samedi 27 février 2010

Collection "Maïa" (Stock), à partir de 1926




"Maïa" : une collection internationale, reliée et illustrée avec goût (chez Stock, depuis 1926)
La très ancienne maison d’édition Stock, fondée en 1708, contrainte de vendre ses éditions en 1921, prend le nom de Librairie Stock, Delamain et Boutelleau en 1925. Un an plus tard, Maurice Delamain et Jacques Boutelleau (plus connu sous son nom d'écrivain : Jacques Chardonne), créent, avec Stock, la collection "Maïa", reliée et illustrée avec beaucoup de goût. La collection éponyme du personnage de Waldemar Bonsels publient d’abord Maïa l'Abeille et ses aventures (écrit en allemand en 1912), puis Peuple du Ciel, mettant en scène un elfe. Cette collection a pour ambition d'éditer « les beaux romans pour la jeunesse moderne », « de vrais livres copieux, captivant l'imagination sans la gâter ». En plus des Contes par Andersen ou ceux d’A. Wahlenberg, les jeunes lecteurs vont apprécier quelques récits animaliers, de Félix Salten dont on traduit Bambi le chevreuil, une vie dans les bois (écrit en allemand en 1923), ou de Colette, pour Histoires de Bel-Gazou, un recueil inédit de 1931. Parmi les autres titres, on relève, Trois petits enfants bleus de Geneviève Fauconnier(1886-1969), inspiré par un rideau en toile de Jouy, publié dès 1927. Claude Roen imagine le pèlerin minuscule, le dernier Nain de la forêt, Robin Pouceton. On mêle littérature française (par exemple, une adaptation du Roman de Renard par André Pézard en 1928, avec des illustrations osées pour l’époque), et littérature étrangère.

De nombreuses traductions
On y traduit, dès 1927, Kari l’Eléphant de Dhan Gopal Mukerji, illustré par Ionna Bassarab, et encore Emile et les détectives, écrit en 1928 par le romancier allemand Erich Kästner, traduit en 1931. Ouvrage policier novateur, il donnait le premier rôle au jeune Emile Tischbein, parti pour Berlin en train. Lors du voyage, il se fait voler son argent et poursuit le voleur, arrêté plus tard, grâce à l’aide d’autres enfants.
De Kästner, on traduit aussi en 1936, Petit Point et ses amis, publié dès 1931 en Allemagne. En 1937, la traduction du chef-d’œuvre du Hongrois Ferenc Molnar (1878-1952), Les Gars de la Rue Paul, constituera le 17e volume. Il conte les frasques de deux bandes de collégiens chahuteuses et rivales, à Budapest, au début du siècle. Cette histoire, si datée que Napoléon est encore une figure héroïque pour ces préadolescents, est constamment rééditée, tant ces jeunes gens demeurent des écoliers comme les autres.
Sept ans après l'édition originale aux Editions du Centaure, en 1931, est réédité L'Enfant dans la forêt de Madeleine Ley (dont on publie aussi les poésies de Petits voix, illustrées par Edy Legrand), l'année où paraît aussi l’histoire du Gaulois Ambor le loup de J.-H. Rosny.
Il faudrait encore citer Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll, La Caravane (des légendes orientales) de Wilhelm Hauff, Immensee de Théodor Storm, Une poursuite dans les terres de silence (dans l’extrême Nord de l’Amérique) par Stewart Edward White…
Perdurant après la guerre de 39-45, la collection "Maïa" propose toujours deux versions : la « Série A » s'adresse « à la jeunesse de 8 à 15 ans », la « Série B », « aux jeunes gens et jeunes filles de 12 à 15 ans ».

mercredi 24 février 2010

Serge Sauvion, "la voix de Colombo" dans un téléfilm de Pelot




Quand Serge Sauvion, « la voix française de Colombo », joué par Peter Falk, était acteur dans les Hautes Vosges…
C’était aux mois de mai et de juin 1984. L’équipe de FR3–Nancy menée par le Lorrain Michel Guillet s’était déplacée dans la vallée de la Haute Moselle, en particulier à Bussang et à Saint-Maurice. Elle réalisait le téléfilm, Le Pantin immobile, d’après l’adaptation que Pierre Pelot venait de concevoir en suivant fidèlement son roman homonyme.
A l’époque de la diffusion, le 22 mai 1985 (à 22 heures 25 !), Jeannick Le Tallec, dans Télérama, évoquait « l’histoire d’un rêve, brisé, d’une confiance trahie, la contradiction entre l’attachement au passé, aux racines et la soif d’un ailleurs ».
En effet, Lorrain, le routard (joué par Henri Deus), revient dans les Vosges avec son ami Sergio (interprété par Serge Sauvion) en lui faisant croire qu’il va l’emmener en Italie. Tandis que Lorrain s’arrête à Saint-Maurice sur-Moselle, son village natal, Sergio qui cuve son vin reste dans le train jusqu’à Bussang, cul-de-sac où il se fait quelques amis. Quand il se rend compte que son ami l’a trompé, quatre jours plus tard, il part le retrouver au feu de la Saint-Jean, sur la place de l’église et c’est le drame.

Serge Sauvion (décédé le 13 février 2010) joue le rôle de Sergio avec beaucoup de conviction et de concentration. Il fallait le voir, prostré des heures sur les marches de l’église de Saint-Maurice alors que la scène centrale ne survient que dans les premières heures du lendemain, quand le bûcher n’est plus que tisons et cendres.

L'hebdomadaire Télé Poche relève la sobriété de la réalisation : "Pas d'effets spectaculaires, mais une histoire toute simple, filmée simplement, sur l'amitié, les illusions de jeunesse et les dures réalités de la vie".
(voir "Vosges matin" du 18 février 2010)

LE PANTIN IMMOBILE : STRUCTURE DU RECIT, UN MONTAGE RIGOUREUSEMENT PARALLELE

LIEUX, JOURS, ACTIONS PRINCIPALES
MERCREDI
Epinal a) Lorrain et Sergio quittent Epinal pour
St-Maurice s/Moselle Remiremont en train de marchandises
St-Maurice s/M. b) Lorrain descend à Saint-Maurice subrepticement. Sergio, ivre, reste dans le wagon qui roule toujours
St-Maurice s/M c) Lorrain est invité par son ami Poli, dans la vallée de la Goutte. Le soir, il visite sa maison en construction.
Bussang d) Sergio se réveille dans le wagon, en gare de Bussang
Bussang e) Les bûcherons de la gare le renseignent
Au café, il brise un verre. Les gendarmes l’emmènent.

JEUDISt-Maurice s/M. a) Lorrain rend visite à Pierre, le romancier
St-Maurice s/M. b) Le soir, Poli rencontre Jacky qui prend des photos

Bussang c) Sergio, sortant de la gendarmerie, rencontre Isabelle et son ami Jean-Louis (connus au café.)
Tous trois pique-niquent.
Bussang d) Les trois amis rêvent de voyage en Italie...
VENDREDISt-Maurice s/M. a) Lorrain retrouve Josée et surtout Anne, sa soeur
beaucoup plus souriante et accueillante.
Bussang b) Sergio travaille à la scierie, mange chez Mado puis se couche, éreinté.

SAMEDISt-Maurice s/M. a) Lorrain aide Poli dans les travaux de la maison
Jacky apporte la photo et l'article du journal...
Bussang b) Sergio veut partir seul
Isabelle et Jean-Louis, déçus et amers, se disputent.
St-Maurice s/M. c) Le soir, Lorrain se rend au feu de la Saint-Jean
sur la colline, avec Anne.
Bussang d) Au café de Mado, Jean-Louis, ivre et déçu, lit à Sergio
l'article qui parle de Lorrain.

SAMEDI ET APRES....St-Maurice s/M. a) Lorrain et Anne filent le parfait amour.
Sergio, saoul, attend près de la place de l'église.
St-Maurice s/M. b) Au petit matin, après une discussion un peu vive, Sergio
frappe Lorrain et le tue, involontairement...

Collection "Jean-François" Les auteurs, les illustrateurs, les titres (D à V)







Collection "JEAN-FRANCOIS" - Editions Gautier-Languereau/Fleurus.

Cette collection est relativement peu connue, sans doute en raison de sa diffusion dans les seuls milieux catholiques : bibliothèques paroissiales, patronages, écoles privées, internats scolaires catholiques, séminaires etc.

Pour mieux la connaître, lire la présentation qui en est faite dans l'essai :
Fictions et journaux pour la jeunesse au XXe siècle (L'Harmattan, 2009) : pages 147 à 150.
Auteur, Illustrateur, Titre, date de parution :
René DUVERNE, Ill. Frédéric-Antonin BREYSSE : Le Lac sans fond (1950) Prépublié dans " C. V.", 1er semestre 1948.
René DUVERNE, Ill. F.-A. BREYSSE : La Percée des Mammouths Mountains (4e trim. 50) Prép. "Coeurs Vaillants" 1947.
René DUVERNE : Ill. F.-A. BREYSSE : L'Affaire des pétroles sous-marins (2e trim. 52) Prép. "C. V." 1er sem. 52
René DUVERNE, Ill. Noël GLOESNER : Atoll 72 (4e trim. 1953)
René DUVERNE, Ill. Pierre BROCHARD : Le Mystère du gouffre (2e trim. 1954)
Paul FABRICE, Ill. A. D'ORANGE : La Cargaison du "Léviathan" (1955) 1er Prix "Coeurs V." de litt. enf. en 55.
Ruth FORBES CHANDLER, Ill. Georges PICHARD : La Ferme aux Chinchillas (4e trim. 1962)
Yvonne GIRAULT, Ill. Pierre JOUBERT : La Horde (2e trim.1953) (1er roman d'Y. Girault)
Georges GRANDJEAN, Ill. PELLOS : La Guerre des éléphants (1956) (prépub. dans "C. Vaillants", 2e sem. 56 )
Georges GRANDJEAN, Ill. CYRIL : Le Secret des temples sans portes (3e trim. 1954)
Edward Buell HUNGERFORD, Ill. Pierre JOUBERT : L'Ile interdite (1er trim. 1955) trad. de l'américain.
L.-N. LAVOLLE, Ill. CYRIL : L'Emeraude du Grand Mogol (1956)
L.-N. LAVOLLE, Ill. BUSSEMEY : L'Onagre à la robe d'argent (3e trim. 1958) Prép. dans "A. V.", 1er sem.1957.
L.-N. LAVOLLE, Ill. Alain d’ORANGE: Nuno de Nazaré (1959) (Prix Enfance du monde, 1959)
L.-N. LAVOLLE, Ill. Alain d’ORANGE : Aventures sur le Nil (4e trim. 1962)
Thérèse LENOTRE, Couv. P. JOUBERT, Ill. J. P. PINCHON : Le Tambour d'Auzterlitz (2e trim. 1954)
LE SAUVAGE, (Robert FATOU), Ill. Alain D'ORANGE : Aventures aux Caraïbes (3e trim. 1960)
LE SAUVAGE, Ill. Pierre JOUBERT : La Diane de Rhodes (4e trim. 1955).
LE SAUVAGE, Ill. Pierre JOUBERT : Pétronille reprend la route (3e trim. 1959)
LE SAUVAGE, Ill. M. PREVOT : Fantôme à louer (1962)
André MAC-CORMICK, Ill. F.A. BREYSSE : L'Inconnu de la Chevrière (1952) Prépublication dans "Fripounet et Marisettte", 1950
Gilles MAGNY, Ill. Alain d’ORANGE : Le Passage oublié (1955)
P.-P. MAGUIRE, trad.-adapt de Y. GIRAULT, Ill. JAN-LOUP : A nous deux, Docteur Mellor ! 3e trim 1952
Guillemette MARRIER, Ill. Jean DROIT : Contrebandiers d'honneur [1955]
Rémi MAYAN, Ill. Pierre BROCHARD : Cadet de Provence (1er trim. 1954)
Jacques MIPE, Ill. Paul DURAND : H. U. 1 à Port-Goulphare (3e trim. 1955).
Jacques MIPE, Ill. CYRIL : Trident II en péril (3e trim. 1961)
Geneviève MOREL, Ill. JAN-LOUP : La Bague d'argent [1953]
Paulette MORIN, Ill. Noël GLOESNER : Enquête au collège (2e trim. 1960)
Max NICET (Maurice CHAVARDÈS), Ill. Pierre JOUBERT : Le Mystère de la Tour (3e trim. 1952)
Denyse RENAUD, Ill. Bernard BARAY : Le Fleuve aux Eaux Blanches (1er trim. 1956)
Bertrande de RIVIERE, Ill. Alain d’ORANGE : Le Tigre rugira cette nuit (1er trim.1954)
P. ROUGEMONT, Ill. Robert RIGOT : Le Signe sur le Sable (1950) Prépublié dans "Coeurs Vaillants" en 1947.
P. ROUGEMONT et Jean GUIDONI, Ill. Pierre JOUBERT : La Dame blanche (1951)
Louis SAUREL, Ill. Pierre JOUBERT : Montjoie ! Saint Denis (3e trim. 1957)
Henri SUQUET, Ill. M. DE LA PINTIERE : La Maison du Vent (1er trim. 1954)
Henri SUQUET, Ill. Raoul AUGER : S.O.S. Ici Paris ! (2e trim. 1954)
Félix SUTTON, Ill. G. PINCHARD : Le Dangereux Safari (trad. de l'amér.) (2e trim. 1961)
Georges TRAVELIER, Ill. J. GIRAUD et G. MOUMINOUX : Amérique An Mille (2e trim. 1959)
Claude VALETTE, Ill. CYRIL : La Fleur d'émeraude (2e trim. 1954)
Marcelle VERITE, Ill. CYRIL : Tempête sur Hong-Kong (vers 57-58)
Paul VIALAR, Ill. Pierre JOUBERT : Le Voilier des îles (1er trim. 1954)
Jean VIGNON, Ill. P. MARTY : Jimmy [1953]. Prépublié dans "Coeurs Vaillants", 2e semestre 1952.
Jean VIGNON, Ill. Alain d'ORANGE : L'Horloge de Tristeval (3e trim. 1954) Prép. dans "C.V." , 2e sem. 1953.
Jim VULPES, Ill. DUTRIAC : Le Perroquet en or (1950)
Jim VULPES, Ill. JAN-LOUP: L'Inconnu de minuit (1952)
Jim VULPES, Ill. JAN-LOUP : Le Trésor des Alaghirs (4e trim. 1955)

(86 volumes parus en 1962)

Collection "Jean-François" Les auteurs, les illustrateurs (1) (de A à D)







Collection "JEAN-FRANCOIS" - Editions Gautier-Languereau/Fleurus.
René d'ARNOULD et Jean BROSSES, Ill. Pierre DECOMBLE : Hurruguec le Naufrageur (1951) Prépub. dans "Fripounet et Marisette" en 1951.
Irène BALINSKA, Ill. André GALLAND : Le Camp secret (1950)
Paulette BLONAY, Ill. Georges PICHARD : Le Secret du bateau d'ivoire (2e trim. 1962)
Victor-Marie BONNARDEL, Ill. JAN-LOUP : Sur les Pistes du Sultan Bleu (1952)
Paul-Jacques BONZON, Ill. CYRIL : Le Voyageur sans visage (1958) (S-F)
Lucien BORNERT, Ill. Pierre MAGNIN : L'OEil de Feu (3e trim. 1960)
Philip BRIGGS, Ill. Jean. DROIT : A Dieu vat ! (1er trim. 1954) (trad. de l'anglais)
Philip BRIGGS, Ill. M. de la PINTIERE : Cap au Nord [1954]
Jean des BROSSES, Ill. Jean DROIT : Le Vengeur (4e trim. 53).
Jean des BROSSES, Ill. CYRIL : Vigilex. ou Le Secret de M. Philibert (oct. 1950)
Jean des BROSSES, Ill. Noël GLOESNER : Le Rébus de la Fontaine Ronde (3e trim. 1955)
Reginald BROWNE, Ill. JAN-LOUP : La Croisière de l'Astérion (1951) (S-F)
Roger BULIARD, adapt. Raymond LABOIS, Ill. Bernard BARAY : Nanouk (4e trim. 1956).
Thomson BURTIS, Ill. Raoul AUGER : Le Ciel infranchissable (2e trim. 1953). (S-F)
E. CAZARDES, Ill. Alain D'ORANGE : L'Inconnu du 5 septembre (1er trim. 1961)
Jacques CHABAR, Ill. JAN-LOUP : La Cité du serpent à plumes (1er trim. 1954).
Jacques CHEGARAY, Ill. Pierre BROCHARD : En bateau-stop autour du monde (2e trim. 1955)
Michel CLAIR, Ill. Pierre JOUBERT : N. K. mène le jeu [1953]
Jean CLAIR-GUYOT, Ill. [Henri] DIMPRE : Le Châtelain de l'Ile déserte 1956
Paul COGAN, Ill. CYRIL : La Crique au Calmar (1953)
Paul COGAN, Ill. Pierre DUPUIS : Les Mousquetaires du risque (Av. vécues). (1956)
Paul COGAN, Ill. CYRIL : Ouistiti et valises jaunes (1951)
Paul COGAN, Ill. CYRIL: La Tortue d'ébène (3e trim. 1952)
Paul COGAN, Ill. André GALLAND : Les Zoulacks gardent l'incognito (1950)
Paul COGAN, Ill. Alain d'ORANGE : Les Chevaliers du stade (1957) R. 64. Prépub. "C.V.", 57.
Paul COGAN, Ill. CYRIL : Les Pionniers de l'Espace (3e trim. 1959)
Paul COGAN, Ill. CYRIL : Les Volontaires du ciel (3e trim. 1958).
Maria de CRISENOY, Ill. CYRIL : Les Trois Tulipes (3e trim. 1961)
André DELOR, Ill. Noël GLOESNER : Le Révolté de Bethléem (1957) Prépub. dans "C.V.", 54.
DENIS-FRANCOIS, Ill. A. GALLAND : L'Appel de Vardecq (tome I et tome II) (1950) Prép. ds "C. V." 1er sem. 1949 R. 51
DENIS-FRANCOIS, [Denise HAMOIR], Ill. Alain d’ORANGE : Enigmes en héritage (1953)
DENIS-FRANCOIS, Ill. F. A. BREYSSE : Silence, on tourne (1954)
Yves DERMEZE, Ill. CYRIL : Les Diamants du Tanganyika (1952) Prépub. "Jeudi-Magazine", 1950.
Yves DERMEZE, Ill. Alain d’ORANGE : La Pierre Vivante (2e trim. 1958) (S-F)
Jean D'IZIEU, Ill. Pierre JOUBERT : Lumière sur la piste (1951) Prépub. "Coeurs Vaillants", 1950.
Jean D'IZIEU, Ill. Pierre JOUBERT : Les Onze de Thorslingen (4e trim. 1953) Prép. "Coeurs Vaillants", 1953
Claude DU BOUSQUET, Ill. Bernard BARAY : Les Seigneurs de la Jungle (2e trim. 1959)
Roger DUGENY, Ill. Pierre DUTEURTRE : Pierre le Corsaire (2e trim. 1960)

Collection "Jean-François" (Fleurus-Gautier-Languereau, 1950-1962)







Collection "Jean-François", (Fleurus & Gautier-Languereau, 1950-1962) : des romans inédits pour garçons
Voici le 12e épisode du "Cercle des collections jeunesse disparues"

En 1950, les éditions Fleurus s'associent à Gautier-Languereau, pour créer la nouvelle collection "Jean-François", (trop oubliée aujourd'hui). Grâce à ses journaux et à la puissance encore forte de l'Eglise, Fleurus diffuse d'abord la collection dans les milieux catholiques bien que son contenu ne soit pas idéologiquement religieux, avec cette nuance que plusieurs auteurs appartiennent au clergé, (tels les abbés Paul Rey, alias Jean d’Izieu, Henri Guesdon, alias Pierre Rougemont). Ce qu'elle propose avant tout, ce sont « des romans d'aventures aux mystérieuses péripéties et aux captivantes énigmes ». De 1950 à 1962, elle va proposer environ 86 récits illustrés en couverture et à l’intérieur. Ces récits sont très variés dans les thèmes et les lieux de l'action internationaux. Surtout, elle sollicite des auteurs habitués à écrire pour un public jeune, ouverts sur un avenir que l'on imagine délibérément optimiste.
On fait d'abord appel à des « auteurs-maison » qui prépublient parfois leur roman dans les journaux édités par Fleurus (Pierre Rougemont, Jean d'Izieu, Jean des Brosses, Jean Vignon, André Delor, de son vrai nom André Losay, 1913-1984…
Quelques récits portent leur lot d’exotisme.
Outre F.-A. Breysse, Pierre Brochard, Alain d’Orange, (pour 10 récits), Bernard Baray…, les illustrateurs sont souvent des artistes de la « maison », tels Jan-Loup, Cyril, Maurice de la Pintière, Noël Gloesner, Roger Bussemey, Robert Rigot, Pierre Joubert, (11 récits illustrés), voire Jean Giraud (futur auteur de Blueberry) et Mouminoux… Notons aussi les dessins d’André Galland, Georges Pichard, Henri Dimpre, Dutriac, Paul Durand, Pierre Duteurtre, Pierre Dupuis, Raoul Auger…
Plusieurs récits, parce qu’ils sont des romans policiers, un genre à peine toléré chez les adultes, aggravent leur cas en mettant en scène des enfants-enquêteurs et suscitent d’abord des commentaires sévères et négatifs de la part des « prescripteurs » de l’époque.

René Duverne et les aventures de Fifrelin
René Duverne (Lure en Haute-Saône, 1893-Aix-en-Provence, 1974) choisit pour héros d’une trilogie, l’adolescent acrobate Fifrelin, aidé de son pigeon Dolly et de son ancien camarade de piste au cirque Mouche, un jongleur annamite. C’est ce qui rend un peu moins invraisemblables certains exploits extraordinaires accomplis au cours des enquêtes qui mènent les héros de La Percée des Mammouths Mountains (1950), en Amérique du Nord, jusqu’à L’Affaire des pétroliers sous-marins (1952), en passant par Le Lac sans fond (1950), en Afrique du Sud. Les trois épisodes illustrées par Frédéric-Antonin Breysse ont été prépubliés dans l’hebdomadaire Cœurs Vaillants en 1947, 1948 et 1952, (mais certaines illustrations du journal ont disparu lors de l’édition en volume). René Duverne est aussi l’auteur du roman d’aventures, Atoll 72 qui associe chasse au trésor et invention d’une « lentille » sous-marine facilitant les explorations en grande profondeur.
Les romans qui ont pour thème la guerre ou les conflits suscitent autant de réserves que les policiers, s’ils n’évoquent pas le dernier conflit mondial. Ainsi, deux récits de 1953, superbement illustrés par Pierre Joubert, Les Onze de Thorslingen de Jean d’Izieu qui opposent Gaulois ou Germains aux Huns qui menacent leurs cités et La Horde de Yvonne Girault où est mis en action le jeune et sauvage Gengis Khan, sont parfois déconseillés. Autre roman à trame historique, Le Tambour d’Austerlitz (1953) de Thérèse Lenôtre raconte l’histoire du jeune Gilbert, engagé dans les armées impériales napoléoniennes.
Le Ciel infranchissable de Thomson Burtis aurait le double tort de se situer vers l’an 2000 et de montrer un grand avion américain (dont les pilotes ne sauraient être que des « guerriers »), stoppé dans le désert par un rayon fantastique ! Le titre presque anodin parce que faussement historique, La Cité du serpent à plumes (1954) de Jacques Chabar cache habilement l’aspect insolite du récit qui frôle le fantastique. Deux Français installés au Mexique découvrent un manuscrit attestant l’existence de survivants des anciens Mayas dans une cité mystérieuse. Leur recherche désintéressée sera récompensée.
Notons que la collection s'ouvre à des auteurs ayant des éditeurs « laïques » qui usent. Le plus « œcuménique » de tous est sûrement Claude Appell. Directeur de la revue laïque Terre des jeunes, il est seul à publier huit récits de 1950 à 1959, dans "Jean-François", sous le pseudonyme de Paul Cogan. On y rencontre quatre romans de L.-N. Lavolle, autre auteur « œcuménique », future romancière des éditions de l'Amitié.

De nombreux récits maritimes
La collection est d’ailleurs riche en récits et aventures maritimes. On relève en effet, Hurruguec le naufrageur (1951) de René d’Arnould et Jean des Brosses, Adieu vat ! et Cap au nord (ou les aventures d’un orphelin parti dans les mers arctiques), de Philip Briggs, En bateau-stop autour du monde (1955) de Jacques Chegaray, Le Beau Corsaire (1956) de Renée Tramond, La Cargaison du Léviathan de Paul Fabrice, Pierre le corsaire (1960) de Roger Dugeny, Aventures aux Caraïbes de Le Sauvage, etc.
Paul-Jacques Bonzon, en 1958, trois ans avant sa série Les Six compagnons, livre Le Voyageur sans visage, quand le jeune Sylvain, rendu invisible par un savant tué dans l’expérience, est contraint d’aller jusqu’en Amérique du Sud pour redevenir lui-même. Georges Bayard, futur auteur des Michel, chez Hachette, sous le pseudonyme de Georges Travelier, propose : Amérique An Mille, racontant la découverte au Groenland, par les Normands, en 999, de terres habitées par des tribus indiennes. Yvonne Girault, traductrice de plusieurs récits, a trouvé là son premier éditeur (pour La Horde). Le romancier populaire Paul Bérato, (alias Paul Mystère), propose deux récits d’Yves Dermèze : Les Diamants du Tanganyika et La Pierre vivante, une pierre dont les irradiations bouleversent la vie de jeunes campeurs et d’un géologue. Le Ciel infranchissable de Thomson Burtis et La Croisière de l'Astérion de Reginald Browne, (alias Edwy Searles Browne, 1889-1965) flirtent avec le même genre conjectural.
Autre romancier populaire, Henri Suquet publie La Maison du vent et sa mystérieuse armure moyenâgeuse et S.O.S. Ici Paris !, utilisant des technologiques surprenantes pour confondre un coupable.
Pour une présentation plus complète de la collection, lire Fictions et journaux pour la jeunesse au XXe siècle (L'Harmattan, 2009) : pages 147 à 150

mardi 23 février 2010

Cercle des collections disparues : récapitulatif

Le Cercle des collections jeunesse disparues : récapitulatif chronologique
Pour ceux qui pensent qu’un peu de clarté pourrait rendre ce blog plus « lisible » et plus utile, voici un premier récapitulatif chronologique des collections jeunesse disparues, présentées depuis le mois de janvier 2010.

- Collection "Contes et romans pour tous" (Larousse, 1928-1936) : 21 février 2010

- Collection "Aventures et voyages" (Nathan, 1929-1948) :
20 février 2010

- Collection "Plein Vent" : pour les adolescents, à partir de 1966 : 4 février 2010

- Collection "Bibliothèque Internationale", : une référence (1966-67) : 5 février 2010

- Collection "Olympic", une collection de qualité étrangement ignorée (1967) : fin janvier (1) et début février (2) 2010

- Collection "Jeunesse poche" (Hatier-G.T. Rageot) : Une des premières collections de « poche » : 16 février 2010

- Collection "Travelling" (Duculot, 1972) ouverte sur le monde actuel des « ados » : 13 février 2010

- Collection "Les Chemins de l'Amitié" (Editions de l’Amitié), pour les nouveaux adolescents dans un monde contesté et en mouvement (1973) : 12 février 2010

- Collection "Grand Angle" (G.P.), pour des adolescents préoccupés par leur époque (1974) : 11 février 2010

- Collection "Aux quatre coins du temps" (Bordas, 1978) : collection de poche multigenre à deux niveaux : 15 février 2010

- Collection "Les Fantastiques" (Magnard) (1996-2003) : 19 février 2010

Evidemment, d’autres collections du XXe ou du XXIe siècle vont suivre…

dimanche 21 février 2010

Collection "Contes et romans pour tous" (Larousse, 1928-1936...)





La collection « Contes et romans pour tous » (Larousse, 1928-1936)

Nouveau membre du "Cercle des collections disparues", la collection "Contes et romans pour tous", publiée chez Larousse dès la fin des années, mérite bien de rester dans les mémoires.


Larousse publie en fait deux séries. La série « beige et or » propose aux « aînés » des « romans modernes inédits » (par exemple Le Naufragé de l’espace et sa suite, L’Astre d’épouvante de Gustave Le Rouge (1867-1938), considéré alors comme « le Prince du fantastique « ou « le Wells français ») et Le Grand cataclysme d’Henri Allorge).
La « série rouge et or » (pour la jeunesse) est constituée de 27 volumes publiés de 1927 à 1936. (La reliure rouge est couverte d’une jaquette mobile souvent disparue aujourd’hui.)

Derradji, fils du désert

Paraît d’abord l'histoire d'un jeune Arabe Oranais envoyé en France : Derradji, fils du désert de René Maublanc, en 1927 (l’Algérien prépare l’agrégation d’arabe à l’Ecole normale supérieure de Paris). Ce récit est suivi d’Yvonne au pays de Derradji, quand cette jeune Française rend à Derradji sa visite effectuée trois ans plus tôt et découvre à la fois la richesse historique et l'âpreté de la terre africaine. Est-il nécessaire de préciser que la sympathie commune se mue en une « tendre amitié » ? René Maublanc (1891-1960), écrivain progressiste, fut un précurseur en France des poèmes haikaïs.
Pour saisir l'importance de ces romans à l'époque, lisons Mathilde Leriche. Elle écrit en 1931 : « Avant d'arriver à un roman si vivant et si joliment analysé comme Derradji et Yvonne au pays de Derradji, combien de nullités, de fadaises, et d’œuvres mauvaises faut-il lire !».
C’est une autre Afrique coloniale qu’évoque Le Targui au litham blanc de P. Demousson, puisque l’on fait de ce chef « un pillard africain », opposé à un savant français dont les inventions font (évidemment) « merveille » !

De nombreux récits d’Henri Bernay
En fait, les jeunes lecteurs actuels seraient sans doute davantage sensibles à plusieurs ouvrages qui se rattachent parfois à la S-F ou au fantastique, tels ceux d'un imitateur de Jules Verne, Henri Bernay (en fait, Auguste Thomazi, 1873-1959). Il fournit à la collection plus d’une dizaine de récits. Mais il faut distinguer ceux qui sont plus ou moins conjecturaux ou scientifiques et les autres. Dans La Pastille mystérieuse (1927), Bernay évoque la désintégration de l'atome et
son récit, On a volé un transatlantique (1928), joue sur l'esprit de suggestion démoniaque, acquis grâce au condensateur du savant Nurdos, produisant des « rayons Lambda ». Bernay aurait alors pu suggérer une réflexion sur les pouvoirs dictatoriaux en gestation à l’époque. (L’ouvrage bénéficie d’illustrations intérieures de M. Lemainque). L'Homme qui dormit cent ans (1929) fait aussi le procès de la science et des débordements dus aux progrès techniques. Dans Le Secret de la Sunbeam Valley, si l’on voit la science transformer le désert en oasis, le récit met surtout en évidence la cupidité humaine. D’autres romans : La Montagne du silence (en pleine Afrique), La Fortune errante (entre un vieil oncle et son neveu), Les Chasseurs de papillons (en Amazonie) ou Le Scolopendre (sorte de train chenille qui pénètre partout), Le Dragon volant, L’Armure du Magyar (dans les Karpathes), privilégient l’aventure.

L'anticipation naïve perce encore dans le récit d’E. de Riche, Le Raid fantastique, que l’on croit parti vers la planète Mars. En 1927, Urfa, l'homme des profondeurs, mi-homme, mi-poisson d’un monde souterrain, de Jean de Kerlecq, n'est pas moins étrange.
Auteurs connus et feuilletonistes dans Le Dimanche illustré, Charles Quinel et Adhémar de Montgon, proposent en 1931 l’histoire d’un orphelin déshérité: Bob et son chien Médard. De Francisque Parn paraît encore La Bête dans la neige (cachée dans le Nord canadien).

Collection "Aventures et voyages" (Nathan), ouverte sur les mondes imaginaires





Collection "Aventures et voyages" (Nathan, 1929-1948)

Voici l'un des plus beaux fleurons du Cercle des collections jeunesse disparues. "Aventures et voyages" s'ouvre aux mondes imaginaires et aux ouvrages précurseurs de la Science-fiction.

Première collection pour la jeunesse digne de ce nom, "Aventures et voyages" est publiée de 1929 à 1948 par les éditions Fernand Nathan. Maurice Toussaint (1882-1974) illustre plusieurs couvertures d’ouvrages qui bénéficient de superbes illustrations en noir et blanc, souvent pleine page. En 1932, le duo Charles Quinel-Adhémar de Montgon y publie Le Bateau fantôme et, en 1934, le récit plus « classique », Aux quatre coins du monde.

Des mondes imaginaires inhabituels pour l’époque
De l’Allemand Ottfried (ou Ottfrid) von Hanstein (1869-1959), sont traduits deux ouvrages d’anticipation aux titres verniens : Radiopolis (1927, traduction de Elektropolis, adapté par Tancrède Vallerey et illustré par Maurice Toussaint), et Jusqu’à la Lune en fusée aérienne (1929, d’après Mond-Rak !). (Il existe une édition suisse de Radiopolis, réalisée en 1945 à Neuchâtel, par Nathan et Delachaux & Niestlé). E. Poirier illustre les fameux romans de l’Anglais T. C. Bridges (Thomas Charles), traduits de l’anglais par Suzanne Clot : Le Raid mystérieux de Martin Crusoé (au cœur des Sargasses) (1926, réédité en 1939), La Croisière du Vengeur au cœur de l’Afrique (1ère édition en 1927). Le 3e volume, Le Voyage dans l’inconnu (1928), au cœur des Rocheuses canadiennes, publié un an avant La Cité Mystérieuse (1929), bénéficie d’un format plus grand (de 19 sur 28 cm. au lieu de 15 sur 20,5 cm.).
D’autres récits ressortissent à la S-F ou au merveilleux fantastique, comme le récit de P. Couteaud, illustré par Fernand Chapelet, L’Ile de Tulipatan (1929), l’île corallienne d’un Nouveau Java, retravaillée par les humains, dans une atmosphère très colonialiste. (Tulipatan, c’était d’abord le nom d’une opérette, sur une musique de Jacques Offenbach, en 1868). L’éditeur accueille, en 1933, « le chef-d’œuvre de la série » selon Pierre Versins : le roman Un mois sous les mers (1933) de Tancrède Vallerey, écrivain populaire, titulaire en 1930 du Prix Jules Verne pour L’Ile au sable vert, publié ailleurs mais dont on édite encore ici L’Avion fantastique, en 1936 (réédité en 1946). On lui doit aussi, avec Gisèle Vallerey, en 1927, l’adaptation de 10 000 lieues dans les airs d’Ottfried von Hanstein (1869-1959), un récit réédité en 1946 qui n’a rien de conjectural, d’après Ein Flug um die Welt und die Insel des seltsamen Dinge. En 1934, paraît le récit : Les Rayons ensorcelés (1935) d’Henri Allorge (1878-1938), un auteur connu aussi et ailleurs pour Le Grand cataclysme, roman du centième siècle, de 1922.

La collection s’ouvre aussi à d’autres types de récits puisque l’on y traduit Le Gouffre noir de Henryk Sienkiewicz. De l’allemand, sont traduits Les Héroïnes du Pacifique ou les robinsonnes du XXe siècle de Friedrich Wilhelm Mader (1866-1945) et John Warkmann ou les Cent millions du petit crieur de journaux de Hans Joachim Dominik (1872-1945), deux récits encore adaptés par Gisèle et Tancrède Vallerey.
Les textes français, autres que ceux déjà cités, sont rares. Notons toutefois L’Enlèvement de Baby Dolly d’Alain Duval, Vie et Aventures de Buffalo Bill du romancier populaire Albert Bonneau (réédité en 1947 dans Spirou), et deux récits signés, De la Villesbrune : Le Gaucho proscrit et Le Tchaha. La plupart des titres sont encore disponibles chez Nathan, au début des années Cinquante, quand on réédite encore des récits, tels que Jusqu’à la lune en fusée aérienne (en 1948), Le Voyage dans l’inconnu et John Workmann.
Si cette collection est encore connue aujourd’hui, on le doit à Pierre Versins et à son indispensable Encyclopédie de l’Utopie, des Voyages extraordinaires et de la Science-Fiction. Notons aussi l’intense activité des membres du Forum B.D.F.I.

vendredi 19 février 2010

Collection "Les Fantastiques" (Magnard) (2)




Collection "Les Fantastiques" (Magnard) (1996-2003)




Voici deux nouvelles couvertures de la collection en 2002 et 2003.
Celle de gauche est de Serge Prud'homme, celle de droite de Freddy Dermidjian



J'ajoute quelques lectures « anciennes »

LE PARKING MYSTERIEUX de Jean-Pierre ANDREVON
Ill. : SIRO "Les Fantastiques" MAGNARD 1997

En rentrant du collège, Fabien a l'habitude de ramasser des trucs bizarres. Mais c'est une bien curieuse griffe animalière géante que le garçon découvre, sur le parking voisin de son immeuble ! Mais quand il voudra montrer l'objet à son copain Rachid, il sera tombé en poussière dans son sac. Comme il vit avec sa mère divorcée, prévenante surtout quand il est sujet à des crises d'asthme mais qui connaît un nouvel ami, il passe souvent la soirée, seul dans sa chambre. Or, il n'y a que lui pour percevoir des bruits et des mouvements de bête près de sa tour. Un matin, Frank Durrieux, un voisin irascible et raciste, découvre sa grosse Mercedes complètement défoncée et aplatie. Pour lui, l'affaire est claire : c'est un coup des étrangers. Dans son immeuble, Fabien aide un vieil infirme à prendre l'ascenseur. Invité par cet homme, il se rend plus tard dans son appartement du 14e où il découvre une faune et une flore étonnantes qui suppriment ses crises d'asthme. Il se lie d'amitié avec ce personnage. Mais un jour, Durrieux et le vieillard qui se connaissent depuis un séjour commun en Afrique s'affrontent violemment et le vieux savant ne tarde pas à mourir en laissant à Fabien un colis étrange contenant un œuf ... Un soir, l'enfant sera seul à percevoir le dinosaure qui poursuivra l'irascible Durrieux sur le parking ...

Andrevon, - une référence depuis 30 ans dans le domaine de la S-F. fait de cet ouvrage une totale réussite. Progressivement, le lecteur s'attache à la quête de l'enfant Fabien Caprioli, plongé dans un mystère difficile à communiquer à ses proches puisque les objets découverts deviennent poussières. Le garçon, fragile mais courageux, est le seul à percevoir le vol lourd ou les pas monstrueux des créatures préhistoriques qui hantent les environs de son immeuble. Certes, les habitués retrouveront des thèmes chers à cet auteur : défense de l'écologie, antiracisme, qualités de l'imaginaire. Or, jamais ces thèmes ne prennent le pas sur un récit très bien construit et qui sait introduire le merveilleux dans un univers on ne peut plus quotidien et actuel.



LA NUIT DU 8 DECEMBREde CHABOUD Jack
Ill : JUDEX « Les Fantastiques » Magnard 1996

Les célèbres allées et venelles de Lyon ne sont plus sûres la nuit. Depuis un mois, meurtres et agressions sèment d'autant plus la panique que certains croient voir dans ces crimes la patte du Diable. Charly, l'animateur fétiche de "Canal traboules" oriente justement sa toute nouvelle émission : "La minute de l'étrange" pour tenter de dédramatiser l'atmosphère et essayer de ramener un peu de bon de sens dans une ville qui semble livrée à l'irrationnel. Mais la nuit où le jeune homme perd sa houppelande utilisée désormais par le tueur, Charly a perdu l'envie de rire ...

Ce roman fantastique de Jack Chaboud est astucieusement construit car il maintient l'équilibre entre les explications rationnelles et l'intrusion du surnaturel jusqu'au bout. Le personnage de l'animateur Charly est sympathique et l'on suit son itinéraire psychologique de l'insouciance fanfaronne jusqu'à la terreur justifiée par l'agression dont il est victime.


LA MALEDICTION DES RUINES de Philippe DELERM
Ill. Stéphane GIREL "Les Fantastiques" MAGNARD 1997


Le nouveau bachelier Bastien, pour éviter de pénibles classes d'été et aussi pour le plaisir de retrouver des escapades d'enfant dans la mystérieuse abbaye de Rivière Guérard, accepte le job de guide durant les vacances. Or, on raconte que ce lieu est maudit depuis que Marie de Bernières y fut assassinée par son mari en 1399. Se pourrait-il que la malédiction perdure ? Bastien s'acquitte de son travail le mieux qu'il peut ; il s'informe et ne déteste pas faire frémir les touristes par la dramatisation excessive de détails croustillants jusqu'au jour où une visiteuse qui ressemble à Marie de Besnières le met mal à l'aise. Une troupe théâtrale s'inspire de l'histoire de l'abbaye pour jouer "La Malédiction des ruines" dans les vestiges de la filature voisine mais la première est troublée par un orage dévastateur qui blesse l'actrice aux yeux verts incarnant Marie. Plus tard, sous la chapelle, des profanateurs s'en prennent au tombeau du personnage assassiné jadis et assomment Bastien imprudemment intervenu... Soigné, l'adolescent reprend sa quête et croit retrouver Marie parmi les malades de la clinique des Ormeaux où elle implore son secours. ...

L'année 1997 a été celle où adultes et enfants découvrent un écrivain dont les qualités d'écriture sont évidentes. Après avoir publié "Sortilège au Muséum" dans la même collection, Philippe Delerm propose avec "La Malédiction des ruines", ce court récit fantastique qui se lit d'une traite tant le charme du récit et du style opère. L'auteur a eu l'habilité de proposer un dénouement ambigu qui laisse autant le libre champ aux interprétations rationnelles qu'irrationnelles tant le personnage de Marie demeure mystérieux.

jeudi 18 février 2010

Collection "Les Fantastiques" (Magnard)







Il faut s’étonner de trouver dans le « Cercle des collections disparues » la collection suivante, forte de plus de 50 volumes et dont l’interruption ne s’explique guère.

Collection « Les Fantastiques » (Magnard), depuis 1996

Les Editions Magnard Jeunesse, sur le point d’être démantelées, sont reprises par Albin Michel en 1995. Un an plus tard, elles lancent la collection "Les Fantastiques", dirigée par Jack Chaboud et reconnaissable à son logo : une lune jaune sur fond noir.
Le directeur, dès le départ, paye de sa personne puisqu’il emmène ses jeunes lecteurs dans la ville de Lyon, pour La Nuit du 8 décembre, avant de leur proposer de résoudre L’Enigme de la forêt d’Orient. Plusieurs auteurs vont amorcer des trilogies passionnantes.

Quelques trilogies

Jean-Pierre Andrevon campe un enfant très attachant, Fabien Caprioli, effrayé d’abord par des phénomènes incroyables et griffus, dans Le Parking mystérieux. Plongé dans le fantastique quand il connaît Kofi et les buveurs de vie, il regagne le monde réaliste mais peu rassurant du polar, en restant Une nuit dans la tour de verre, 3e tome de la trilogie
Le jeune auteur Eric Boisset amorce un cycle passionnant dans Le Grimoire d’Arkandias. Les adolescents Théophile Amoretti et Bonaventure, si différents et si complémentaires, aussi bien dans leurs baskets que sur leur skate ou dans leur époque, ont besoin de tout leur tonus pour affronter encore leur ennemi. Si Arkandias contre-attaque, l’homme ne paraît toutefois plus aussi menaçant lorsque Théo et Bonav s’introduisaient dans Le Sarcophage d’outretemps. On doit encore à Eric Boisset une seconde trilogie où l’on remarque Le Secret de Tante Eudoxie et L’Œil du Mainate. Philippe Delerm n’avait pas encore obtenu le Prix des libraires quand il a écrit Sortilège au muséum et La Malédiction des ruines, deux récits dont le style séduit plus que l’intrigue. Metantropo (Christophe Loupy), consacre trois épisodes aux aventures de Steve et Dylan, depuis Le Mystérieux docteur Morlok jusqu’à L’Invasion des Cyborgs, en passant par La Citadelle de Khaazar. Ces auteurs sont accompagnés par des romanciers connus dans le monde de la S-F. Outre Andrevon, Pierre Pelot, plus proche cette fois de la légende que du récit fantastique dans La Fille de la Hache-Croix, c’est aussi le cas de Francis Valéry qui fait intervenir Les Internautes dans La Porte du temps, avant d’inviter le lecteur à sonder Le Mystère du Caucase, de Christian Léourier, construisant une amitié autour de L’Ombre de la tour blanche. Mais les romanciers peuvent venir du monde de la bande dessinée, comme Didier Convard, mêlant angoisse et terreur dans Le Manoir d’Orleur et A ce cher Romuald, du milieu du journalisme, comme Marcel Marsal, exposant Le Cas étrange de Tom Randall, ou de celui de la photographie, tel Alain Vénisse, encore intéressé par l’image dans Le Caméscope fantôme.
Plusieurs sont déjà très connus dans la littérature jeunesse : Sarah Cohen-Scali qui imagine la rencontre de la psychologue Agéna et de Vega enfant de la nuit, Philippe Barbeau, auteur du conte écologique : La Menace de Vylchimik et de L’Evasion de Yanor. Sont également connus Eric Sanvoisin, auteur d’un beau tiercé avec Les Chasseurs d’ombre, Le Motard sans visage et Ouragan, Olivier Lécrivain et La Gardienne de nuit. On est loin d’ignorer Daniel Meynard qui veut faire rire avec La Guerre des toiles et Alain Surget qui glace, au contraire, le lecteur engagé dans Les Nuits d’Halloween. Gudule, boulimique d’histoires à conter, se devait d’être là avec Qui hante la tour morte ? Gérard Hubert-Richou ressuscite le « Hollandais volant » dans Maudite épave, et Roger Judenne retourne encore en Egypte pour La Momie du temple interdit. Nouveau venu remarqué chez les adultes en 2000, Jean-Baptiste Evette, en compagnie de Mademoiselle V., voisine avec Eric Simard, primé plusieurs fois pour Le Souffle de la pierre d’Irlande avant d’offrir à ses lecteurs impatients le deuxième tome de La Légende de l’émeraude : L’Aigle de Kylemore.
De la littérature jeunesse arrivent encore Michel Amelin (Le Messager de la mort), Chantal Laborde (L’Ogre m’a tué), et Gudule est encore présente en 2001 avec Horrible baby-sitting.
Connu dans le monde du polar, François Charles, en 2000, raconte La Guerre des enfants-microbes. Arthur Ténor fait son entrée quand il déclenche l’Alerte aux virulents et revient en 2001, avec Le Voleur de destin. N'oublions pas Marc Seassau qui publie l'un des derniers titres en 2003 : Coeur de loup.

La collection semble déjà s’essouffler en cette année 2001, quand paraissent La Minute qui n’existait pas, un voyage dans le temps de Maryvonne Ripert, La Maison haute de Rodolphe. Jacques Delval, dans L’Onde Ka, évoque une curieuse lyre à sept cordes et un voyage spatio-temporel.
Magnard Jeunesse prend une décision étonnante puisque, au moment où le fantastique et la fantasy sont rois, l’éditeur fait disparaître, dès 2003, les collections « Les Fantastiques » et « Les P’tits Fantastiques », pourtant fort intéressantes.

mardi 16 février 2010

Collection "Jeunesse poche" (Hatier-G.T. Rageot)







Voici une collection de poche jeunesse née il y a 40 ans. Elle fait aasez partie du "cercle des collections disparues" mais des titres ont été heureusement réédités.

"Jeunesse poche" : une des premières collections de livres de « poche »
En 1970, chez G.-T Rageot (où Catherine Scob a pris la relève de Tatiana Rageot, décédée en 1972), associé à Hatier, apparaît la première collection de livres de poche de la future décennie. Elle s’appelle tout simplement "Jeunesse poche" (1970-1974) et publie des œuvres très inégales. Une part de son originalité vient du développement de quatre sections abordant des genres jusqu'alors encore un peu suspects dans le secteur jeunesse, l'anticipation (ainsi nommait-on encore prudemment la science-fiction), le policier (L’Oiseau de mort du Cap Horn de Jean Merrien), l'aventure (Les Pirates de Bornéo de Michel Grimaud) et l'espionnage ("Dossier Poissons" de Bertrand Solet où l'on parle déjà des méfaits d'une étrange pollution). Pierre Pelot, avec les aventures d’Aryan Dhaye (développées depuis Une autre Terre jusqu’à l’épisode frôlant le fantastique de L'Ile aux enragés), et Christian Grenier, avec Sabotage sur la planète rouge (suivi de Aïo, terre invisible), y publient leurs premiers romans de S-F et c'est la 1ère première fois qu'une collection pour jeunes privilégie ce genre, illustré par 14 titres sur 35 ! En plus de S.O.S. Envoyez fusée de D.H. Halacy, on y traduit Gil dans le cosmos et Gil revient sur terre d’Adrien Martel. Révolte sur Titan, traduit du récit d'A. Nourse, bénéficiera de deux couvertures, sans doute en raison des sévères critiques adressées par Jacques Van Herp dans son Panorama de la science-fiction en 1975. Michel Grimaud situe Le Peuple de la mer (avec une couverture de Claude Auclair), dans une civilisation post atomique et dans Le Secret de Saturne de Daniel Wollheim, on ne sait si Bruce parviendra à éviter à la Terre une effroyable apocalypse. Signalons encore Cosmonautes contre diplodocus du polytechnicien Pierre Devaux surtout connu pour ses récits publiés précédemment chez Magnard dans la collection "Sciences et Aventures".

Atouts de la collection : un prix modique, un format de poche pratique, une présentation agréable mais inégale. Pierre Pelot bénéficie des superbes couvertures de Claude Auclair mais le 1er roman de Christian Grenier paraît « saboté » par une couverture plutôt médiocre. Les illustrations de couvertures sont d'ailleurs très inégales. Cette collection n'a pas eu l'essor qu’elle méritait.
On a oublié les intrigues et enquêtes d’Odette Sorensen (L’Inconnu à la houppelande et Un certain Curtis Rhodes) et Deux yeux dans la nuit d’Alice Boutroux mais les aventures policières de l’adolescent Sans-Atout, nées dans la collection et écrites par le duo Boileau-Narcejac (Sans-Atout et le cheval fantôme, Sans-Atout contre l’homme à la dague, Les Pistolets de Sans-Atout), seront l'objet de nombreuses rééditions chez Hatier puis chez Gallimard, tout comme les énigmes policières de François Vernières (alias Michel-Aimé Baudouy) quand il écrit L'Affaire Mister John ou Enquête sur la grande côte, en 1971 et 1973. Notons les aventures du jeune enquêteur Kalle Blomkvist campé par Astrid Lindgren dans L’As des détectives (1948), traduit en 1972 et la traduction de L’Insaisissable contrebandier de Hugo Kocher.

lundi 15 février 2010

Collection "Aux quatre coins du temps" (Bordas, 1978)


Il n'est pas inutile de rappeler que la publication de ces couvertures disparues est un hommage aux illustrateurs qui les ont réalisées. en plus de ceux qui sont nommés dans le texte qui suit, citons encore Sophie Pierre, Celia Canning, Vincent Treppoz, Bruno Duquenoÿ, Claude Hermann, Sophie Mathey, Michel Charrier, Patrick Devauchelle et Martine Schilde...




Encore un nouvel épisode pour « Le cercle des collections disparues ». On fait un petit saut chronologique puisque l’on passe à l’année 1978, un an après la création de « Folio junior ». On peut considérer que la nouvelle collection Bordas est une collection de poche, malgré sa largeur (13 cm.), un peu plus forte que celle du format classique.


"Aux quatre coins du temps" : collection de « poche » multigenre à deux niveaux

Les éditions Bordas, sont jusqu'alors orientées surtout vers le manuel scolaire. Après la période faste des manuels de littérature de Lagarde et Michard, des livres pour les collèges et des manuels d’Histoire très appréciés de Maurice Meuleau, les difficultés économiques surviennent dans les années 70.
Alors que Pierre Bordas, remplacé par Jean-Manuel Bourgois, a dû démissionner, Bordas s'ouvre à la littérature jeunesse en créant, en avril 1978, la collection "Aux quatre coins du temps", constituée de livres souples dont le texte, illustré en noir et blanc, n'est jamais surabondant. La collection est dirigée par Paule Pagliano qui choisit à égalité les auteurs français et étrangers et propose : « des romans, des récits et des contes fascinants au format de poche » (en fait, il s’agit du format 13*18 cm). Ces romans, tirés à environ quinze mille exemplaires, s'adressent à deux catégories de lecteurs : les 7-10 ans et les 10-13 ans.
Aventure, merveilleux, science-fiction et fantastique, humour, récits psychologiques, parfois enquête policière, sont au rendez-vous.
La Longue route d’une Zingarina (une Manouche d’Italie) de Sandra Jayat est le 1er titre de la collection, illustré en couverture par l’auteur et, à l’intérieur, par des images de Giovanni Giannini. En plus de Pierre Leyris (1907-2001), traducteur et auteur (La Dame en écarlate), et d'écrivains pour adultes comme Suzanne Prou qui livre Caroline et les grandes personnes, le traducteur réputé Jean Queval (Tout est bien qui finit bien), on y rencontre des auteurs comme le Canadien William Camus (mêlant Légendes indiennes de la Vieille Amérique et science-fiction). Avec Jacky Soulier, le père de l’écrivain de science-fiction bien connu aujourd’hui sous le nom d’Ayerdhal, il écrit le dyptique, Le Péril vient de la Terre et Face au péril. Fantastique et SF s’enrichiront encore des récits de Jean-Pierre Andrevon (Le Train des galaxies), de Joëlle Wintrebert (La Fille de Terre deux) ou de l’Allemande Ingrid Bacher (L’Eté des hommes volants). Nicole Ciravegna amorce un cycle avec son Chichois de la Rue des Mauvestis. Marie-Raymond Farré, laquelle publie assez vite Les Murs ont des oreilles et Pierre Gamarra, auteur facétieux de On a mangé l'alphabet, jouent poétiquement avec les mots. Claude Gutman apporte souvent un supplément d'humour et d'émotion mais le principal auteur à l'humour tendre (sensible aussi dans ses chansons), c'est Pierre Louki (avec 9 récits publiés de 1981 à 1989). On retiendra surtout Un papa pas possible, Le Petit cheval et Une grand-mère volante. Fanny Joly imprègne de sa fantaisie L’Affaire Poupoune.

De nombreuses traductions
La collection s'ouvre aussi aux auteurs de langue allemande, Christine Nöstlinger (Le Roi des concombres, 1982) et Peter Härtling dont les récits Oma, Ben est amoureux d'Anna (Ben liebt Anna), On l'appelait Filot (Das war der Hirbel) et Vieux John (Alter John) sont devenus des classiques toujours appréciés. Du Norvégien T. Haugen, on traduit en 1985 Les Oiseaux de nuit et, en 1987, Joakim, un récit plus dur dans lequel un enfant doit vivre avec la dépression de son père. Jacqueline et Claude Held concoctent des récits fantastiques ou de SF comme Expédition imprévue sur la planète Eras, L'Inconnu des herbes rouges, La Voiture sauvage ou Le Fantôme du vicomte, Michèle Kahn, avec beaucoup de fantaisie traite Un ordinateur pas ordinaire. L’écrivain kabyle Mouloud Mammeri, à l'époque censuré dans son pays d’Algérie, offre en 1980, deux tomes de Contes berbères de Kabylie : Machaho ! et Tellem chaho ! et Jean Ollivier, en Breton amoureux de la mer, livre Récits des mers du Sud et Les Flibustiers de l'Arbalète. Les illustrateurs sont parfois réputés, voire prestigieux, puisque l'on remarque Jean-Pierre Andrevon, Giovanni Giannini, Arnaud Laval, Georges Lemoine, Mette Ivers, Alain Letort, Claude Lapointe, Pef, Jean-François Pénichoux, Puig Rosado, Béatrice Tanaka, Maja, Morgan et même Maurice Sendak, pour quatre romans de l’Ecossais George MacDonald (1824-1905) : Contes du jour et de la nuit, La Clé d’or, Le Cœur du géant et Princesse légère. Parmi les œuvres « classiques » rééditées, notons La Revanche de Bruno de Lewis Carroll, Le Premier livre des merveilles et Le Second livre des merveilles de Nathaniel Hawthorne et Le Roi de la rivière d’or de John Ruskin (traduit en 1855). Des œuvres traduites sont plus rares, comme Fatik et le jongleur de Calcutta de Satyajit Ray, Papelucho de Marcela Paz (« journal » d’un petit Chilien de 8 ans, déjà bien traduit et publié chez G.P. en 1952), Jitka de J. Prochazka et les textes du Hollandais Guus Kuijer (un auteur édité aujourd’hui à l’Ecole des loisirs).

Six titres seront sélectionnés dans le plan-lecture de 1991 pour l’école primaire.
Si la collection disparaît en 1993-94, certains titres renaîtront heureusement chez Pocket à partir de 1994, comme Le Voyage de Mémé de Gil Ben Aych, émouvant déracinement d'une grand-mère venue d'Algérie à Paris, la série des Chichois de Nicole Ciravegna ou encore des récits de Claude Gutman, Toufdepoil, Pistolet-souvenir et La Folle cavale de Toufdepoil.
La collection « Les Contes gais de tous les temps » n’aura ni le même succès ni la même durée. Bordas ne renouvellera jamais cette première approche de la littérature jeunesse. C’est dommage car les ouvrages choisis étaient de qualité et savaient varier les genres et les styles d’écriture.

samedi 13 février 2010

Collection "Travelling" (Duculot) pour les ados, dès 1972




Après « Plein vent » (1966), « Bibliothèque internationale » (1967), « Olympic » (1967), voici, avant « Les Chemins de l’amitié » (1973) et « Grand angle » (1974), un nouveau jalon à ajouter au « Cercle des collections disparues ».

"Travelling" (Duculot, 1972) ouverte sur le monde actuel des « ados »

C'est en mars 1972, chez Duculot en Belgique, qu'est lancée, pour les 13-16 ans, parfois plus, la collection "Travelling". Elle propose des récits souvent inédits fondés sur des problèmes contemporains accessibles à des adolescents (par exemple, dans Mémoire blanche de Pierre Coran). Dès le départ se dessinent deux tendances. Plusieurs ouvrages évoquent des aspects du monde actuel, sans se voiler les yeux sur la cruauté de certaines réalités contemporaines.

Une ouverture internationale sur un monde conflictuel

Ainsi sont mis en récits le génocide des Indiens au Brésil (L'Enfer des orchidées d’Huguette Pirotte), la guerre civile en Irlande du Nord (dans Au-delà des barricades de Joan Lingard, traduit de l’anglais), ou les conditions de vie des travailleurs immigrés (La Révolte d'Ayachi de Bernard Barokas, Anne ici, Sélima là-bas de Marie Féraud). La guerre proche ou lointaine est évoquée, dans Tu n'es pas mort à Stalingrad de Christian Delstanches et Hubert Vierset ou La Guerre des innocents de Gail Graham qui se passe au Vietnam. Les pays du Tiers Monde sont présents : le Tibet rebellé contre l’occupant chinois, dans La Route de Lhassa (de Federica de Cesco), l'Inde, vue autant à travers ses mythes que ses réalités, dans les romans de L.N. Lavolle (comme Le Paria), Le Zaïre, grâce à ceux de France Bastia. A côté de Vie et mort d’un cochon de Robert Newton Peck, devenu un « classique », des romans traitent plutôt de la vie et de la psychologie conflictuelle des adolescents, de leurs aspirations (en particulier, dans Derniers mois d'école de Lella Seti qui évoque le passage de l'enfance à l'adolescence), ou Les Tilleuls verts de la promenade de Bernard Barokas qui ose aborder les relations affectives et sexuelles. Le parcours de l’adolescent Bernd est intéressant à suivre, dans le roman Quand le vent se lève traduit de l’Allemand Willy Fährmann. La Fugue de Diane (1973) de Caroline Crane, La Part du vent de Jacqueline Held, Un Passage difficile de Bernard Barokas, s'attachent aussi, à travers une histoire, à dévoiler l'affirmation de la personnalité, les conflits familiaux ou les premières aventures amoureuses. Andrée Clair, dans L'Amour d'Aïssatou, évoque la condition féminine dans des pays qu'elle connaît bien, ceux de l'Afrique noire. Les futurs métiers et l'avenir possible des jeunes transparaissent, par exemple, dans les romans de Michel-Aimé Baudouy (Vivre à Plaisance et le choix d’un métier en milieu agricole), de Gine Victor (La Chaîne) ou de Hélène Montardre (La Quête aux coquelicots). L'un de ses grands succès sera Le Robinson du métro (1978) de Felice Holman mais de nombreux romans s'ouvrent tout autant sur la société actuelle et sur les difficultés des jeunes gens prêts (ou non), à l'affronter.

Présence des auteurs francophones
Même si les traductions sont nombreuses, les auteurs francophones ont leur place. Outre Huguette Pirotte, Bernard Barokas, France Bastia, Andrée Clair, Marie Féraud, L.N. Lavolle, Jacqueline Held, Michel-Aimé Baudouy, Hélène Montardre, Gine Victor…, déjà nommés, il faut citer William Camus (Les Deux mondes), Gil Lacq (Chantal et les autres), Claude Raucy (Cocomero), P. Pelot, W. Camus et J. Coué (Le Canard à trois pattes), Jacqueline Cervon (La Marmite des cannibales), Yves Loiseau (L’Odyssée de Sandrine), Jean Cernaut (Terre franche), Pierre Coran (La Mémoire blanche), Eve Dessarre (Cet amour-là), C.R. et L.G. Touati (Rendez-vous ailleurs), Luce Fillol (Un oiseau de toutes les couleurs), Suzanne Sens (Bérénice ou le bonheur oublié)…
Et, sous une nouvelle maquette de couverture, en 1986, Jean-Paul Nozière, dans Ce cher vieux Cochise, l’histoire de l’amitié liant les adolescents juifs, Samuel et Salomon, une amitié mal acceptée par leurs familles.

En 1977, Duculot lance "Travelling sur le futur" dont nous parlerons plus tard.
En 1993, "Travelling" quitte Duculot pour Casterman.

vendredi 12 février 2010

Collection "Les Chemins de l'Amitié" pour les nouveaux ados




Après « Plein vent », « Bibliothèque internationale », « Olympic », « Grand angle », voici un nouveau jalon à ajouter au « Cercle des collections disparues ».

"Les Chemins de l'Amitié" (Editions de l’Amitié), pour des adolescents au cœur d’un monde contesté et en mouvement (1973)

En 1973, ce sont les nouveau adolescents de 13 à 16 ans entrant plus tard dans la vie active que vise la collection "Les Chemins de l'Amitié". Elle est dirigée par Catherine Scob, aux Editions de l'Amitié-G.T.-Rageot. Au fil des ans, elle va toucher des lecteurs de plus en plus mûrs. Ses objectifs ambitieux sont quelque peu marqués par l'esprit soixante-huitard. Elle se propose de « clarifier la vision des grands sujets d'actualité et des divers problèmes auxquels, dans notre société moderne, chacun est confronté ». Chaque roman fait « appel au "vécu", offrant ainsi au lecteur des éléments de compréhension qui pourront éventuellement lui permettre de mieux se situer dans le monde dans lequel il vit. ». Il était donc naturel que l'on aborde souvent « les problèmes de l'adaptation à la vie quotidienne, du travail, de la communication sous toutes ses formes, du rêve et de la réalité ». En fin de volume, un dossier documentaire, avec bibliographie, filmographie et extraits de presse, développant les thèmes sociaux abordés, permet « l'ouverture d'une discussion, d'une polémique, d'une auto-documentation ».

Une nouvelle génération d’auteurs français
Le premier titre publié est Miguel de la faim de Nicole Vidal qui appartiendra à la Sélection Jeunes Lecteurs de 1973 et, en 1983, 39 titres seront parus. Si des auteurs étrangers, suédois, allemands, américains et anglais sont présents, la collection fait aussi appel à beaucoup d'auteurs français de la nouvelle génération. C’est ainsi que Pierre Pelot propose six récits parfois dramatiques qui lui permettent de décliner des thèmes divers et forts et mais qui séduiront tous les publics. Il aborde la vieillesse et la retraite solitaire dans Le Cœur sous la cendre (1974), qui reçut de nombreux prix, l'objection de conscience, la violence et les milices privées dans Le Ciel fracassé (1975), l'amitié trahie dans Le Pantin immobile (1976). D’autres thèmes, jusqu'alors peu présents dans la littérature de jeunesse apparaissent encore : l'hospitalité (trahie), et la marginalité dans Le Renard dans la maison (1977), l'alcoolisme et le mal-être provincial dans Le Mauvais coton (1978), et les difficultés quotidiennes d'un adolescent différent dans l’émouvant récit Fou comme l'oiseau (1980), superbement adapté pour la télévision, avec Florent Pagny, par Fabrice Cazeneuve. Michel Grimaud (Marcelle Perriod et Jean-Louis Fraysse), qui y publiera Soleil à crédit et Pourquoi partir ?, avec Le Paradis des autres (devenu La Terre des autres, un roman très primé), ne craint pas de montrer un immigré algérien et son fils en butte au racisme ordinaire des habitants d'un village du Sud de la France. André Sernin ressuscite Le Dernier des Cathares. Christian Grenier met en scène des ouvriers soudainement conscients de la dureté de leurs conditions de vie et de la menace du chômage dans Le Moulin de la colère (ouvrage réécrit et publié dans la collection "Les Uns les autres", chez Syros, sous le titre Un printemps sasn cerises, en 1995), et Jean Coué, également auteur de Pierre est vivant (1977), s'interroge sur la peine de mort (seulement abolie en France en 1981), dans Un Soleil glacé en 1978. Yves Pinguilly propose La Folie mauve des lilas. William Camus imagine qu’un chauffeur de taxi devient un auteur à succès vite piégé par l’édition-business, dans Pour quelques pages de plus. Monique Ponty (avec Un Orage dans la tête), et surtout Huguette Pérol (qui montre les Palestiniens pris dans les conflits du Moyen-Orient dans Je rentrerai tard ce soir), marquent encore la collection par leurs romans forts, parfois bouleversants. Dans La Fontaine de Valdermosa d’Henri Messelot, le jeune Espagnol Miguel quitte la pauvreté de l’Espagne pour s’exiler en France où il arrive, plein d’illusions. Le dernier titre de la collection est fourni par François Sautereau avec Prisonniers des médias, en 1983.

Des traductions assez nombreuses
Les auteurs traduits abordent eux aussi des thèmes forts. Par exemple, Otto Steiger met en scène de jeunes terroristes dans Impasse de l'espoir et Max Lundgren, à qui l’on doit aussi L’Eté ne finira jamais, expose les problèmes psychologiques d'un jeune couple dans Pour l'amour de Lise. De Hans Georg Noack, on traduit Rolltreppe Abwarts sous le titre, Tu as volé, Jochen, un récit qui aborde la délinquance et Hier, à Berlin. Gunnel Beckmann évoque même l’avortement dans Déchirer le silence (1976). Il faudrait encore citer La Maison des fugitifs d’Hila Colman, Tonnerre sur Java de Sonja B. Pleijel, Et si elle se trompait d’Honor Arundel…

Ces ouvrages, parfois injustement critiqués alors qu’ils avaient le courage d’aborder avec franchise les thèmes qui intéressent les adolescents, ont à jamais disparu, sauf La Terre des autres de Grimaud, sauvé de l'oubli grâce à la collection "Les Maîtres de l'aventure".
On a parfois préféré ignorer ces collections pour adolescents des années 60 et 70 pour continuer à accuser la littérature jeunesse de fournir des "romans gnan-gnan". C'est un peu facile !

jeudi 11 février 2010

Collection "Grand Angle" (G.P.), pour les ados







Dans le chapitre du « Cercle des collections disparues », voici une collection qui vise les nouveaux adolescents, ceux qui commencent à bénéficier d’une scolarité plus longue, conséquence de la réforme Haby.

La collection "Grand Angle" (G.P.), pour des adolescents préoccupés par leur époque
C’est en 1974 qu’apparaît la collection "Grand Angle" (1974-1988), aux éditions G.P., dirigée par Marie-Hélène About. La maquette est proche de celle des "Chemins de l'Amitié", née un an plus tôt et des auteurs parfois communs, évoquent des problèmes sociaux ou des thèmes actuels. "Grand Angle" est résolument ouverte sur le monde contemporain, « d'hier, d'aujourd’hui et de demain », à travers divers types de récits permettant « une meilleure approche des problèmes de notre temps », sous des éclairages divers, voire opposés. Les auteurs français y sont nombreux mais il faut noter quelques traductions intéressantes de John Branfield (La Citadelle interdite), Harry Mazer (Seuls dans la tourmente), Mildred Lee (Cela fait un an déjà…), Richard Peck (Sandra Superstar), Willy Pribil et Ernst Pichler (Et le désert refleurira…), Hugh Walters (Naufragés dans l’espace), et encore de Jaap Ter Haar (Le Cauchemar de la nuit) ou de Jan Terlow (Michel). De l’allemand on traduit aussi N’oublie pas Christina de Willy Fährmann. De la Grecque Alki Zei, on traduit encore La Guerre de Petros. La science-fiction est surtout présente grâce à Christian Grenier (Le Satellite venu d'ailleurs, Le Soleil va mourir) et William Camus, les deux coécrivant Cheyennes 6112 et sa suite : Une Squaw dans les étoiles (ouvrage primé en 1976), volumes écrits dans des conditions cocasses, contées avec verve et humour par Christian Grenier dans Je suis un auteur jeunesse (Rageot, 2004), et heureusement réédités depuis. Le vétéran Paul Berna, avant de proposer Rocas d’Esperanza, n'hésite pas à décrire la mort de la planète dans La Dernière aube, un ouvrage à rééditer. Les romans historiques sont aussi très engagés. Jacqueline Cervon évoque le commerce triangulaire esclavagiste dans La Jarre percée. Maurice Vauthier tente de restituer la présence de Saint-Exupéry dans Santos. Christian Signol centre un beau récit sur la personnalité de Soledad, une paysanne subissant la guerre civile espagnole dans Les Amandiers fleurissaient rouge. C'est encore Lucien-Guy Touati qui évoque six mois terribles en Algérie avant le départ pour la France avec …Et puis, je suis parti d'Oran. On le voit, tous ces romans ne se contentent pas de raconter l'Histoire avec un grand H. Ils ouvrent à la réflexion sur des sujets qui demeurent d'actualité. Ce sont peut-être les autres romans qualifiés hâtivement de récits « psychologiques » ou « d'aventures » qui pénètrent le plus avant dans les mutations et les problèmes économiques et sociaux de l’époque. Pierre Pelot propose ainsi trois romans engagés. Je suis la mauvaise herbe (roman primé en 1976) évoque le personnage d'un colporteur hors normes, raconteur et objecteur lors de la guerre de 14-18. Même s'il décrit admirablement le labeur des bûcherons, l'essentiel du roman Les Neiges du coucou (1975) est plutôt dans la rencontre d'un adulte solitaire et d'un adolescent vagabond, cultivé et philosophe. Le Pain perdu (1974), sans doute à jamais, c'est l'impossibilité pour une société de pardonner à quelqu'un qui a pourtant payé sa dette. De lui, on réédite encore La Drave (paru d’abord dans « Olympic »). William Camus évoque un drame bien contemporain dans Le Poulet (1977). Le Chemin du large d’Yvan Mauffret est évidemment maritime et c’est sous la forme d’un journal que paraît … Et vogue la maison d’Hélène Ray. Au couple Michel Grimaud appartient Une chasse en été. D'autres romans, ceux de Jacqueline Cervon permettent d'accéder à une meilleure connaissance des mondes arides, comme La Griffe du fauve et aussi Les Moissons du désert, tandis que ceux d’Anne Pierjean (disparue en 2003), tels Paul et Louise, Loïse en sabots et Saute-Caruche, sont plutôt des sortes de chroniques paysannes. Paraissent aussi des romans originaux par leurs thèmes, leurs « héros » et les lieux de l'action : le Portugal avant l'exil en France, pour Maria de Amoreira de Luce Fillol, la terre contestée des Indiens pour Le Mexicain de Serge Durousseau, méritaient bien d'être tous deux primés en 1978. Hélène Vallée situe un drame sobre et fort au coeur de la grande forêt nordique de Finlande où sévit Le Maître de Seijala, patriarche traditionnel et Jean-Claude Alain s’attache à l’Irlande où vivent Les Enfants de Dublin.
On y présente aussi le monde des aveugles vécu par un garçon qui perd la vue lors d'un accident, dans Le Cauchemar de la nuit de Jaap Ter Haar. Comme sa jumelle, "Les Chemins de l'amitié", la collection "Grand angle" a débordé son public initial, et sa grande lisibilité typographique, sa perception du siècle et ses thèmes novateurs, lui ont permis de toucher aussi le lectorat du 3e âge.

dimanche 7 février 2010

Pierre Vaneck et Marianne de ma jeunesse


Pierre Vaneck était Vincent, L'Argentin dans Marianne de ma jeunesse


Il y a une semaine, nous apprenions le décès de Pierre Vaneck, survenu le 31 janvier 2010.

Je garde surtout de lui une image (si réductrice qu'il a aussitôt cherché à la détruire). C'est celle qu"il incarne en 1954, à l'âge de 23 ans (mais il garde alors l'allure d 'un adolescent), dans le film de Julien Duvivier, MARIANNE DE MA JEUNESSE, sorti en 1955.

Dans cette fiction romantique (certains jouant les blasés parleront de, "mélo poétique", sans doute parce que l'histoire fait penser au Grand Meaulnes ou à un "Signe de piste"), il est Vincent, l'Argentin, joueur de guitare et chanteur. Porteur de mystère et d'exotisme, il est capable de séduire autant les jeunes filles que les animaux qui se pressent aussitôt vers lui, dès sa venue.

Scénarisé par Peter de Mendelssohn, d'après son roman, Douloureuse Arcadie, le film en noir et blanc met en scène Marianne Hold (Marianne), Gil Vidal (Manfred), Isabelle Pia (Lise) et le jeune Michael Ande (Petit Félix). J'allais oublier Jean Yonnel qui joue un impressionnant, voire effrayant Chevalier, accompagné d'un terrible cerbère, entouré de ses chiens féroces !

L'essentiel de l'action se passe au château de Heiligenstadt dont "l'ombre s'étend sur trois frontières", entouré de bois et de brumes, perdu au bord d'un lac où s'abreuve la faune. Je n'en dirai pas plus mais je précise tout de même qu'il existe une version allemande (Marianne, meine Jugendliebe), tournée simultanément, avec Horst Buchholz qui passait alors pour le James Dean d'Outre-Rhin... Les chanceux pourront voir sur You Tube une séquence de chacun des deux films...
Faut-il vaiment ajouter quelques paroles de la chanson inspirées par le film à Gilbert Bécaud ? Oui ? Bon, vous l'aurez voulu :
Marianne de ma jeunesse
Ton manoir se dressait
Sur la pauvre richesse
De mon rêve enchanté...

samedi 6 février 2010

Les Tribulations de Fleurus-Presse



Les tribulations d’un titre de la presse des jeunes :
Du journal Cœurs Vaillants (1929), jusqu’au magazine Le Monde des ados (2005)

L’histoire des journaux pour la jeunesse peut se révéler fertile en surprises. Pour en témoigner, voici le destin singulier d’une publication née en 1929 et dont le descendant pourrait bien être le bimensuel Le Monde des ados né en janvier 2005 et conçu par Fleurus-Presse et son actionnaire principal Télérama et le groupe Le Monde

Le « premier » Cœurs Vaillants
En octobre 1928, des patronages catholiques du Pas-de-Calais éditent un hebdomadaire déjà nommé Cœurs Vaillants, au tirage réduit et publiant des textes rédigés par des prêtres. L’opuscule est imprimé sur les presses des Orphelins Apprentis d’Auteuil (O.A.A.)
Des ecclésiastiques, dont les abbés Gabriel Bard de l’Union Catholique de France, Pierre Rougemont, (l’abbé Henri Guesdon) et surtout Gaston Courtois, (ex "Jacques Cœur", 1897-1970), prêtre rattaché aux Fils de la Charité et directeur de la nouvelle publication, très attaché à son contenu religieux, fondent Cœurs Vaillants, le journal « des petits gars ». Sa naissance « officielle » date seulement du 8 décembre 1929. L’équipe sera renforcée en 1935 par l’arrivée de l’abbé Jean Pihan (ex Jean Vaillant, lui aussi Fils de la Charité, 1912-1996). Les dessinateurs Maurice Cuvillier et Etienne Le Rallic sont déjà là. Tintin et Milou de Hergé font une entrée remarquée en octobre 1930, (leurs aventures avaient commencé dans Le Petit Vingtième, journal belge). Marijac (alias Jacques Dumas, futur créateur de Coq hardi) crée Jim Boum, Chevalier du Far-West, l'année suivante. Visant d'abord les enfants des écoles catholiques et des "patros", par ses objectifs éducatifs et religieux, le journal se démarque des simples illustrés qu'il critique. En cette période de grands affrontements politiques et idéologiques, victimes du « syndrome de l’abbé Bethléem », censeur qui sévit de 1904 à 1940 et déchire sur la place publique les revues « impies », les dirigeants du journal vont jusqu’à brûler, lors d’une manifestation en 1938, les « mauvais illustrés ». « On a brûlé un sale bonhomme » écrit Jean Vaillant, (alias Pihan), après l’autodafé d’un mannequin-« gangster », habillé de magazines « malpropres »
A l'origine, L'Union des OEuvres Catholiques, éditrice du journal, emprunte à la fois des textes à la revue Les P’tits Gars et surtout à un journal seulement en projet. C’est Benjamin, créé à la demande de l'imprimeur Georges Lang, mis en vente le 14 novembre 1929.
Malgré la sévère concurrence des journaux publiés par les frères Offenstadt de la S.P.E., l’éditeur Paul Winkler qui lance Mickey en 1934, et les éditeurs italiens Cino Del Duca et Ettore Carazzo, Cœurs vaillants connaît vite la notoriété grâce à Hergé qui, après Alain Saint-Ogan en 1925, a familiarisé les Français avec la « vraie » bande dessinée, (alors que Marijac n'introduit timidement les bulles qu'en 1937, dans Jim Boum chevalier de l'air). Cette intégration du texte dans l’image choque Gaston Courtois qui souhaiterait des textes supplémentaires sous l’image. D’ailleurs le même abbé, choqué de la situation d’un Tintin sans cadre familial, pousse Hergé à créer, en 1936, la famille Legrand, connue surtout par ses enfants Jo et Zette, (surtout présents dans Ames Vaillantes). Le succès des aventures de Tintin dans les « patros » est renforcé par la projection de films fixes, dès 1935, alors que paraît, dans le journal, l’épisode : Tintin et Milou en Orient.

Le pendant féminin Ames Vaillantes

Le pendant féminin créé par L'Union des Œuvres : Ames Vaillantes, n'apparaît que le 8 décembre 1937, jour de la fête de l’Immaculée Conception. Les deux journaux, présents dans les « patros » et les porches des églises, sont aussi dans les bibliothèques de gare dès juillet 1938.
Après l’entrée des troupes allemandes à Paris en juin 1940, une partie de l’Union des OEuvres gagne la zone Sud et s’installe à Clermont-Ferrand puis à Lyon. Comme pour la plupart des publications de l’époque qui veulent survivre, après une période pétainiste et favorable au régime de Vichy, surtout au cours de l’été 1941, marquée par des regroupements de titres ou des publications nouvelles comme Belles Histoires de vaillance, Cœurs-vaillants-Ames vaillantes, édition rurale, la situation évolue. La naissance de Belles Images de vaillance, l’arrestation par la Gestapo et l’emprisonnement à Fresnes de l’abbé Pihan et de trois collaborateurs en 1943 poussent les éditeurs catholiques dans la résistance passive. En 1945, La Voix de l’Ouest et Cœurs Vaillants coéditent plusieurs titres dont Fripounet et Marisette, d’après les personnages créés par Herbonné (R. Bonnet). Sous le label des éditions Fleurus, ce n’est que le 19 mai 1946 que reparaît Cœurs Vaillants (où apparaît en 1949 le dynamique Yann dessiné par Gloesner), et le journal Ames vaillantes doit patienter jusqu’au 29 septembre de la même année quand reparaît aussi officiellement Fripounet et Marisette (né clandestinement en 1941 et surtout destiné à ceux qu'on osait encore nommer « les ruraux »).


Après la guerre, des journaux renaissants
Résistant et républicain, l’abbé Jean Pihan supplante l’abbé Gaston Courtois dont le passé maréchaliste avait peut-être retardé la renaissance du journal après guerre. (Il va d’ailleurs être élu en 1955, procureur général de son Institut à Rome). Grâce à l’introduction de bandes dessinées de qualité, (rééditées aujourd’hui aux éditions Triomphe), ces journaux connaissent un nouvel âge d’or encore mal connu. Cœurs vaillants bénéficie de la présence de dessinateurs talentueux comme Noël Gloesner, (Yann-le-Vaillant), F.-A. Breysse, (Oscar et Isidore), Robert Rigot, (Frédéri le gardian). Les humoristes Calvo (Les Mémoires d’un vélomoteur) et Erik, imaginant des machines extravagantes et créateur de Pat Rac détective sont deux piliers, à la fois illustrateurs fréquents et auteurs de B.D. désopilantes. Ames vaillantes sait tirer parti des talents de dessinateurs comme Alain d’Orange, G.-B. Baray et M. Cuvillier. On y retrouve Robert Rigot (Chantal), Erik (Cataral et Finette) et Calvo (l’ours Babou).
Fripounet et Marisette (1945-1969), conçu pour le monde paysan et un lectorat plus jeune, doit surtout son succès à la bande qui lui donne son nom, réalisée par Herbonne, (alias René Bonnet).
La loi de postcensure de 1949, plutôt protectionniste et hostile aux bandes dessinées importées d’Amérique ou d’Italie, favorise la presse catholique française qui ne commence à souffrir de la concurrence du Journal de Spirou et du Journal de Tintin qu’à partir du milieu des années 50.
(D'ailleurs, René Finkelstein, actionnaire et représentant du Mouvement Coeurs vaillants-Ames vaillantes, est un ardent défenseur de la loi de 1949 et un militant très actif de la commision de contrôle , de 1952 à 1965).
En 1957, les trois journaux renaissants de 1946 perdent leur grand format et perdurent sous un format réduit jusqu’en 1963. A cette date, remplaçant Cœurs Vaillants, l’hebdomadaire J 2 Jeunes, soucieux d’activités éducatives et d’ouverture à l’actualité mais vite débordé par la vogue du sport et la mode du « yéyé », succombe dès 1970 tandis que J 2 Magazine, succédant à Ames Vaillantes, est surtout consacré à des reportages, aux dépens de la fiction et de la bande dessinée. Il cesse de paraître en 1974. Fripounet et Marisette s’adresse à un public plus jeune depuis 1969 quand il réduit son titre à Fripounet (jusqu’en 1993).

Les noms des journaux changent, leur contenu aussi
Formule 1 prend la succession du journal masculin J 2 Jeunes. Changeant souvent de format, de contenu et de pagination, il survit jusqu’en 1981. A la même époque, Djin, hebdo pour filles de 11 à 15 ans, se substituant depuis 1974 au magazine J 2 Magazine, tient davantage la route grâce à l’afflux de dessinateurs de qualité comme Bourgeon, Juillard, Cothias ou Binet. Quand ces auteurs auront rejoint les éditions de B.D. Glénat, Djin, en chute libre, rejoint Formule 1 pour se fondre dans le nouveau bimensuel Triolo en 1981. Ouvert à la mixité, effaçant la distinction entre ruraux et urbains, il ajoute un supplément d’information en noir et blanc à sa partie magazine mais ses B.D. sont éclectiques.

Au cours des années 1980, le groupe a entretenu un partenariat avec Gallimard, pour Blaireau, davantage album que périodique pour les 4 à 7 ans et avec Produca pour Hibou, deux publications disparues aujourd’hui. Il a aussi racheté le mensuel Abricot qui, comme d’autres revues au même format carré, cherche à séduire les 2-5 ans. Fleurus-Presse tente de « couvrir » les étapes, depuis l’âge de 6 moins, avec le bimestriel Papoum, aux adolescents de 13 à 15 ans à 14 ans, avec des journaux « complices » de cet âge. En butte à des difficultés financières, Fleurus Presse est racheté en 1986 par la SPER. Or, PVC (Publications de la Vie Catholique) prend le contrôle de la SPER dès 1989.
C’est l’époque où le groupe fait preuve d’originalité en privilégiant la lecture, en particulier le conte grâce au récent mensuel Mille et une histoires, destiné aux 3-7 ans, et en mariant littérature et intérêt documentaire grâce à Je lis des histoires vraies, créé en octobre 1992 pour les 8-12 ans, plus divers dans sa nouvelle formule. D’autres innovations ont marqué ces dernières années. D’abord, un autre petit nouveau fait la part belle à la fiction : c’est Je lis déjà, « premier petit livre à lire tout seul » pour les 6-9 ans. En septembre 1999, le mensuel Les P’tites sorcières affirme « Nous on aime la lecture ! », et chaque numéro propose un petit roman de 48 pages, à la typographie très lisible. Il faut déplorer en 2000, l’échec de Tribule, « Le mensuel écolo, rigolo et bricolo ». « Journal des 8-11 ans débrouillards et avides de découvertes », il séduisait pourtant par son grand format et une iconographie très riche. Aujourd’hui, c’est donc sur un peu plus d’une dizaine de magazines que se concentre Fleurus Presse, pour un lectorat élargi de 6 mois à 14 ans.

Fleurus-Presse change de propriétaire
Au cours des années 80 et jusqu'en 1989, des courants idéologiques conservateurs avaient aidé à la création du Groupe Ampère. Fondé en 1985, dans l'indifférence, par Rémy Montagne, militant catholique conservateur, ce groupe envisage très vite de devenir, à côté de Bayard-Presse et des Publications de la Vie Catholique, (alias le groupe Malhesherbes), le troisième groupe de presse catholique. Son premier objectif est alors de développer les ouvrages religieux et d'assainir le secteur jeunesse, mais des actions souterraines d'envergure, aussi discrètes qu'efficaces, vont lui permettre de faire peu à peu main basse sur un vaste secteur éditorial concernant surtout le monde de la bande dessinée.
En 1986, le groupe Ampère rachète aux OEuvres Catholiques de France, les éditions Fleurus, presse et édition, cédées bientôt à une holding qu'il vient de créer : Média Participations. Des évêques, Bayard-Presse et l’hebdomadaire La Vie ne voient pas d’un bon œil les périodiques Perlin, Fripounet et Triolo aux mains de cette puissante société qui regroupe actionnaires français, (dont Axa et Michelin), belges et hollandais. Toujours en 1986, le groupe PVC (Publications de la Vie Catholique), créé par Georges Hourdin et un groupe de Dominicains, acquiert le secteur presse jeunesse de Fleurus qui devient le Groupe Fleurus-Presse PVC, le groupe franco-belge Média-Participations, successeur du groupe Ampère fondé par Rémy Montagne, conservant le département livres de Fleurus Editions.
Fleurus-Presse va devenir en 1989, une filiale de Télérama et Publicat, eux-mêmes dépendant du groupe PVC.
Le Groupe Fleurus Presse est aussi présent dans l’édition de livres et la librairie, (avec les librairies de La Procure). Il a été leader dans un service de gestion d’abonnés pour la presse et la télévision à péage. A la fin du siècle, Fleurus-Presse réussit à « couvrir » de multiples étapes, depuis l’âge de 6 moins, avec le bimestriel Papoum (1995), jusqu’aux adolescents de 14 ans, L’Hebdo des juniors, (depuis 2005, Le Monde des ados), étant encore le complice de cet âge. Le groupe de presse, soucieux de se renouveler, a fait preuve d’originalité en privilégiant essentiellement la lecture, en particulier celle du conte, grâce au mensuel Mille et une histoires, (1999, destiné aux 3-7 ans), et en mariant littérature et intérêt documentaire grâce à Je lis des histoires vraies, créé en octobre 1992 pour les 8-12 ans, plus divers dans sa nouvelle formule. D’autres innovations ont marqué ces dernières années. D’abord, un autre petit nouveau fait la part belle à la fiction : c’est Je lis déjà, « premier petit livre à lire tout seul » pour les 6-9 ans. En septembre 1999, le mensuel Les P’tites sorcières affirme « Nous on aime la lecture ! », et chaque numéro propose un petit roman de 48 pages, à la typographie très lisible.
Chez Fleurus-Presse, la connotation catholique est surtout clairement affirmée dans le bimestriel des 5-8 ans : Mon journal arc-en-ciel (1993), destiné à l’éveil religieux. En 1993, privilégiant l’information, Fleurus-Presse, détenu par PVC et par Télérama depuis 1989, remplace Triolo par Infos Junior. Deux ans plus tard, sous la houlette double de Télérama, éditeur du magazine Télérama Junior depuis 1992, et de Fleurus-Presse, coexistent Télérama Junior et Infos Junior, publications jumelées de 1995 à 1997.

De L'Hebdo des juniors au Monde des juniors

La fusion se réalise en 1997 quand apparaît L’Hebdo des juniors, mêlant informations et présentation des programmes de télévision, toujours coédité par Télérama et Fleurus.
Son dernier numéro paraît le 25 décembre 2002. Depuis juillet 2002, le journal Le Monde s’est introduit à la hauteur de 30 % dans le capital du groupe Télérama/Les Publications de la Vie catholique. De ce fait, la société éditrice du Monde devient le premier actionnaire, surtout quand la part que possède Le Monde passe de 30 à 56 %, le 8 juillet 2003. C’est dont sous la houlette d’une association tripartite naissante que paraît L’Hebdo-Le Monde des ados, publié sous l’égide du quotidien Le Monde et de l’hebdomadaire Télérama/PVC, lesquels confient à Fleurus-Presse le soin de fabriquer le nouveau magazine hebdomadaire dont le premier numéro porte la date du 8 janvier 2003. Les Publications de la Vie catholique, propriétaires de Télérama, sont alors rachetées par le groupe Le Monde. Le rédacteur en chef de ce magazine pour les 11 à 15 ans est toujours Gérard Dhôtel, grand connaisseur de l’adolescence.
Le magazine disparu des kiosques, n’est plus diffusé que par abonnement depuis 2003. Si la maquette très aérée, est rajeunie et soignée car la forme se veut « légère et tonique », le contenu, « sérieux sur le fond », ne se démarque guère jusqu’ici de celui des autres magazines, en dépit de la volonté manifestée d’être « un lieu d’échanges et de dialogue ». L’actualité sous toutes ses formes est décryptée, pour une compréhension accessible aux jeunes.
Avant les menaces qui pèsent sur Fleurus-Presse au printemps 2008, quand Le Monde envisage un plan de restructuration, c’est-à-dire des licenciements, et l’abandon (réitéré) de titres jugés déficitaires, on aurait pu croire que la seule vraie question qui se posait était de savoir si la culture « laïque » du quotidien Le Monde pouvait se marier sans heurt à la culture, à l’origine « confessionnelle », de Télérama, (même si aujourd’hui Télérama semble prendre ses distances et si tous les éditeurs catholiques sont davantage préoccupés par le contenu éducatif de leurs journaux que par leur aspect idéologique). La pertinence du problème apparaît peut-être mieux quand on rappellera que le groupe catholique Bayard-Presse, après trois ans de réflexion, a décidé de rompre ses fiançailles avec les éditions « laïques » de Gallimard Jeunesse !
En juillet 2005, le nouveau titre Le Monde des ados, mensuel paraissant cette fois en kiosque, remplace L’Hebdo, Le Monde des ados. Ce magazine toujours aussi varié présente pour les 10-14 ans l’actualité sous toutes ses formes, y compris culturelle. Des reportages, des jeux, des tests et des bandes dessinées s’ajoutent aux reportages et enquêtes.
Les animateurs Fred et Jamy, journalistes-animateurs de l’émission télévisée d’initiation scientifique : « C’est pas sorcier » interviennent à partir de cette date pour expliquer les mystères du monde et de la vie. C’est en fait, à la suite d’un accord de partenariat avec l’émission, pour éviter au titre de fermer. Rappelons que Fleurus-Presse, distinct de Fleurus Editions, (propriété du groupe belge Média Participations), pratiquant le « chaînage », comme son principal concurrent, le leader Bayard-Milan, publie en 2008 12 journaux et revues pour la jeunesse, depuis Papoum, 1er journal des bébés, jusqu’au magazine Le Monde des ados. Pour les plus petits et pour les fillettes, Fleurus presse a lancé deux journaux en septembre 2003, à destination des 4 à 7 ans, Pirouette et Les P’tites princesses.
En septembre 2006, ce sont les fillettes 3 à 5 ans qui sont visées par Les P’tites filles à la vanille et la publication, Les Zouzous, en 2006, veut séduire les petits de 3 à 6 ans.
On assiste en même temps à une « gadgétisation » de cette presse, en proie au « plus produits » (sic), au grand dam des kiosquiers qui n’arrivent plus à ranger correctement cette presse boursouflée. Une presse qui perd d'ailleurs, par ces pratiques de pur marketing outrancier, une part de sa visibilité et surtout de son identité.
Au printemps 2008, le groupe Le Monde, sous la houlette d’Eric Fottorino, a l’intention de céder tous les magazines de Fleurus-Presse, considérés comme des « entités déficitaires et non stratégiques » (sic) ou des « actifs non stratégiques » !
En 2009, fort discrètement, semble-t-il, Fleurus-Presse est cédé à Héros et Patrimoine, une société détenue par Financière de loisirs et par un fonds d’investissement américain.