vallée de la Haute-Moselle jusqu'à un chantier de bûcheronnage près de Servance.
(Fig. 1 : Premières éditions de romans « vosgiens », Cliché R. Perrin)
Dans Le 16e round (1990), un boxeur septuagénaire affronte l'échéance finale dans une maison proche du village de Fresse-sur-Moselle. C'est aussi un destin tragique qui attend Catherine Tolviac : Une Jeune fille au sourire fragile (1988) qui débarque en novembre sur le quai de la « minuscule gare » de « Ramont », entre Remiremont et Bussang.

Début 1994, Ce soir, les souris sont bleues, « Une histoire d'autochtones et de touristes», survient dans un écart du village de l'auteur, rebaptisé le val de Goutte Cerise.
Petit éloge de l’enfance (chez « Folio », Gallimard en 2007) extrait de ce récit, Cinq-Six-Mouches, le jeune « galichtré » parti faire une fugue, (croit-il en Haute-Saône mais il ne dépasse pas un étang de la vallée de Presles), pour photographier des hérons.

Il arrive que la lucidité du personnage principal, celle de François Dorelli dans Une autre saison comme le printemps (1994), jette une lumière crue contemporaine sur le village emblématique :
« Il regardait le village (…) et les nouvelles constructions hideuses. Des voitures et les premiers camions de la circulation routière quotidienne roulaient sur la route nationale. Il n’y avait personne devant les maisons, fort peu de piétons dans les rues visibles du village (…) ». (Une situation qui n’a fait qu’empirer depuis).

D’ailleurs, en 1992, dans Colère de renard, Pelot écrivait : « Je me souviens d'un temps, (…) pas si lointain, où mon village avait encore visage regardable (...) où cette vallée, protégée par les montagnes assises comme de grands chiens tranquilles, était belle. »
Inutile pourtant de plaquer sur Pelot le cliché de l'écrivain régionaliste.

« TOUT, SAUF UN ECRIVAIN REGIONALISTE »
Le personnage romancier de Natural Killer (1985) qui n’a « pas voulu quitter Utah-sur-Vosges » se plaint : « Ils sont venus ensuite me parler de « mes racines vosgiennes », de mon « attachement au pays ». Si le romancier se reconnaît des racines, - aux antipodes du nationalisme barrésien -, cet homme volontiers anarchiste admettra tout au plus son identité de « terrien » et de « montagnard ».

Jean-Paul Germonville, le rappelait dans L'Est Républicain, publié le 8-8-88, (en hommage aux Vosges) : « Pelot est tout, sauf un écrivain régionaliste. Son goût de la liberté et son horreur viscérale de la simple notion de frontières l'ont toujours éloigné de ce type de préoccupation. »

Alors, pourquoi Pelot a-t-il évoqué les Vosges ? En 1976, il avoue : « Il m'était complètement impossible de décrire un paysage d'ici mais j'étais dans les Montagnes Rocheuses avec une facilité incroyable ». Quand Marabout interrompt les Dylan Stark, paraît en 1972, le premier roman vosgien, Les Etoiles ensevelies. Cette transposition d'un synopsis pour Dylan Stark, permet au paysage du Nouveau Mexique de faire place aux crêtes semées d'étangs de la Haute-Saône enneigée. Dylan Stark est remplacé par un émigré espagnol et un jeune Indien par un enfant comtois fugueur.

DES INCURSIONS DANS LE PASSE
Si, dans la plupart des récits « vosgiens », l'époque décrite est souvent contemporaine de l'histoire, il y a des incursions dans un passé géologique lointain. Donnons un exemple.
Suicide, au huis clos infernal dans une ferme vosgienne, évoque avec le lyrisme des meilleurs géographes la naissance des montagnes :
« Il y avait quelques millions d'années de cela, la Terre avait fait le gros dos. Elle avait frissonné, gémi, hurlé dans les douleurs d'un fantastique enfantement. (…). des montagnes avaient grandi tout comme d'autres s'étaient transformées en vastes plaines. Ainsi s'étaient dressées les Vosges, comme d'autres plissements tout aussi vieux, tout aussi vénérables (...) ». Et Pelot d'évoquer alors les hommes qui vivent dans les vallées, « cicatrices du grand chambardement ».
La Peau de l'orage (1973), roman fantastique qui mêle passé et présent, fait revivre la naissance du village montagnard sur les Braqueux, au XVIIIe siècle. « En pleine forêt, ceux qui dressèrent les maisons, dans le début, étaient des équipes de bûcherons suédois. Les bûcherons ont trouvé femmes dans les villages des alentours, ils ont fait souche et se sont fixés. Ensuite sont venus les charbonniers, souvent avec femmes et enfants. Puis, plus tard, des vanniers de n'importe où qui se fixèrent là. »

Le grand oeuvre C’est ainsi que les hommes vivent développera davantage l’existence de ces mineurs et de ces charbonniers qui donneront leur nom à la vallée. Ce village, déguisé en Vizentine-sur-Agne, dans Je suis la mauvaise herbe (1975), revit les années 1920 à travers le destin d'un colporteur hors du commun.
(Voir plus haut, Fig. 2 : Parmi les premiers romans « vosgiens » dans les collections juvéniles, Cliché R. Perrin)

Grâce à Bastien, l'ouvrier retraité qui, Le Cœur sous la cendre, se souvient, on plonge dans un temps un peu plus reculé, celui « d'avant 1914, alors que la frontière passait à quelques kilomètres du col de Bussang, et que les vieux, aux veillées, racontaient des histoires de contrebandiers. »
On bondit de vingt ans avec Paulin, lorsque s'apprêtent à tomber Les Neiges du coucou (1976). Paulin se souvient de 1936, « quand l'usine a fermé ses portes, quand les patrons renvoyèrent les syndicalistes, (...) quand lui chantait, l'Internationale, gamin. ». « On coupait les arbres à la hache et au passe-partout. On débardait avec les bœufs. Les scieries (...) chantaient la chanson du haut-fer. »

RONDEURS, BOSSES ET PENTES DOUCES, DES CONSTANTES DU PAYSAGE VOSGIEN PELOTIEN
Ce qui fascine le regard du narrateur, c'est la montagne qui lui fait face chaque matin. Celle que Bastien observe dans Le Cœur sous la cendre : « Des montagnes rondes, bossues, des montagnes à sapins, pareilles à toutes les autres qui cernent la vallée. Mais (...) tellement proches (...) comme si, brutalement, il leur venait des ambitions de Mont Blanc ».

Ce qui est constant, c'est la notion, (toute féminine et sensuelle), de rondeur ou de rotondité, Ces formes attendrissantes inspirent l'image des « montagnes aux pentes douces qui enfermaient les vallées » ainsi que les observe Une jeune fille au sourire fragile. Dans Fou comme l'oiseau (1980), « le chemin sciait en pente douce tout le coteau du Bas-Haut » et la même image s'impose plusieurs fois, évidemment, dans L'Eté en pente douce, titre astucieux, voire génial, qui naît autant du sens poétique que de l'observation des paysages.

Ce qui rompt l’harmonie des courbes et des lignes douces, ce ne sont ni « les murets, les barrières de pierres sèches », qui délimitent les essarts et les champs de pâture, ni les « quelques grappes de maisons-jouets ». Ce sont plutôt « les usines (...) avec leurs toits en dents de scie qui grinçaient dans le paysage, avec leurs hautes cheminées de briques, comme des pieux dans le cœur de la bête ». C'est du moins l'opinion de Paulin dans Les Neiges du coucou.

Un montagnard ne peut envisager la description d'un massif sans imaginer son ascension. Prenons le seul exemple du fameux Ballon d'Alsace gravi en fait, par l'écriture, à toutes les saisons. Au printemps, c'est Chip, Fou comme l’oiseau, qui escalade la longue route en voiture. La neige est encore présente : « elle bordait chaque côté de la route en lacets de hauts bourrelets durs, gelés... ». La récompense, c'est la vision du sommet : « La crête, tranchée net comme par un coup de sabre gigantesque, était vierge de toute espèce de végétation de taille humaine ».

LE VILLAGE DE SAINT-MAURICE-SUR-MOSELLE, NOMME, CACHE OU REBAPTISE...
Dans Elle qui ne sait pas dire je, on rencontre ce malicieux dialogue (p. 87) :
« - C'est où que vous habitez ?
Il le lui dit.
Elle demanda :
- C'est où, A côté de quelle ville ?
Il le lui dit.
Ensuite, elle garda le silence.
»

Pelot aime jouer à cache-cache avec les noms de lieux, en particulier avec celui de son village qu'il rebaptise Vizentine-sur-Agne, les Deux Ballons, Les Fenaisces ou Saint-Bernard-du-Vallon, Le Cratère ou le Village du Bord, Saint-Mihiel ou Saint Hiel. On trouve aussi Vize-sur-Agne, Maur-sur-Agne ou Saint-Benoît-sur-Agne, des noms qui rappellent qu’il s’agit bien de fictions.

Si Saint-Maurice est clairement nommé dans Le Pain perdu et Le Cœur sous la cendre ou Ce soir, les souris sont bleues, le hameau est évoqué sans être cité, ou remplacé par un nom d'emprunt ou décrit par le truchement d'un lieu-dit dans une vingtaine d'ouvrages. Seule une connaissance géographique de la Haute-Moselle, (et encore ! ), permet de retrouver la colline du Braqueux, la vallée de la goutte du Rieux ou les roches de Morteville.

Voir, plus haut, Fig. 3 : Le village en étoile de Pierre Pelot, cliché R. Perrin.

UN LIEU SYMBOLIQUE : LA GARE
S’il est un lieu mythique pour le romancier, voyageur immobile - c'est bien la petite gare du village -. exemple symbolique qui témoigne de l'inexorable dégradation d'une région déclinante au fil des ans.

Voir, plus haut, Fig. 4 : a, b, c, Métamorphoses d’une petite gare, Clichés R. Perrin

Comme elle était vivante pourtant, cette gare quand « les seuls bruits [qui] montaient venaient de la halle (…), où des voituriers devaient charger un wagon : on entendait cogner les quartiers de bois et les billes sur le fond métallique ou contre les parois ». Mais c'était en 1920, au temps du colporteur Brice Gallet !

En 1974, Lou Carmaux, à la recherche du Pain perdu, observe la gare quittée douze ans plus tôt. C'est « la même quoique peut-être plus écaillée dans son maquillage jauni ». Deux ans plus tard, Lorrain, Le Pantin immobile et voyageur clandestin remarque « Le quai. Vide et blanc. La gare elle-même, avec son crépi de façade qui fichait le camp par grosses plaques ». « le panonceau frontal » a disparu. « Mais l'horloge ronde était encore là. »

En 1983, pour les voyageurs de La Nuit sur terre, c'est un triste spectacle : « La gare de Saint Hiel n'était plus en fonction. Elle se trouvait au nombre des sacrifiées sur la ligne Remiremont-Bussang, pour cause de non-rentabilité (...) ». En plus du panneau frontal, on a arraché « la grosse horloge ronde ... Des particuliers (…) avaient acheté le bâtiment de la gare pour en faire une résidence secondaire (...) ».

Depuis le 27 mai 1989, quand roula « le dernier des trains », on vit les mauvaises herbes et les arbustes pousser sur le ballast délesté des voies rouillées. (Fig. 2 : La voie désaffectée, cliché R. Perrin). Ensuite, vint la voie verte. Pelot n’a pas le cœur de poursuivre sa chronique après ces transformations irréversibles même si la gare réapparaît, contre toute attente, en 2007, dans Les Normales saisonnières bretonnes. L’essentiel n’était-il pas de faire de la gare le lieu symptomatique de la décrépitude inexorable de la région ?

L’usine textile aurait-elle pu remplir la même fonction ? On pourrait le croire en écoutant le vieux Caron, descendant d’un pionnier déchu, dans Les Caïmans sont des gens comme les autres (1996) : « Il y avait des usines un peu partout dans cette vallée et les environnantes sur le bord des rivières. Des tissages. Les trois quarts de gens travaillaient dans les usines, ça roulait plein pot, ça glissait comme sur du velours. Maintenant que tout se déglingue un peu partout, c’est dur d’imaginer une telle situation. Forcément. »

UNE ECRITURE SOUVENT VOUEE A LA PEINTURE DU MICROCOSME
En 1987, Pelot déclare : « Je me suis finalement rendu compte que le monde entier était à ma porte, dans les gens, la vie qui m'entourent. (…). Faulkner disait qu'il n'aurait pas assez de toute son existence pour s'occuper du petit timbre-poste que représente sa contrée. »

Au lecteur avide d'en savoir plus de recenser les notations sur les scieries où ont cessé « la chanson du haut-fer » et son « va-et-vient saccadé », sur les « cités » ouvrières aux « mêmes façades écaillées que l'on repeint tous les cinq ans aux frais de l'usine », « avec leurs ramées protectrices de vieilles plaques de fibrociment ».
Au patient géographe, laissons le souci de situer les « vallées secondaires » du village, les collines, les ballons, les étangs mystérieux et les rares lacs.

Pour résumer l’aspect du village, il suffit de prendre un peu de recul et de hauteur grâce aux Pauvres zhéros (1982) [magnifiquement adapté depuis en bande dessinée par Baru] : « Le village, vu du ciel, rappelait la forme d'une étoile à cinq branches. Il avait poussé au point de rencontre des vallées et s'était étendu, semant ses maisons le long des cours d'eau, toujours plus haut vers la source. La plus forte concentration d'habitations suivait bien sûr la vallée principale de la Moselle, (à peine rivière), et les axes jumeaux de la route et de la voie ferrée ».

Il est aisé d'identifier les cinq branches de l'étoile : deux sont constituées par le cours amont de la Moselle et le bras en aval. Les trois autres sont données dans Suicide : « La Feigne [ou Faigne], Presles, les Charbonniers » [ou vallée de l'Agne], cette dernière se subdivisant elle-même en vallées secondaires. Cette immense vallée ramifiée est la préférée du romancier. Ne lui a-t-elle pas fourni ses deux pseudonymes de Suragne et de Carbonari ?

Mais si l'on y suit Bastien pour découvrir « Les Feignes », on arrive dans la triste « réserve ». C'est là qu'échouent les retraités parqués pour céder leurs logements ensoleillés du centre du bourg à des ouvriers encore productifs Cet écart n'est qu’une partie de l'immense vallée des Charbonniers, dominée par « les masses rondes et boisées » des Braqueux.

Dans le récit fantastique, La Peau de l'orage, c'est sur cette éminence que l'on situe le premier hameau : « Il y a (...) deux cents années pour le moins, alors que la vallée était vide de village, nue comme ma main, c'était là-haut, sur les Braqueux, qu'il était le village. (...) »

GENESE DU « GRAND OEUVRE »
Et cette histoire tient tellement à cœur à Pelot qu'il a envisagé, depuis vingt ans et surtout depuis 1994, d'écrire l'immense saga, du XVIIe siècle à nos jours, d'une famille d'origine suédoise installée en ces lieux. Le projet mûrit lentement, se modifie et nécessite un énorme travail d’archives, doublé de patientes recherches linguistiques et historiques. Il est interrompu par la rédaction des cinq tomes de la saga Sous le vent du monde, et par l’accident cardiaque dont Pelot est victime après la tempête de décembre 1999. L’aboutissement est, après deux années d’écriture, le long récit : C’est ainsi que les hommes vivent, publié en août 2003. Ce roman de plus de 1100 pages est une longue enquête entreprise en 1999, sur des faits tragiques qui se sont déroulés au XVIIe siècle. L’essentiel est dans l’insertion de personnages originaux et surprenants, « désensevelis » de l’Histoire de la Lorraine et suivis dans leurs métamorphoses identitaires, aventureuses et douloureuses. Pelot développe deux trames parallèles dans deux univers historiquement très différents, celui des intrigues et des troubles du duché de Lorraine au XVIIe siècle et l’époque contemporaine, non moins exempte de turpitudes.

Au début du XVIIe siècle, une paysanne lorraine est brûlée comme sorcière, après avoir donné naissance à un garçon, Dolat, recueilli par les dames chanoinesses de l’abbaye de Remiremont. Apolline d’Eaugrogne, issue de la haute noblesse, devient sa jeune « marraine ». Elevés ensemble, ils vivront une relation passionnée mais Dolat, à douze ans, quitte l’abbaye. Adopté par « Maman Claudon », il devient l’apprenti d’un apiculteur. Dénoncée pour complot contre Catherine de Lorraine, contrainte de fuir vers la Franche Comté, Apolline appelle Dolat à son secours. Les amants traqués se réfugient dans les forêts, au-dessus de Saint-Maurice. La Guerre de Trente ans les sépare...

En 1999, le journaliste Lazare Grosdemange, rescapé d’une attaque cardiaque malmenant sa mémoire, revient dans son village de Saint-Maurice où sa mère vient de mourir. Ce deuil le conduit à fouiller les archives familiales et locales, à entreprendre une enquête historique qui le mène sur les traces d’un ancêtre bagnard et sur la piste d’un trésor lié à l’aventure de Dolat et d’Apolline...

Des investigations pointues permettent de reconnaître, dans d’autres récits, Le Thillot et Remiremont, qui ont en commun leurs rues aux arcades, Fresse-sur-Moselle, Bussang et ses scieries, Château-Lambert, petit hameau de la Haute-Saône déguisé en Pierre-Fendre ou en Château-Lamay, Dans cette Franche-Comté voisine, apparaissent furtivement Servance, Beulotte-Saint-Laurent ou La Montagne, village qui évoque les romans de Giono.

DEGUISEMENTS LEGITIMES ET BROUILLAGES DE LA FICTION
Le romancier n'est pas soumis à la même rigueur que celle des géographes. Pour la nécessité logique du récit, il bouscule les montagnes. Par exemple, dans Le Ciel fracassé (1975), depuis Bussang, Adrien « le déserteur » et son amie Célia ne traversent que « deux villages endormis », (Bussang et Le Thillot), avant le « col raide [qui] menait en Haute-Saône ». Le narrateur a donc escamoté les villages superflus de Saint-Maurice et de Fresse.

Pelot s'amuse d'ailleurs aux dépens de lecteurs trop pusillanimes. Relisons la présentation de La Forêt muette (1982) : « Le Cul de la Mort est un endroit qui ne figure pas nominativement sur les cartes d'état-major ou autres ; même le très sérieux Institut géographique national a choisi, semblerait-il, de l'ignorer. » Inutile de suivre sur la carte au 1/25 000 ème, les personnages égarés dans les roches de Morteville, parmi les étangs fangeux de la Haute-Saône, dans les méandres du Col de Bussang ou de la route des Ballons.

ATMOSPHERE ET PARLER LORRAIN
Seul Pierre Pelot pouvait imposer à toute la francophonie des mots du patois local vosgien ou des régionalismes lorrains. La ferme vosgienne ancienne revit avec son bardage de bois, sa charpente couvertes d’essentes ou d’essies, ses portes de bouachrie, son charri avec le bruit de la gouliche et l’entassement des « charpagnes » tressées ou des « tacounets » où séchent les oignons ou les échalottes, voire la bérouette ou le béro. A l’intérieur, qui n’a pas vu la pierre d’eau, l’araignée de bois et ses ustensiles, le banc de pots rudimentaire et les sabots courte-gueule ? Peut-on encore ignorer les « fiounements » d'un chien-loup pleurnichard ? les « gaillots » engouffrés dans le poêle ? ou encore l'« épouvantail à counailles » !

Bûcherons et boquillons sont aussi souvent évoqués que les pistes de débardage et les tracés de schlittage. Gare aux « chablis » qui nuisent à l’exploitation des « tronces », des « grumes » pour aboutir aux « lognes », « rondins » « bracos » ou « quartiers » divers, rangés en stères !

UN SEUL VRAI PAYS
Le seul vrai pays dont veut rendre compte Pierre Pelot, « c'est le pays de ceux qui ne suivent pas, qui dérapent, qui débordent des moules », « C'est la montagne et non la ville ». Il devient le chroniqueur fantasmatique de ceux que l'on a privé de parole, d'écriture ou de mémoire(s) pour dire les difficultés de survivre de tous les « mangeurs d'argile », des « calamiteux », qu'une société urbaine isole, marginalise ou méprise.
Les personnages de Pelot ne sont pas des héros classiques. Ce sont des bûcherons, des sagards, des maçons, des menuisiers-charpentiers. ... Ce sont souvent des paysans ou des ouvriers du textile. On rencontre aussi des artisans, des employés de magasin, ou plus rarement des colporteurs, des brocanteurs ou des rebouteux. Plus généralement, il y a les exclus de tout acabit.

Pelot n'aime pas ceux qui occupent « un rang », « tous ces apôtres, écrit-il, qui nagent et pagaient dans leurs petites sphères étroites de pouvoirs et regardent de haut la piétaille ». Subjectif, il met en garde l'adolescent Tillix, désireux d'être explorateur, et qui « n'avait pas encore compris que les seules jungles qu'il pouvait être amené à découvrir étaient celle des métiers à tisser, dans le bruit infernal et la chaleur suante, que ses lianes seraient celles des courroies de transmission (...), que ses « sauvages » à pacifier auraient toujours le visage retors de certains contremaîtres ».

LES VOSGES « ADAPTEES » A L'ECRAN
Les adaptations télévisées ou cinématographiques montrent l'exactitude du regard et la précarité de lieux interchangeables. Les Etoiles ensevelies restituent l'atmosphère hivernale des étangs brumeux de la Haute-Saône, avec ses prés gorgés d'eau.

Le téléfilm Le Pantin immobile, adapté par Pelot lui-même, respecte scrupuleusement la topographie du roman, avec ses alternances de séquences tournées tantôt à Saint-Maurice, tantôt à Bussang. Il inclut des moments de cinéma-vérité, comme les feux de la Saint-Jean ou l'arrivée du train dans la fameuse gare, ornée d'une banderole indiquant : Saint-Maurice-Ballon d'Alsace.

Le téléfilm Le Pain perdu de Pierre Cardinal montre une ferme vosgienne typique, dont les bardeaux et les « esseaux » vont brûler. Des scènes ont été tournées à Saint-Maurice comme la bagarre près du mur supérieur du cimetière ou l'arrivée du car, de retour de la colonie, sur la place de l'église.

D'autres adaptations trahissent l'aspect secondaire du paysage. Ainsi, Fou comme l'oiseau de Fabrice Cazeneuve déplace les lieux frémis de l’action, en 1983, vers le hameau de Saint-Bresson en Haute-Saône. Il le fait sans que l'essentiel soit infidèle.

L'Eté en pente douce aurait pu être tourné dans les Vosges. La petite maison coincée entre deux garages- (déjà évoquée dans le roman Le Pain perdu ! )- était-elle trop évidente pour que Gérard Krawczyk lui préfère en 1987, celle d'un petit village du Sud de la France ?

LE SECRET (EVENTE) D’UNE OEUVRE
En fait, Les Hautes Vosges ont procuré à Pelot des odeurs, des senteurs essentielles dans son cheminement vers l’écriture. Non, ce n’est pas quand la rivière en furie et assassine retourne les billes de bois de La Drave (1970) ou les radeaux des bûcherons qu’elle importe le plus.

En fait, c’est la jeune Moselle estivale aux « pierres souvent découvertes », qui prime. C’est elle qui accompagne la révélation de son état d’écrivain après qu’il a refusé le chemin tracé par d’autres.
On l’apprend dans Le Ciel fracassé en 1975 à travers le personnage d’Adrien Levreau, « quatorze ans mal sonnés », « parti pour le centre d’apprentissage. Huit jours. (…) il était revenu. Il avait dit : « Je n’y retournerai pas ». C’était un samedi soir de septembre, en fin d’été torride. (…). [Adrien] était allé s’asseoir au bord de la rivière. Dans les odeurs de vase sèche et de soleil couchant. Il avait regardé couler l’eau maigre, entre les pierres découvertes par la sécheresse. Il était bien. »

Des éléments similaires apparaissent en 1980 dans Blues pour Julie : Jo Dague revient définitivement du Centre d’Apprentissage de la ville. « Il était allé s’asseoir au bord de la rivière. L’été était passé, sec comme un souffle d’enfer. Il ne restait qu’un faible filet d’eau qui zigzaguait entre les pierres recouvertes de vase séchée. Cela sentait le poisson mort et les mousses en putréfaction. (...)

Dans Méchamment dimanche, en 2005, le garçon Zan, né le même jour que Pelot, « regarda la rivière couler et laissa les odeurs de vase l’imprégner par tous les pores de son être. Ces senteurs chaudes lui firent prendre conscience de la baisse du niveau de l’eau. (…)
Ces « senteurs d’anciens assèchements sur les pierres découvertes par l’été », « mêlées à des odeurs de regains frais », on les retrouve en 2007, dans Paroles d’auteurs, La Lorraine. Pelot écrit :
« Le jour où j’ai compris que je ne pouvais qu’être écrivain doit bien exister. Mais je ne m’en souviens plus. Je me rappelle la saison et l’endroit et l’atmosphère : une retombée de septembre au bord de la rivière, dans les odeurs de vase d’un étiage sévère descendu bellement d’une canicule flamboyante. Le cul sur la berge à regarder couloter l’eau et me dire que non, non non non, « ils » ne m’obligeraient pas à faire ce qu’on fait à cet âge : prendre le départ avec les autres ».

Si l'on veut comprendre l'acharnement du romancier à vivre dans une. région et à en caresser, par les mots, ses aspects significatifs, on ne peut ignorer des fictions « d'autant plus vraies qu'[il] s'est donné la peine de les inventer » ? En fait, que lui ont surtout appris d’essentiel Les Vosges ou La Lorraine ? Qu’ « il y a des odeurs de vase sur les pierres d’une rivière qui ne s’estompent jamais » !

Notes et références :On trouvera une présentation à la fois différente et plus copieuse du même thème, sur le site ecrivosges, sous le titre : Pelot en pente douce et rondes bosses
Le même site propose : Le Lexique vosgien, les régionalismes lorrains et quelques traditions locales dans les romans de Pierre Pelot
Pierre Pelot et les Vosges : liste chronologique des romans « vosgiens »Les titres cités dans l’article étant fort nombreux, le lecteur curieux en trouvera les références en consultant trois sites possibles :
1) http://ecrivosges.2st.fr/
2) http://www.noosfere.com/ (Bibliographie commentée et par genres des romans de Pierre Pelot)
3) site personnel de Pierre Pelot : http://pagesperso-orange.fr/pierrepelot/

Après 2003, Pelot quitte les éditions Denoël et publie ses romans chez Héloïse d’Ormesson, [puis chez d’autres éditeurs].

Dossier publié dans :
Journées d’études vosgiennes
LE THILLOT LES MINES ET LE TEXTILE
2000 ANS D’HISTOIRE EN HAUTE-MOSELLE

Société d’Emulation des Vosges Société d’Histoire de Remiremont et de sa région
3e trimestre 2008