dimanche 20 mars 2016

Pierre Pelot L'écrivain raconteur d'histoires


         Pierre Pelot
         L’écrivain raconteur d’histoires

         Raymond PERRIN

Voici un projet très ancien enfin concrétisé.
Le site des nouveautés de la BNF annonce la parution le 18 mars 2016 de l'ouvrage.

    

L'illustration de couverture est de Renaud PERRIN






Caractéristiques du livre : 392 pages. Format : 24 cm sur 15,5
24 pages illustrées en noir et blanc
Poids : 585 g.
ISBN : 978-2-343-081170-0
EAN : 9782343081700
Fiches UNIMARC : UIF-8/MARC-8
Parution le 18 mars 2016
Prix public : 39 euros 
Prix éditeur : 37,05 euros

      Table des matières
        
I L’écrivain Pierre Pelot, ici et maintenant (5-54)

II De la bande dessinée aux premiers romans (55-74)

III Dylan Stark, le justicier métis errant de l’après-guerre (75-106)     

IV Des récits contemporains issus du terroir (107-124)

V Pelot en pente douce ou rondes bosses ou les traces du cadre lorrain (125-148)                  

VI Quand les horizons familiers deviennent fantastiques (149-158)                 

VII  De La Septième Saison à La Nuit du Sagittaire :
Soixante paraboles ou récits de science-fiction ? (159-210)     

VIII Les cycles et séries de science-fiction (211-244)

IX Naissance et succès de la « paléofiction » (245-262)         

X Polars, thrillers et romans noirs, « noirs  pour la vie » (263-286)       

XI  De la pièce de théâtre au roman. Filmographie critique et novélisations. Œuvres pour la radio (287-314)                                     

Bibliographie chronologique des romans (315-344)                             

Bibliographie des nouvelles, des textes d’humeur et des textes courts
par Raymond Perrin, Alain Sprauel et Bernard Visse (345-354)                                 

Bibliographie chronologique des notices, études, ouvrages, articles, fanzines et journaux (355-375)

Index des noms de personnes (377-387)

Table des illustrations (391-392)





Site de la BNF 18 mars 2016

Nouveautés Éditeurs - Pierre Pelot L'écrivain raconteur d'histoires ...

nouveautes-editeurs.bnf.fr/annonces.html?id_declaration...titre_livre=Pierre_Pelot
1.                                
Blog "Grégoire de Tours" 7 mai 2016
http://www.gregoiredetours.fr/thematiques/histo...

Fabula 18 ma1 3016
www.fabula.org/.../r-perrin-pierre-pelot-l-39-ecrivain-raconteur-d-39-histoires_7421...
conteur-d-39-histoires_74217.php

Mylorraine 12 avril 2016

Pierre Pelot, L'écrivain raconteur d'histoires... - Saint Amé - My lorraine

www.mylorraine.fr › Articles

ActuSF 11 mai 2016

Raymond Perrin publie un essai sur Pierre Pelot : ActuSF

www.actusf.com/spip/breve-18699.html


Pierre Pelot. L'écrivain raconteur d'histoires - Raymond PERRIN ...

www.noosfere.org › Encyclopédie › Littérature

 

www.crilj.org/fil-dactualite-2-2/

            PARUTION – Vient de paraitre Pierre Pelot, l’écrivain raconteur d’histoires par Raymond Perrin. « Le long cheminement multigenre de Pierre Pelot au cours de 50 années d’écriture rend difficile une juste appréciation de son oeuvre et de l’originalité d’un parcours d’écrivain exemplaire. Cet essai vise à donner d’un auteur de près de 200 romans une vision ample et équitable, éloignée des stéréotypes. » Parmi les 200 romans, une soixantaine pour la jeunesse. En 1981, Un Bus capricieux(Ma première amitié) fut illustré par Claire Nadaud. L’Harmattan, 2016, 398 pages, 39,00 euros.



Vosges télévision
Qu’on se le dise du 1er juin 2016. Emission animée par Sophie SAP

https://www.google.fr/webhp?sourceid=chrome-instant&ion=1&espv=2&ie=UTF-8#
Il s'agit de présenter un essai de près de 400 pages consacré à l'écrivain vosgien inclassable, auteur de 200 romans dans des genres et des styles différents. L'auteur, essayiste et chercheur Raymond Perrin signe un travail accompli et remarquable, aux éditions l'Harmattan. www.editions-harmattan.fr.

CRILJ Textes amis

http://www.crilj.org/textes-amis-images-complices/?preview_id=111&preview_nonce=cad7ed4253&preview=true

Les années Marabout :

L'Ecran fantastique n° 378 Septembre 2016, page74
Le livre du mois : L'Antre de la folie Présentation de l'essai par Jean-Pierre ANDREVON

mardi 15 mars 2016

Eddy Mitchell, Mandryka et Claude Dubois dans "Risque-tout"

Quand Eddy Mitchell, Nikita Mandryka et Claude Dubois dessinaient dans le journal Risque-tout



Chez Dupuis, le 24 novembre 1955 naît l’étonnant hebdomadaire Risque-Tout, durant le temps de 50 numéros jusqu’au 1er novembre 1956. Dirigé par Maurice Rosy, le journal accumule les séries de bandes dessinées prestigieuses. C’est l’occasion pour Maurice Tillieux de créer Marc Jaguar (juste avant Gil Jourdan). Gérald Forton assure à lui seul les trois B.D. : Garage bleu, Alain Cardan et Kim Devil.
À la Une du journal apparaissent des histoires courtes de Morris avec Lucky Luke, de Victor Hubinon et son Buck Danny,  de Sirius (Timour), de Mitacq (La Patrouille des Castors), de Peyo (Johan et Pirlouit), d’André Franquin (Le Marsupilami), de Will et Rosy (Tif et Tondu), de Remacle (Bobosse)… Goscinny propose son Capitaine Coquelet dont il réalise texte et dessin, qu’Yvan Delporte transforme en Capitaine Bibobu (à cause de la traduction néerlandaise). Notons encore parmi les scénaristes,  Outre Rosy et Goscinny, Jean-Michel Charlier et Octave Joly (pour Tom et Nelly, dessiné par Al Uderzo).


On peut se demander si ce dessin de Claude Moine, alias Eddy Mitchell, n'est pas le même que celui qui aurait été publié, peut-être un peu plus tôt, dans le magazine hebdomadaire de bandes dessinées, COQ HARDI. (Avis aux chercheurs et aux lecteurs compétents qui veulent bien répondre dans les commentaires, soit pour confirmer, soit pour infirmer).
     
À l’origine, de format 29 cm sur 40, le périodique RISQUE-TOUT passe plus tard au format géant : 40 cm sur 58. Les reportages sur des sujets d’actualité (reportages techniques, aviation, anticipation, fiches zoologiques, actualité sportive…) côtoient des dessins d’humour dont certains sont réalisés par les lecteurs.


C’est ainsi qu’on peut identifier Claude Moine, le futur Eddy Mitchell, alors âgé de 14 ans (il est né en 1942), le Lorrain Claude Dubois (né ne 1934), l’un des auteurs de Perlin et Pinpin et de Sylvain et Sylvette. (Pour plus de renseignements, consulter ma notice dans la Dictionnaire du Livre de jeunesse, page305). 


Il y a surtout Nikita Mandryka, né en 1940, fameux créateur du Concombre masqué, pour plusieurs dessins d’humour et surtout pour la planche complète de Prosper habitant de la planète Farce, parue le 6 septembre 1956.  

Risque-tout faisait-il trop d’ombre à Spirou pour qu’on le fasse ainsi disparaître prématurément ?

P.S. : Pour tenter de mettre fin à une fable ridicule, rappelons que Maurice Rosy est l'unique rédacteur en chef de Risque-Tout. 

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vendredi 4 mars 2016

Dylan Stark vu par Pierre Joubert en 1967

Dylan Stark, dessiné par Pierre Joubert et l'influence du cinéma

Puisque vous consulter ce blog, vous connaissez Dylan Stark, cet anti-héros américain créé par Pierre Pelot plongé dans la Guerre de Sécession et les troubles nés d’une paix précaire.
Le personnage vu par Pierre Joubert a bénéficié des représentations de James Dean (Giant") et de Steve Mac Queen ("Nevada Smith"), comme le prouvent ces illustrations.



P.S. : Je vais publier, probablement en ce mois de mars 2016, un essai intitulé :
Pierre Pelot L'écrivain raconteur d'histoires
A suivre.

mercredi 6 janvier 2016

Cabu : qui a vu son premier dessin publié ?

Cabu : son premier dessin publié est toujours méconnu

Cabu, assassiné par des crétins barbares dans les locaux de Charlie-Hebdo il y a juste un  an, a voué sa vie au dessin, son mode d’expression préféré et permanent.
Il a souvent raconté que son premier dessin avait été publié à la suite d’un concours organisé par l’hebdomadaire catholique Cœurs Vaillants, le journal qui a publié les aventures de Tintin de Hergé. Le premier prix était un vélo (rouge disent certains) remis par le cardinal Feltin au Vélodrome d’hiver (le fameux Vel d’Hiv parisien dont on occultait alors le passé tragique, en particulier grâce à des compétitions sportives). Le jeune Cabu avait pris le train à Châlons-sur-Marne pour venir chercher son prix. La bicyclette en main, il a « fait un tour de piste devant des milliers de gamins ».


Si ces premières informations sont incontestables, ce qui l’est moins, ce sont les dates du concours, de la publication éventuelle du dessin et de l’âge du jeune Cabu (né Jean Cabut le 13 janvier 1938).

Les divers médias ont imprudemment avancé les dates 1948 ou 1950 pour situer ces faits. Or, l’information la plus complète et la plus fiable semble contenue dans l’interview de Cabu réalisée par l’émission Hors Champs, sur France Culture le 24 juin 2011. L’artiste révèle que l’objet du concours était un dessin réalisé pour la marque de stylo Météore. Sur l’affiche réalisée par Cabu, « on voyait un bonhomme qui avait les pieds sur la table et un gros stylo qui marchait tout seul ». (Cabu précise en 2012 au journaliste Michel Monsay qu’il s’agit d’ »un élève avec les pieds sur son bureau et les mains dans les poches qui regardait son stylo écrire tout seul »). Le texte accompagnant le dessin était : « Le stylo qui marche tout seul ».
Quand on l’interroge sur la date de la remise du vélo par Mgr Feltin, Cabu, trahi par sa mémoire, fait un curieux lapsus révélateur en disant : « C’était en 1952, je suis né en 1938, non, c’était en 1950, j’avais douze ans ». (En fait, c'était bien en 1952 et Cabu avait alors 14 ans).


En réalité, il semble bien que le seul concours organisé par Cœurs Vaillants pour les stylos Météore soit apparu dans les colonnes du journal dans le numéro 44, à partir du 4 novembre 1951. Des précisions sur le concours (dont le règlement paraît 11 novembre) sont données dans divers numéros de novembre et de décembre. Les mêmes informations sont présentes dans les numéros correspondants du magazine féminin Âmes Vaillantes. Il s’agit de réaliser une affiche de 30 cm sur 40 en utilisant les quatre couleurs : noir, rouge, bleu, jaune. Les envois (individuels ou collectifs) doivent être effectués au plus tard le 31 décembre 1951 à la Société Météore à Nanterre. On précise que les dessins ne seront pas rendus.      
Sous le titre : Au Vel d’Hiv de Paris, 25 000 garçons et filles se sont écriés : « Nous ne sommes pas des Cœurs Vaillants de carton », le n° 17 de Cœurs Vaillants du 27 avril 1952 rend compte d’une manifestation des Cœurs Vaillants qui s’est déroulée le 20 mars 1952 « sous la présidence de Mgr Feltin archévêque de Paris ». (Le compte-rendu ne figure pas dans Âmes Vaillantes) Il n’y a pas un mot sur la remise du vélo. Est-ce en ce 20 mars 1952 que Cabu, âgé alors de 14 ans, a reçu, son prix ? C’est probable.


Autre mystère, personne n’a retrouvé la preuve de la publication du dessin dans aucun des trois journaux Fleurus de l’époque : Cœurs Vaillants, Âmes Vaillantes et Fripounet et Marisette. On n’en trouve pas trace dans le gros album intitulé Tout Cabu. Peut-être faut-il fouiller dans les albums et almanachs Fleurus de l’année 1952.


Merci à ceux qui pourraient fournir de informations plus précises dans les commentaires ci-dessous. Je compte sur toutes les bonnes volontés et d’avance, je vous remercie.



Merci à l'auteur du commentaire 1. Grâce à cette personne généreuse, nous savons que pour voir le dessin, il faut consulter sur le Net "La bibliothèque d'Oncle Archibald" et cliquer sur Jean Cabu. Les éditions Fleurus n'ont donc jamais publié ce dessin, contrairement à ce qui est souvent écrit. C'est, comme l'indique le commentateur, la revue Publimondial qui a publié le dessin de "Jean Cabut de Châlons-sur-Marne" et les prix ont bien été remis au Vélodrome d'Hiver à Paris. (A l'époque, Cabu ignorait les faits tragiques qui s'y étaient déroulé.)  Le voyage de Cabu, de Châlons-sur-Marne à Paris a été payé par les stylos Météore.  
Ce concours a suscité 1800 dessins. Une jeune fille lauréate a également reçu une bicyclette.

mardi 22 décembre 2015

Coup de rétro sur quelques journaux de 1955

Coup de rétro sur quelques journaux illustrés de 1955

La presse commerciale et distractive illustrée marque un certain essoufflement pour les journaux privilégiant la bande dessinée. Marijac a créé Nano et Nanette en 1955, pour lequel il avait su tirer parti des talents de Edmond-François Calvo, Erik (René Jolly), Noël Gloesner et Étienne Le Rallic.
Le Journal de Mickey renaissant en 1952, a fait appel à des dessinateurs français, comme Pierre Nicolas, auteur de la longue série Mickey à travers les siècles (1952-1978). Il atteindra le tirage record, en 1957, de 633 000 exemplaires.
Hurrah Magazine est presque exclusivement constitué de bandes dessinées en couleurs (une seul page de texte : par exemple, La jeunesse de Catamount d’Albert Bonneau). Outre  Robin des bois de Jacques Souriau et Renaud Fontenay, Davy Crockett d’Étienne Le Rallic, Yann, Mousse du « Goéland » et Arthur et Zoé d’Ernie Bushmiller, on trouve des bandes dessinées traduites (Duck Hurricane, Chandra, prince royal…). L’Intrépide dont la 2e série s'étend de 1949 à 1962, après un temps de fusion avec Hurrah, connaît un inexorable déclin. Aux jours fastes, il publie Horn du West d’Étienne Le Rallic, Fanfan la Tulipe, fidèlement adapté du film de Christian-Jaque par Jean Prado, et Cadet Rousselle, du même Étienne Le Rallic.
Le journal Benjamin, renaît de décembre 1952 à novembre 1958, avec le parrainage d’écrivains et d’intellectuels, peu sensibles aux aventures belliqueuses de Biggles mais davantage séduits par la rareté des bandes dessinées. Il rend l’actualité accessible aux jeunes lecteurs, une préoccupation constante chez son créateur Jean Nohain. En revanche, le magazine Entre amis ne percera pas, vivotant de 1954 à sa mort en mai 1959.


Chez Fleurus, l’hebdomadaire catholique pour les garçons Cœurs vaillants connaît une année sans grande surprise avec quelques désillusions. Certes, on rencontre toujours les personnages de Frédéri le gardian de Robert Rigot (Le Chevalier Corsaire, Au pays des Caboclos, Le Gisement de Cavagna), et Yann Levaillant dessiné par Noël Gloesner (Le Chrysanthème de Jade, Expédition Ternium) occupe toujours la Une mais Oscar et Isidore de F.-A. Breysse, après une fugace apparition dans Le Secret du Vultur Totem inachevé, vont disparaître définitivement le 17 avril 1955. La rédaction fait croire que l’auteur est malade et pousse même l’hypocrisie en lui souhaitant « un prompt rétablissement » alors que cette rédaction, dans une ingratitude totale, l’avait mis dans l’obligation de s’en aller.


Les pages centrales sont alors remplies en catastrophe par des bandes de Robert Moreau, Pierdec, Pierre Brochard et même par Pellos qui illustre des histoires illustrées tirées du Mutilé de l’Océan de Jean Merrien et de Moby Dick de Melville. Rochelle, dans un style qui semble ne rien devoir à celui de Rol) dessine plusieurs récits complets en changeant de style. Alors que Robert Moreau, très sollicité, essaie de faire oublier l’absence de Calvo, Erik (André René jolly), toujours égal à lui-même, intervient très souvent. On lui doit les bandes Le Maître des profondeurs, Le Commissaire Picablo contre Z, Sus aux pirates et surtout Pat’ Rac contre l’Anguille, avant que le reporter-détective revienne dans Échec au dragon

Dans son style réaliste, G.B. Baray réalise Le Secret de l’amphore et Alain d’Orange illustre quelques scénarios. Notons encore le départ pour Rome de l’abbé Gaston Courtois qui va ainsi laisser le champ libre à l’abbé Jean Pihan.           


Vaillant, hebdomadaire soutenu par le parti communiste qui affirme toujours être « le plus bel illustré de la jeunesse », avec un tirage honorable, bénéficie de séries prestigieuses. Malheureusement, en 1955, la fantastique bande dessinée de science-fiction : Les Pionniers de l’Espérance, dessinée par Raymond Poïvet sur un scénario de Roger Lecureux est absente. Mais Lecureux scénarise Lynx blanc et L’Insaisissable Nasdine Hodja.  En revanche, on peut lire P’tit Joc de André Joy (alias Gaudelette) et Jean Ollivier, Bob Mallard de Rémi Bourlès et Bourdens. Ajoutons, remarquablement dessinées par René Bastard, la bande Yves le Loup (sur scénario de Jean Ollivier) dans Le Testament de Gauvin et Le Manoir des ogres


Des adeptes passionnés de comique dévorent Placid et Muzo, l’ours et le renard conçus par Jean Ollivier et dessinés dès 1946, Pif  le Chien, créé par le même Arnal et repris par Mas, Arthur le Fantôme de Cézard et La Pension Radicelle d’Eugène Gire, cocasse et délirante, bien mise en valeur par les pages grand format. Citons encore Lucien Nortier, l’auteur de Sam Billie Bill. En 1955 apparaît Ragnar le Viking de E. T. Coelho dans La Harpe d’or. N’oublions pas Capitaine Cormoran de Paul Gillon superbement mis en couleur et Louk, Chien loup.  



La presse d’origine belge connaît une embellie remarquable surtout à travers les deux journaux symbolisant les écoles de Bruxelles et de Charleroi. Chez Dupuis, le journal de Spirou dont le rédacteur en chef est Yves Delporte bénéficie de progrès techniques dans l’impression. On y trouve des séries mémorables. Pour Lucky Luke, Morris a pour scénariste Goscinny quand il dessine Des rails sur la prairie. Aux histoires de Buck Danny, l’aviateur dessiné par Victor Hubinon et scénarisé par Charlier s’ajoute une superbe biographie de Mermoz. Tif et Tondu contre la main blanche de Will et Rosy poursuivent leurs aventures dans Le Retour de Choc. Spirou, mis entre les mains du génial André Franquin (quoi va quitter Spirou pour Tintin) affronte Les Pirates du silence. Les Belles Histoires de l’Oncle Paul lancées par Charlier pour le côté éducatif font taire les censeurs. Peyo envoie Johan vers La Pierre de Lune juste avant Le serment des Vikings. Sirius (Max Mayeu), censuré pour L'Épervier bleu sur la Lune, commence la superbe série de Timour (Le Talisman). Il aborde ainsi l’Histoire depuis l’Antiquité à travers les générations successives du jeune homme aux longs cheveux roux. Jerry Spring, superbe western de Jijé, lancé en 1954 se poursuit avec Le Visage pâle et La Passe des Indiens. N’oublions pas Kim Devil de Gérald Forton dans Le Monde disparu. Les amateurs de scoutisme découvrent La Patrouille des Castors de MiTacq et Charlier dans Le Disparu de Ker Aven, tandis que naît, en novembre, l’étonnant journal Risque-Tout durant le temps de 50 numéros avec un superbe grand format. C’est assez pour que Maurice Tillieux crée Marc Jaguar.




Le journal de Tintin aligne lui aussi depuis ses débuts des séries prestigieuses. A Tintin et Milou, engagés dans L’Affaire Tournesol, Hergé ajoute Jo, Zette et Jocko qui s’aventures dans La Vallées des cobras. Le jeune breton  Corentin de Paul Cuvelier a laissé un grand souvenir car personne n’a su comme Cuvelier dessiner les « Peaux Rouges » avec autant de finesse, de respect et d’exactitude... Alix l'intrépide de Jacques Martin et dont les aventures s’étendront surtout sur le pourtour de la Méditerranée, découvre La Tiare d’Oribal. Bob et Bobette de Willy Vandersteen, après Le Gladiateur-Mystère affrontent les Martiens. Blake et Mortimer (conçus par Edgar-P. Jacobs dès 1946) plongés dans L’Énigme de L’Atlantide. Superbe série animalière, Chlorophylle né sous le crayon magique de Raymond Macherot lutte contre les rats noirs. Franquin fait une infidélité à Spirou en créant chez son concurrent Tintin le duo hilarant de Modeste et Pompon. Il faudrait encore citer Les Aventures de Dan Cooper de Weinberg, Le Chevalier Blanc de Fred Funcken,  Les Nouvelles aventures de Pom et Teddy de Craenhals, les récits complets en B.D. et les 8 pages de « Tintin-Actualités ».




Coup de rétro sur 1955 : westerns et Artima

1955 : Journaux et récits complets

En 1955, des publications d’inspiration laïque, plutôt didactiques et un peu austères, n’ont qu’une diffusion assez réduite. Au bimensuel Francs-Jeux, fondé en juin 1946 par la Ligue de l’enseignement s’était ajouté en 1948 le mensuel Terre des jeunes, pour les plus de 11 ans. Compte tenu de la position négative ou franchement hostile, des milieux enseignants à l’époque sur la bande dessinée, on comprend qu’elle ne fût introduite que tardivement, à dose homéopathique dans ces journaux. Jeunes Années Magazine, trimestriel pour les 8-11 ans, lancé par Les Francs et Franches Camarades en 1952-53, souffre d’une parution trop épisodique. Autre création, en septembre 1953, celle de L’Ami Coop (devenu Amis Coop en 1957), mensuel fondé par la Coopérative scolaire.
 Durant cette période existe une presse publicitaire juvénile intéressante. Outre Millat Frères Magazine, petite publication illustrée, soutenue par une marque de pâtes, et Pistolin (1955-1958), financé par le chocolat Pupier et dans lequel dessinent Uderzo, Hubinon et Sirius, Kim, de 1952 à 1968, est « distribué gracieusement aux petits amis de Shell ». Ne revenons pas sur le plus intéressant,  Ima, l’ami des jeunes, mensuel puis hebdomadaire en couleur, présenté récemment sur ce blog.


Des publications souvent classées « mauvais genres » par les adultes
Les Éditions du Siècle, publient Targa et surtout Garry, un héros guerrier et deviennent en 1951 les Éditions Impéria, divulguant les deux westerns Prairie et Hopalong Cassidy. Les Éditions Lug, débutant en 1950 avec Plutos, diffusent exclusivement des bandes italiennes et lancent les westerns Rodéo en 1951 et Tex (le ranger Tex Willer) en 1954, avant d’aborder le petit format avec Pampa et l’humoristique Kiwi dont la longévité fut exceptionnelle, en 1955. Les Éditions des Remparts de Lyon ont publié René Brantonne (1903-1979) et son fils Jack de Brown, dessinant d’un trait énergique sur des textes de Paul Mystère (alias Paul Bérato) et d’André Star (Max-André Dazergues ou André Compère, 1903-1963), dans les magazines Junior Aventures et Junior Espionnage.
Cette décennie est la plus faste pour le western populaire. En témoignent les revues et récits complets : Au galop, Far-West, Hopalong Cassidy, Kid Colorado, Pampa, Pecos Bill et Prairie (disparus en 1957) ou encore Kansas Kid (1954-1959), Petit Shériff (1950-1958), Old Bridger (1956-1963) ou Rancho (1954-1958).
Dans les petits formats, on peut citer le western Buck John, né en septembre 1953, au dessin médiocre mais doté d’une grande longévité et, pour l’humour : Bunny, et surtout, Pépito de Luciano Bottaro et Tartine. Citons encore les albums souples bon marché de la S.P.E., comme Aggie (créée aux États-Unis en 1946 et adoptée par Fillette en 1947) L’Espiègle Lili, Bibi Fricotin, Charlot, Les Pieds Nickelés (les anciens personnages « Offenstadt » repris par d’autres dessinateurs comme Lacroix, René Pellos ou Jean-Claude Forest), mais aussi Miki et Oncle Harry, de Bob Kay et A. Gérard, dont on poursuit les aventures.
Les Éditions Rouff diffusent des albums populaires uniquement  axés sur l’humour facile et la farce, comme Poucette et Zigoto.


Que se passe-t-il encore en 1955 ? Le journal Capucine disparaît après 57 numéros en décembre. Coq Hardi devient Coq hardi je serai en juillet pour 16 numéros seulement. Far West existe de mai 1955 à avril 1957 grâce à Marijac.
 Jeunesse Joyeuse raconte surtout les aventures Bibi Fricotin. Line, petite soeur du jounal de Tintin naît en mars 1955. Les Belles histoires de Nano et Nanette précèdent le "Journal de Nano et Nanette". Chez Artima sont lancés Fulgor et Hardy.

  

"Artima" : le récit complet en B.D. toujours très populaire

Le grand éditeur de province, sous la direction d’Émile Keirsbilk, fut sans doute Artima (ARTisans en IMAgerie) de Tourcoing, débutant de 1943 à 1949 par les "Albums du P’tit Quinquin" (surtout illustrés par J.E Dupuich), puis en 1948 par des séries de récits complets. Après l’abandon, en 1952, du format à l'italienne pour le format « français », naissent ses fameuses nouvelles séries aux couvertures mémorables et éclatantes de couleurs, illustrant de nombreux genres. Ce furent d’abord en 1952, Ardan, Audax, Aventures film, riche en westerns (un genre présent aussi dans Tex Bill, dessiné par René Melliès). Il y eut aussi Dynamic et Tony Cyclone, une mémorable histoire d’aviation. En 1953 naît la série de science-fiction la plus connue et la plus recherchée par les collectionneurs : Météor (due aux frères Raoul et Robert Giordan). Jungle, histoire de l’Ouest et guerre sont présentes dès 1954 avec la naissance de Tarou, une sorte de Tarzan débonnaire, Red Canyon (pour le western) et Vigor. Il faut encore citer Fulgor (1955-58),  Hardy (1955-58) et Tempest.