lundi 13 novembre 2017

1957 Jean GIRAUD auteur et illustrateur dans Âmes Vaillantes


1957 Jean GIRAUD, auteur et illustrateur dans ÂMES VAILLANTES

Puisque le nom de Jean Giraud semble susciter un vif intérêt (mais pas encore de commentaires !), donnons quelques exemples de sa participation à l’hebdomadaire Âmes Vaillantes en 1957. 




Petit aperçu sur l’hebdomadaire en 1957 

Après les temps troublés de la guerre, Âmes Vaillantes ne reparaît que le 29 septembre 1946. Le journal attend 1957 pour consacrer des « pages pour les grandes », dans « Farandole, le magazine des grandes ». Pieuses hagiographies, récits illustrés et romans moraux réapparaissent et l’hebdomadaire semble moins attrayant que son homologue masculin Cœurs Vaillants.
Pat et Moune de François Bel, proche de la ligne claire de Hergé, déjà présent en 1947 revient dès le 1er numéro de l’année 1957 avec la bande dessinée Le Centaure de Mykonos, avant Le Roc de la Morisque. Des  illustrateurs de talent sont toujours là. Signalons le trait malicieux mais valorisant d’Erik (André René Jolly), très présent au cours des années 50 puisqu’il y développe les aventures du détective féminin Finette et de son chien Teuf-teuf (en 1950). Il occupe généralement la dernière page en couleurs avec ses joyeuses bandes dessinées. Le chien Teuf-Teuf devient volontiers détective et enchaîne les enquêtes.
Robert Rigot n’est pas présent cette année avec sa série Chantal et préfère créer en 1958 Anaïs du Far-West. Notons les participations de Marie-Madeleine Bourdin signant Marie-Mad sa bande enfantine, Titounet et Titounette (1957), du scénariste Guy Hempay, des dessinateurs Pierre Brochard, Bussemey, Pierre Chéry, Hidalgo, Manon Iessel, Giannini, Jean-François Guindeau, Janine Lay, Monzon, Pierdec… Noël Gloesner (1917-1995, très actif chez Fleurus de 1945 à 1985) ), illustre en 1ère page L’Urganda, yacht fantôme de Georges Travelier (Georges Bayard), avant d’illustrer S.O.S Pikkolo, sur scénario du même Georges Travelier en 1958.
Robert Moreau (futur créateur de l’éléphant Trompette et de bandes humoristiques, souvent animalières) crée joyeusement l’Indien Porte-Plume et le chat Mistigri

              Illustration : Alain D'ORANGE

Si peu d’illustrateurs savent à l’époque mettre en valeur la beauté féminine, signalons le graphisme, empreint de fraîcheur et de gaieté d’Alain d’Orange (né en 1923 et entré à l’Union des Œuvres en 1950). Il est l’auteur de nombreuses couvertures. Tout en animant fort longtemps, dans les pages centrales, Viviane et sa bande, l’omniprésent Alain d’Orange illustre aussi de nombreux récits, comme Kakemono, Le Chevalier d’argent ou, écrit par Henriette Robitaillie, Marjolaine et Andrée, le singe et l’espion (1957). Comme il s’intéressait à la mode, il représente avec goût les toilettes, les coiffures des jeunes filles, en minimisant la caricature.
Le journal est l’instrument de prépublications pour les romans généralement édités dans la collection "Monique" (coéditée avec Gautier-Languereau, comme L’Onagre d’argent et Les Sorcières de la mer de L.N Lavolle (Hélène Chaulet).   
En 1957, Âmes Vaillantes, comme les autres journaux Fleurus, perd son grand format 28 sur 38 cm et augmente son nombre de pages.

            Jean Giraud,  illustrateur dans Âmes Vaillantes

Jean Giraud qui a déjà publié deux récits complets en 1956 dans l’hebdomadaire fournit 9 illustrations de style et de qualité variable en 1957.




Dans le n° 21, il fournit deux dessins pour La Tombola des poupées de P.E. Abrioux.
Dans le n° 22, c’est encore deux dessins qui agrémentent Le Sacrifice du trappeur de Marie-Madeleine Dubreuil, laquelle bénéficie encore, dans le n° 24 de cinq dessins pour Le Modèle inconnu, deux pour Deux peintres (Hals et Van Dyck) et une page d’illustrations pour Le Jeu des petits indiens.
Deux dessins illustrent Peuple du vent et de la route, signé Marylen, dans le n° 27.
Sur la route du berger, dans le n° 38, bénéficie de trois dessins, Jeux d’automne (n° 44), d’un dessin. En revanche, les Etrennes de jadis d’Albert Joannis, dans le n° 52, est agrémenté de cinq dessins superposés et muets non signés.
      
     
Giraud illustre trois récits complets cette année-là :
-          Mitoha la petite indienne (n° 29, scénario : Gir)
-          Aventure au pays des trappeurs (n° 43, scénario : Gir)
-          L’Intrépide Mamita (n° 46, scénario : Marie-Madeleine Dubreuil)


(Renseignements fournis par la revue HOP ! n° 100 de décembre 2003)

Jean Giraud poursuivra sa collaboration avec les trois journaux Fleurus en 1958.  


dimanche 12 novembre 2017

1957 Jean GIRAUD, illustrateur chez Fleurus

1957 Jean GIRAUD, illustrateur chez Fleurus

Le génie protéiforme de Jean Giraud ne se contente pas de se manifester (dès 1956), dans les trois journaux des éditions Fleurus : Cœurs Vaillants, Ames Vaillantes et Fripounet et Marisette.
En 1957, aux Editions Fleurus, Giraud participe à l’illustration d’un ouvrage documentaire de la nouvelle collection « Euréka » : Hommes et cavernes de François Desprez. Le nom de l’auteur du texte ne figure pas sur la couverture et le nom de jean Giraud n’apparaît que sur deux pages de dessins, même si le dessinateur en a illustré au moins quatre, sans compter d’autres dessins additionnels non signés.
Le livre est en outre abondamment illustré de photographies en noir et blanc, variées et bien choisies, souvent fournies par le Musée de l’Homme.


Intitulé Hommes et cavernes Nos ancêtres il y a 20 000 ans, le documentaire tente de faire le point, dans un langage accessible à la jeunesse, sur les « extraordinaires découvertes » dans le domaine de la Préhistoire, survenues de 1833 (découverte de la Grotte aux ossements « bois de daim » à Veyrier en Haute Savoie) à 1950 (découverte de la grotte du renne ou  du mammouth à Arcy-sur-Cure dans l’Yonne).

    
Selon François Desprez, « Les savants ont assemblé des ossements, des objets bizarres, des milliers de pierre taillée… Et, à force de travail, ils sont arrivés à reconstituer la vie de nos ancêtres d’il y a vingt mille ans : des hommes qui, en fait, sont plus proches de nous qu’on ne l’imaginait tout d’abord. »


Évidemment, ce livre fait le point des connaissances dans les années 50. Il ; décrit la vie quotidienne de l’Homme d’il y a 20 000 ans, tente une histoire de la préhistoire, évoque la « religion » de l’époque et les travaux de ses grands artistes. Le livre de complète d’un Petit Index de la Préhistoire avec cartes, sites et mots-clés.


Durant les six dernières décennies, les progrès effectués dans le domaine de la Préhistoires ont été gigantesque. La science progressant généralement par destruction de certaines connaissances antérieures, je me garderai bien de dire si l’ouvrage garde encore aujourd’hui une valeur historique. Ce qui m’intéressait, c’était de voir que Jean Giraud, que l’on cantonne souvent dans les domaines du western ou de la science-fiction, ne dédaignait pas l’approche d’autres domaines.

Toujours chez Fleurus, associé à d’autres éditeurs, mais plus tard, Jean Giraud illustre deux romans :
Sept  filles dans la brousse de Phyllis P. Power, collection « Monique », chez Fleurus-Mame en 1958. (Couverture et 11 illustrations)


Amérique An Mille de Georges Travelier (alias Georges Bayard), collection « Jean-François, Fleurus-Gautier-Languereau, en 1959. (Couverture et 7 illustrations. 4 autres illustrations sont de Guy Mouminoux).             



vendredi 3 novembre 2017

1957 Jean GIRAUD et Guy HEMPAY (Jean-Marie PELAPRAT) dans l'hebdomadaire COEURS VAILLANTS

1957 Jean GIRAUD et Guy HEMPAY (Jean-Marie PELAPRAT) dans CŒURS VAILLANTS

Chez Fleurus, l’hebdomadaire catholique pour les garçons Cœurs vaillants, absent des kiosques, connaît une année de changements pas toujours positifs. On rencontre toujours le personnages « vedette », Frédéri le gardian scénarisé par Huy Hempay et dessiné par Robert Rigot (Le Mystère de Briamoz), mais Yann Levaillant dessiné par Noël Gloesner est absent et le journal souffre encore de la disparition soudaine et définitive d’Oscar et Isidore de F.-A. Breysse, un pilier du journal, le 17 avril 1955. La rédaction a fait croire que l’auteur est malade et a poussé l’hypocrisie en lui souhaitant « un prompt rétablissement ».
Après le départ pour Rome de l’abbé Gaston Courtois, l’abbé Jean Pihan (alias Jean Vaillant) a désormais le champ libre. Les trois journaux Fleurus, Cœurs vaillants, Ames Vaillantes, Fripounet et Marisette abandonnent leur grand format 27 sur 37 cm pour le format 21 sur 29, dès leur numéro 43 le 27 octobre 1957.
On voit intervenir les dessinateurs Roger Bussemey (créateur de Moky et Poupy), Pierdec, Pierre Brochard et même Pellos. Alors que Robert Moreau, très sollicité, essaie de faire oublier l’absence de Calvo dont le décès survenu en 1957 n’est  annoncé nulle part, Erik (André René jolly), égal à lui-même, intervient souvent, en particulier avec les enquêtes policières de Pat’Rac. François Bel, toujours dans le style « ligne claire », envoie le personnage de Jordi dans L’Idole de Manaïki.
Cœurs Vaillants prépublie des romans qui vont alimenter, soit la collection « Jean-François » (Les Chevaliers du stade de Paul Cogan, alias Claude Appell), soit la nouvelle collection « Caravelles (Une Étoile au fond des mers de Jacques Chabar).


Le scénariste Guy Hempay



Mais les auteurs les plus remarquables en cette année 1957 sont le scénariste, journaliste (et futur auteur dramatique) Guy Hempay, (alias Jean-Marie Pélaprat, 1927-1995), très sollicité et Jean Giraud (qui est déjà Gir mais pas encore Moebius).  Guy Hempay, qui cumule aussi chez Fleurus les fonctions de secrétaire de rédaction et d’assistant littéraire pour les trois journaux Cœurs Vaillants, Âmes Vaillantes et Fripounet et Marisette, dès 1954, remplace Raymond Labois pour le scénario de Frédéri le gardian dessiné par Robert Rigot. En 1957, il scénarise Signé Makoba, Frédéri dans le Trans-Nord et Le Mystère de Briamoz
Alex et Euréka, les personnages créés par  Guy Hempay et Pierre Brochard, en 1956, sont les héros de Opération Furet et de Appel à X.Y.Z. Brochard a donné à l’inspecteur Lestaque des traits physiques de son scénariste. (Notons que Pierre Brochard anime aussi la série Zéphir dans Fripounet et Marisette).
Parmi les nouvelles bandes dessinées, il faut citer Blason d’argent (continué dans Mission royale) de Guy Hempay et Georges Brient (bientôt remplacé par Francisco Hidalgo, alias Yves Roy). Dans un Moyen Âge réaliste et mythique, le chevalier Amaury tente de combattre l’injustice. Hempay crée Jim et Heppy, un western comique dessiné par Pierre Chéry dont les héros sont le courageux et astucieux Jim Aydumien et son compagnon Heppy, petit, râleur et plutôt trouillard. Le premier épisode s’intitule Clarté sur Hoppa City et sera suivi par beaucoup d’autres pas toujours réunis en albums.


Guy Hempay scénarise une histoire policière dessinée par Georges Brient. Il s’agit de Blanc partout. Un virtuose du faux utilise un petit désintégrateur atomique pour capter des toiles du Louvre qu’il parvient ensuite à fixer. Le journaliste Ray enquête et prend tous les risques. Pélaprat multiple les pseudonymes pour masquer son omniprésence talentueuse dans toutes sortes de rubriques et de textes.    

 Jean Giraud, présent lui aussi dans les trois journaux  

Vers la fin de deux années aux Arts Appliqués et avant son service militaire, Jean Giraud, est présent chez Fleurus depuis 1956, (sur les conseils de son ami Jean-Claude Mézières, engagé avant lui). Il multiplie les travaux divers, entrecoupés par un séjour au Mexique, dans les trois journaux du groupe.  
Il intervient aussi dans Ames Vaillantes dont il réalise la couverture le 17 novembre 1957 et pour trois récits courts (deux sont scénarisés par lui sous le pseudo de Gir).
  

Sur des scénarios de Guy Hempay ou de J.-C. Martinez, il réalise cinq courts récits qui sont des commandes : Le Shériff de Dowell-City, Hervé de Primoquet (ce qui lui permet de dessiner des bateaux à voile crédibles), Une vrille dans l’eau, Les Voleurs de bétails et Le Retour de Spider Web (qui met pour la première fois en scène le personnage de Art Lowell). A la fin de l’année 1957, il réalise une couverture pour le film La Loi du seigneur raconté dans l’illustré.


Il crée surtout, scénarisées par Noël Carré, les bandes dessinées Un géant chez les Hurons et, en 1958, Le Roi des bisons, deux westerns qui correspondent à son goût pour l’Ouest américain (plus tard confirmé et affirmé dans Blueberry).



Il serait fastidieux de citer la dizaine d’illustrations diverses présentes en 1957 dans Fripounet et Marisette. Tous ses nombreux travaux chez Fleurus ont permis à Giraud, étonnamment docile, de développer des techniques différentes et de perfectionner son métier.       


lundi 30 octobre 2017

1957 Jean OLLIVIER et Roger LECUREUX, scénaristes prolifiques du journal VAILLANT

1957 : Jean Ollivier et Roger Lécureux, piliers du journal Vaillant

Vaillant, hebdomadaire soutenu par le parti communiste, affiche un tirage très honorable (plus de 210 000 exemplaires en 1957) et bénéficie de séries prestigieuses, la plupart étant réalisées par des auteurs français. Ce qui surprend pour un journal qui s’adresse aux classes populaires, c’est de constater qu’un exemplaire du journal coûte 50 francs (le double du prix de Bayard) mais le journal est passé de 16 à 32 pages. Il n’est pas étonnant qu’il y ait plus de 40 % d’invendus malgré le dévouement des jeunes diffuseurs (54 % à Paris, 44 % en province, réutilisés pour des recueils de 13 numéros chacun ou revendus à la poignée, par exemple, pendant le Tour de France).  
Vaillant qui se revendique comme « le journal le plus captivant » (ou, sur la couverture de ses reliures, « le plus bel illustré de la jeunesse », conserve pour plusieurs années encore son grand format 28 sur 38 cm. (Est-ce ce grand format qui a retardé la publication d’albums ou la volonté de se distinguer de la presse dite « commerciale » ?)
Pour nous attarder sur deux chevilles ouvrières du journal, passons rapidement sur les autres bandes dessinées présentes en 1957, malgré le vif intérêt qu’elles suscitent. Le western Sam Billie Bill est dû à Lucien Nortier (1922-194) qui dessine en 1957 deux épisodes : Les Loups de Black-River et Les Trafiquants du Saskatchewan. Des adeptes passionnés de comique dévorent toujours Placid et Muzo, l’ours et le renard conçus par José Cabrero Arnal (qui signe Claude Arnal) et Pierre Ollivier et dessinés dès 1946, Pif  le Chien, créé par le même Arnal et repris par Roger Mas, Arthur le Fantôme justicier de Jean Cézard et La Pension Radicelle d’Eugène Gire, cocasse et délirante, bien mise en valeur par les pages grand format. N’oublions pas le pilote de chasse Bob Mallard de Bourdens et Yves Roy (Francis Hidalgo) et la bande sportive Rouge et Or de Raymond Poïvet. La place manque pour évoquer Rouc et Rou de Chéry, Gil Bagout de Godard, Le Roman de Renart illustré par Jean Trubert, tous les textes (en particulier sur les sportifs, boxeurs, coureurs cyclistes et champions divers) et les nouvelles …
Peut-être pour concurrencer Le Marsupilami de Franquin, Monzon a créé les étranges  Group-Group et Cha’Pa que l’on retrouve dans Le Mystérieux professeur Z.O.
La bande dessinée de Jean Tabary Rififi, détective privé (L’Évadé) doit être interrompue avant son dénouement et remplacée par Richard et Charlie, détective à cause des réactions scandalisées de certains parents. Le plus amusant, c’est que ces réactions apparaissent  dans la dernière page de la bande début août 1957. Le rédacteur déclare : « Je vous ai demandé des aventures fraîches ! saines ! gaies ! et non des coups de révolver à tout bout de champ ! Trop bagarreur ce Rififi ! Trop méchant ce bulldozer. Ce ne sont pas des histoires pour enfants ! »     

         Jean OLLIVIER

 
Si les scénaristes et dessinateurs talentueux sont fort nombreux, deux noms s’imposent davantage que les autres par leur omniprésence et leur créativité. Il s’agit du scénariste et écrivain Jean Ollivier, en 1957, encore rédacteur en chef du journal et du scénariste Roger Lécureux qui prend en 1958 la succession d’Ollivier au poste de rédacteur en chef.
Jean Ollivier (1925-2005) qui publie cette année-là les romans Colin Lantier (La Farandole, un extrait de ce roman moyenâgeux remarquablement bien écrit  figure dans le n° 624 du 24/4/57) et Le Mercure d’or (Dauphine, G.P.) est le scénariste des bandes Yves le Loup (La Cité de feu, La Tour des cent vaillances) pour deux épisodes dessinés par René Bastard (1900-1975), Davy Crockett (La Flèche vermeille, Un coup d’audace, Mississipi, La Vallée de la peur), quatre épisodes mis en images par Eduardo Teixeira Coelho (1919-2005), alias Martin Sièvre quand il dessine la saga de Ragnar le Viking (La Saga du trésor) pour le même Jean Ollivier. 

Ce grand scénariste omniprésent a écrit le dernier épisode de la série P’tit Joc d’André Joy (alias Gaudelette) qui décide d’abandonner le journal. (Écoeuré et révolté à la suite de l’invasion de la Hongrie par les troupes soviétiques en 1956, il va courageusement quitter seul la publication et une période d’incertitude professionnelle commence pour lui). Dans sa dernière aventure, il donne à Jim, complice de malfaiteurs, les traits de James Dean, icône mythique encore très forte.  


A la fin de l’année 1957, Ollivier commence à paraître le nouveau scénario de Wango, une nouvelle bande dessinée de Coelho. (Nous nous abstenons de citer tous les personnages futurs, et ils sont nombreux, de Loup noir au Docteur Justice, créés par le même scénariste pour Vaillant ou pour Pif)

C’est aussi Jean Ollivier qui livre des textes et des nouvelles sous les pseudonymes de Gilles Maugis, Pierre Lectoure, Bernard Amyot…  

                     Roger LÉCUREUX (ou LECUREUX)

Roger Lécureux n’est pas un scénariste moins prolifique et indispensable. C’est lui qui scénarise la « grande série d’anticipation » (à l’époque, il vaut mieux éviter l’expression « science-fiction » !), Les Pionniers de l’espérance  dessinée par Raymond Poïvet depuis  1945. C’est déjà depuis 1946 qu’il écrit les textes de « l’insaisissable » Nasdine Hodja, d’abord dessiné par René Bastard puis par Pierre Leguen dans les deux épisodes La Cité des lépreux et La Cité engloutie publiés en 1957. L’homme de la brousse Lynx imaginé par Lecureux dès 1947 a eu plusieurs dessinateurs. En 1957, c’est, après Paul Gillon, Claude-Henri Juillard qui l’anime dans Lynx et les hommes-lions et Le Lion de neige.


(Ici encore, nous devons nous abstenir de parles des futurs héros créés par Lecureux, de Fils de Chine à Rahan, déjà créé en 1958 sans succès pour Ima l’ami des jeunes, en passant par Teddy Ted ou Capitaine Apache…).



     

vendredi 20 octobre 2017

1957 Jean ACQUAVIVA explique la conception du western "Bill JOURDAN"

1957 Jean ACQUAVIVA explique comment s’est faite la BD
« Bill JOURDAN »

C’est dans Bayard le 9 septembre 1956, que Jean Acquaviva, sur l’invitation pressante du père André Sève, sous le pseudo de Pip, explique comme il a conçu, avec le dessinateur Loÿs Pétillot,  l’histoire en images (on ne dit pas encore bande dessinée), Le Carnet noir, les aventures western de Bill Jourdan et de son ami Sam.

  

Page 1 : C'est une des toutes premières fois qu'on explique la fabrication 
d'une bande dessinée en séparant le travail du 
scénariste-documentariste et celui du dessinateur.


Page 2 : du manuscrit revu et corrigé à l'impression dans le journal


Page 3





mercredi 18 octobre 2017

1957 Jean Acquaviva, un scénariste omniprésent dans "Bayard"

1957 Jean Acquaviva, scénariste omniprésent dans le journal « Bayard »

L’hebdomadaire de la Bonne Presse, Bayard, a amélioré ses qualités techniques en choisissant l’impression offset en 1956 et un plus grand format. Le journal continue de publier le chef-d’œuvre de Jean Quimper (alias le père André Sève, rédacteur en chef du journal), illustré par Pierre Forget : la bande dessinée médiévale, mâtinée de fantastique, construite autour de l’emblématique Thierry de Royaumont, aux aventures restées dans les mémoires et commencée par Le Mystère de l’émir et La Couronne d’épines. Elles se poursuivent en 1957 avec L’Ombre de Saïno (avant le dernier épisode  Pour sauver Leïla).

Le père André Sève (alias Père Marie Paul) est aussi Le Chevalier Noir et répond au courrier des lecteurs., il noue sans doute des liens particuliers avec Jean Acquaviva qui le dépanne parfois en pleine nuit quand il est à court d’inspiration pour Thierry de Royaumont. (Et pourtant, Acquaviva demeurera toujours pigiste et on sait que les éditeurs catholiques paient mal !).  
Les lecteurs de l’hebdomadaire catholique « Bayard » ne pouvaient pas soupçonner, à l’époque,  l’importance de cet homme à tout faire du journal.
En fait, il a fallu attendre la publication de l’excellente « revue d’informations et d’études sur la B.D. » : « HOP ! » en mars 2007, pour mesurer l’importance du critique, rédacteur et scénariste Jean Acquaviva, présent sous divers pseudonymes.
  Eu égard à son passé, on comprend que l’homme né Antoine Graziani (1924-2015) ait eu recours à des noms d’emprunts pour sa carrière d’auteur.
Dans « Bayard », il est Saint-Alban (pseudo repris au rédacteur Couttaz qui a quitté le journal en 1952) pour tout ce qui touche le cinéma (récits de films et « La Grande aventure du cinéma). En 1957, 26 films sont racontés dont Le Ballon rouge d’Albert Lamorisse, Davy Crockett contre les pirates de la rivière,  Sissi, La Loi du seigneur, Sur la piste de l’Oregon


Il est Jean Acquaviva pour ses talents de scénariste et de créations dessinées par Alain d’Orange (Banda Tanga, Uranium et Hiawatha II, avant 1957), Larraz pour Stop au signal rouge (il rédige les dialogues), Loïs Pétillot (Yvan de Valdaï en 1956 d’après un roman de R. Hédouin, le western « Bill Jourdan » dès 1956, avec les épisodes Le Carnet noir et Tombstone, publiés en partie en 1957. (Grâce aux éditions du Triomphe, cinq épisodes ont été réédités de 1998 à 2007, dont La Mission de Vapahana, L'Or de Bananza-City, Le Désert de la mort). Bill Jourdan, l’USMarshal et son guide le vieux prospecteur Sam auraient pu influencer Giraud dans sa  création du lieutenant Blueberry et son compagnon Mac Clure (selon Henri Filippini).  
       
  C’est aussi Jean Acquaviva qui crée la grande aventure d’anticipation scientifique, Tony Sextant, dans Chevalier de l’espace, dessinée par Julio Ribera de juillet 1957 à juin 1961. Cette publication de cette anticipation réaliste débute la semaine même où les Russes envoie le satellite Spoutnik 1 dans l’espace alors que le jeune savant Tony Sextant participe à la construction du satellite artificiel Séléné 1.


  Sous le pseudonyme de Jean-Simon Rutalais, Antoine Graziani publie dans Bayard à la fois des contes et des nouvelles dont « Quelle fameuse équipe » le 8 septembre 1957 et des articles ou travaux divers. C’est sous ce pseudo qu’il signe les adaptations des bandes italiennes telles que Hiawatha (1954-1955), Goéland rouge (1955), Le Trésor de Kon Tiki (1955), La Clé d’Antar (1956), Les Flèches rouges (1957-1958), A l’assaut du K2 (1957) Tenzing, le roi des tigres (1957)  deux histoires dessinées par De Luca.
  Il signe Pierre Mérou les articles sur L’Exploration sous-marine (1954), ou Les Indiens (15 chapitres en 1955 qu’il illustre lui-même), l’adaptation du film de Kurosawa, Les 7 samouraï  (BD dessinée par Pierre Forget de juillet 1956 à mars 1957).  
 

Jean Acquaviva a sans doute apprécié de travailler avec Loÿs Pétillot, un autre pilier du journal, capable de tout dessiner et avec Pierre Forget qui anime aussi Mic et Mac de Petit-Duc (avant de partir graver des timbres-poste).



  Je ne dirait rien des futurs Procopio adapté par Pierre Mérou, ni de Pascal et Michèle Monfort, une série née aussi dans Bayard. En revanche, on peut rappeler que Jean Acquaviva a écrit le scénario d’une aventure de Jerry Spring de Jijé, Les Trois barbus de Sonoyta, parue dans Spirou en 1957-58.     

mardi 17 octobre 2017

1957 Presse des jeunes 2 Récits complets, petits formats et albums souples

1957 La presse des jeunes (2) Les récits complets, les petits formats et les albums souples 

Récits complets très populaires, petits formats fort nombreux et albums souples très répandus parce que peu coûteux constituent la cible des choix des pédagogues et des censeurs. Ils ont été très lus et très échangés bien que leur présence soit alors interdite dans les cartables. 
Comme nous l’écrivions dans Fictions et journaux pour la jeunesse au XXe siècle, en 1957 : « Alors que le western et les thèmes d’aventure séduisent tout particulièrement les garçons, les histoires d’Indiens et de cow-boys sont fortement rejetées par les filles qui privilégient encore, surtout entre 7 à 10 ans, les contes de fées et, pour les plus âgées d’entre elles, les histoires d’orphelines et d'enfants malheureux. Les histoires de jungle, surtout fréquentes dans les récits complets de bande dessinée, précèdent dans les goûts des garçons, celles qui mettent en scène des animaux familiers, celles que l’on rencontre en majorité dans Le Journal de Mickey, et les récits héroïques de corsaires et de flibustiers, juste avant ceux qui touchent la chevalerie, suscitant l'indifférence à partir de 11 ans. De ces quatre thèmes, les deux premiers sont ceux qui laissent le moins les filles insensibles alors que les histoires maritimes et les exploits des chevaliers suscitent un rejet, surtout à partir de 11-12 ans. Pour l’instant, la science-fiction et le fantastique, du moins avant 10-12 ans, sont à peu près négligés puisque l’on s’en remet surtout au merveilleux traditionnel du conte et de la légende. Les histoires s’inspirant de l’actualité sont rares ». 
La science-fiction et le fantastique, du moins avant 10-12 ans, demeurent suspects car éloignés de la réalité (sauf dans les fascicules Artima). On s’en remet surtout au merveilleux traditionnel du conte et de la légende mais le développement des missiles et le lancement des satellites russes Spoutnik 1 et Spoutnik 2 en 1957, changent la donne même si l'on souhaite privilégier l'anticipation scientifique.

                        Une forte présence des thèmes du western

Récits complets (fort nombreux) :   
a) ceux du groupe ARTIMA (mensuels) Nouveaux titres en 1957 !
MYSTIC (1957-1959) ; PANDA (1957-1959) ; SPOUTNIK (1957-1960) ; VENGEUR (1957-1958) 


"Artima" : le récit complet en B.D. toujours très populaire
Le grand éditeur de province, sous la direction d’Émile Keirsbilk, est sans doute Artima (ARTisans en IMAgerie) de Tourcoing, éditant dès 1948 par des séries de récits complets. Après l’abandon, en 1952, du format à l'italienne pour le format « français », naissent ses fameuses nouvelles séries aux couvertures mémorables et éclatantes de couleurs, illustrant de nombreux genres. Ce furent d’abord en 1952, Ardan, Audax, Aventures film, riche en westerns (un genre présent aussi dans Tex Bill, dessiné par René Melliès). Il y eut aussi Dynamic et Tony Cyclone, une mémorable histoire d’aviation. En 1953 naît la série de science-fiction la plus connue et la plus recherchée par les collectionneurs : Météor (due aux frères Raoul et Robert Giordan). Ce même genre de récit qui provoque la colère injustifiée des censeurs face à des récits jugés « invraisemblables » est encore présent dans Atome Kid, Cosmos et, dès la fin de 1957, dans Spoutnik. Jungle, histoire de l’Ouest et guerre sont présentes dès 1954 avec la naissance de Tarou, une sorte de Tarzan débonnaire. Red Canyon (pour le western) et Vigor. Fulgor (1955-58),  Foxie (1956-1985), Hardy (1955-58) et Tempest précèdent la création de Panda (1957-1959), Mystic et Eclair. Les auteurs français Brantonne, Le Rallic, Melliès, Bob Dan (Dansler)… côtoient les frères Giordan et d’autres dessinateurs étrangers.

         b) les westerns : JOHNNY TEXAS (1956-1960) ; KANSAS KID (Nat présente...) (54-1959) ; PETIT SHÉRIFF (1950-1958) ; OLD BRIDGER (1956-1963) ; RANCHO (sept. 1954-janv. 1958)…

         c) les autres :  BANKO (1955-58) ; GARRY (1948-1964) ; BIMBO (1954-63) JEUNESSE JOYEUSE (1955-64) ("Le Journal de Bibi Fricotin" en 1965) ; JOYEUSE LECTURE (mars 1956-mars 1963) deviendra "Pschitt Junior" ; MISSIONS SECRÈTES (57-59) ; MOUSTACHE ET TROTTINETTE (56-60) ; PETIT RIQUET REPORTER (48) ; PSCHITT AVENTURES (57-58) ; PIM PAM POUM (1955-1961) ;  SANS PEUR (3e série : 1951-1961) ; TOM ET JERRY (1953-1961).



Les petits formats : AIGLE D'OR (mensuel né en 1956), AVENTURES DE DEMAIN (56-58), BATTLER BRITTON (depuis juil. 58), BIG HORN (1957-1960), BUCK JOHN (depuis sept. 1953), BUNNY (suite de Bugs Bunny), CASSIDY (1957-1964), DAKOTA (1954-1960), DICKY LE FANTASTIC (1957-63), FOX (1954-1959), FOXIE (depuis oct. 56), HONDO (1957-1966), KIT CARSON (depuis 1956), KIWI (depuis sept. 55),  PEPITO (1954-1966 ; 2 séries), PIKO (1955-1962), PIPO (1952-1961), ROCAMBOLE (54-65), SUPER BOY (depuis 1949), ROICO (54 ....), TARTINE (Dep. déc. 56), CAMÉRA (55-66) (suit "34 Caméra"), KIT CARSON (1956-1986), RODEO (depuis 55), TEX-TONE (depuis mai 57), TOTEM (1956-1960), ZORRO (1953-1980), DENNIS (1956-1962).


Notons les présences de Calvo (décédé en octobre 1957, de Pierre Lacroix (Bibi Fricotin), de Jean-Claude Forest (Charlot)... 

Les albums souples bon marché :
a) de la S.P.E. : AGGIE, BIBI FRICOTIN, CHARLOT, L'ESPIÈGLE LILI, HERCULE MALABAR, MIKI, LES PIEDS NICKELÉS.

b) Éditions Rouff : BAMBOULA, BISCOTTO, MARMITON, BOUCLETTE (52-60), KADÉPUCE, LAMALICE ET GOURDIFLO, PIP ET JOC, POUCETTE (1933-59), ZIGOTO (1950-1958).