jeudi 15 février 2018

Johnny Hallyday dans la presse des jeunes, début années 60


Johnny Hallyday dans la presse des jeunes au début des années 60

Tant pis si l’actualité tonitruante sur le sujet ne s’y prête pas, voici quelques images du chanteur apparues surtout dans le journal « Pilote » en 1962 et 1963.

Marcel Bisiaux, est nommé rédacteur en chef du journal « Pilote » en janvier 1962. Sous-titré « Grand magazine des jeunes » puis « Magazine des jeunes de l’an 2000 », l’hebdomadaire cible maintenant un public adolescent et parle bientôt des « copains », avec l’assentiment de Georges Dargaud et la désapprobation de Goscinny, de tout temps réfractaire à toutes les modes. 
A la fin de l’année, quelques couvertures sont vouées aux « vedettes » de la chanson. (Le magazine Salut les copains, né en 1962, qui tire alors à plus d’un million d’exemplaires suscite des envies de copier une formule qui réussit et Marcel Bisiaux veut adapter Pilote à la nouvelle mode en faisant intervenir vedettes de la chanson et animateurs proches de ce courant. 
C’est une lourde erreur car les lecteurs, dont on a sous-estimé le goût et l’intelligence, ne suivent absolument pas.  
En 1963, Marcel Bisiaux cède de plus en plus à la mode yé-yé. Anne-Marie Peisson, speakerine télévisuelle, et François Janin interviennent dans le journal, tout comme Jacqueline Caurat pour la philatélie. On recrute Roger Couderc et son fils Laurent pour parler des sports. 
Outre Johnny Halliday, les chanteuses Françoise Hardy, Sheila et Sylvie Vartan accaparent la Une du magazine. Tout cela  provoque une chute vertigineuse des ventes. Un événement annexe a pu jouer en introduisant une mauvaise image de la génération « yé-yé ». C’est la fameuse fête organisée le 22-23 juin 1963, place de la Nation par Daniel Filipacchi, créateur du journal et de l’émission de radio correspondante sur Europe n° 1 : Salut les copains. (On fête le 1er anniversaire du mensuel). Des journalistes comme Philippe Bouvard et Pierre Charpy (« Salut les voyous ») se déchaînent alors contre cette jeunesse turbulente. Heureusement à contre-courant, Edgar Morin, en juillet 1963, fait part de ses réflexions plus positives dans Le Monde.


Fin 1963, c’est  la naissance d’un vrai journal de bandes dessinées quand Dargaud renvoie Bisiaux, menace de saborder « Pilote » et appelle Goscinny et Charlier pour sauver le journal. Ils deviennent corédacteurs en chef en septembre (Charlier jusqu’en octobre 1972).

Johnny Hallyday devenu « L’idole des jeunes » (expression vient d’une chanson de Ricky Nelson, on l’oublie souvent), a déjà imposé sa musique rock et « yé-yé » (selon Edgar Morin dans le journal « Le Monde »).


Johnny Hallyday s’est déjà produit auparavant au Palais des Sports en 1961, à l’Olympia en 1962. Il est apparu seul ou avec Sylvie Vartan sur des couvertures du mensuel « Salut les copains », en 1962, sous la houlette de Frank Ténot et Daniel Filipacchi, animateurs de l’émission éponyme sur Europe N° 1 depuis 1959. (Le titre est inspiré par une chanson de Pierre Delanoë chantée par Gilbert Bécaud depuis 1958).


En 1969-70, paraissent sept numéros de l’hebdomadaire « Johnny le journal de l’âge d’or ». Cet illustré mêlant des bandes dessinées actuelles de qualité médiocre et des classiques de l’âge d’or américain avait peu de chances de durer, surtout que le nombre de pages se réduit au fur et à mesure des parutions.




Profitant dans doute de la sortie du western spaghetti de Sergio Corbucci et Gastone Moschin, « Le Spécialiste » avec Johnny Hallyday en vedette, Dans ce western assez conventionnel, Hud le cow-boy se rend à Blackstone pour venger son frère. Jean Tosan et Alain Schwartz ont lancé leur journal grand format mais en oubliant de consacrer au moins un article au chanteur-acteur. Toutefois, la sortie du film s’est accompagnée d’une adaptation (inachevée) en bande dessinée par le grand Jijé (alias Joseph Gillain), avec la collaboration de son fils Philipp, sous le titre Hud, le spécialiste (8 planches seulement sont parues).   


        Les couvertures de "Salut les copains" concernant Johnny Hallyday sont bien connues. C'est pourquoi je n'en reproduis qu'une, celle du numéro 10. J'ajouterai celle d'un numéro de "TOP Réalités Jeunesse", un bimensuel moins connu. Cette photo de Johnny Hallyday à cheval évoque probablement le western camarguais de Noël Howard "D'où viens-tu Johnny ?" tourné en Provence en 1963 et dans lequel Johnny Hallyday chante : "Pour moi la vie va commencer" sur des paroles de Jean-Jacques Debout.








samedi 10 février 2018

Sartre, les illustrés; la censure et "Les Mots"


Jean-Paul Sartre, les illustrés, la censure et Les Mots

Pourquoi diable, la revue de Jean-Paul Sartre, Les Temps Modernes, a-t-elle choisi deux fois (en 1949 et en 1955) de publier des articles d’auteurs traduits pour condamner les illustrés, c’est-à-dire  la bande dessinée.
La première fois, ce fut dans son n° 43 de mai 1949 à travers un article attaquant les « comics » d’une façon délirante, voire démentielle, en tout cas exagérée. Ce n’est pas un hasard si ce fut deux mois avant l’adoption par le Parlement français de la loi scélérate du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse (dont il faut relire l’absurde Article 2 qui permet d’attaquer n’importe quel écrit).


Les responsables de la dite revue, sans doute sous la pression de leurs amis communistes. (Ils en étaient souvent restés aux propos de Georges Sadoul datant de 1938, jugeant les illustrés comme des « condensés de crimes »). Les dirigeants des Temps Modernes auraient été bien inspirés de se documenter sur l’auteur de Psychopathologie des comics (traduction flatteuse de Not For Children) de Gershon Legman (1917-1999).
Il s’agit comme l’indique aujourd’hui sa fiche Wikipédia, d’un auteur grivois, véritable obsédé sexuel, censuré pour ses propres écrits pornographiques et qui « ne jouit pas de toutes ses facultés » comme l’écrivaient en 1997 Harry Morgan & Manuel Hirtz dans leur ouvrage commun : Le Petit Critique illustré.
Selon Legman qui assure que la génération américaine postérieure à 1950 ne sait pas lire et les « comic-books » donnent aux enfants « un cours complet de mégalomanie paranoïaque ». Ils véhiculent « les mêmes traits d’homosexualité et de sadisme que dans le nazisme » et Wonderwoman semble être pour lui une lesbienne.


Quand le docteur et psychiatre Fredric Wertham, en octobre 1955,  publie dans le n° 118 de la revue Les Temps Modernes (dont Jean-Paul Sartre est toujours le directeur) des extraits de son ouvrage  Seduction of the innocent sous le titre Les « crime comic books » et la jeunesse américaine, il reprend, sans preuve, la fameuse accusation faite aux bandes dessinées et maintes fois reprise de favoriser la délinquance juvénile. L’article aura d’autant plus de poids que Wertham, plutôt malhonnête, ne distingue pas les bandes dessinées classiques des « crime comic books » qu’il illustre de cases choisies et sorties de leur contexte. (L’Amérique qui n’en a pas fini avec McCarthy a adopté le Comics Code en 1954.)      


C’est ainsi, en tout cas, que Jean-Paul Sartre s’est fait le complice des censeurs des illustrés et de la bande dessinée, se mettant au même rang que feu l’abbé Bethléem, et reniant implicitement ses propres lectures d’enfance faites dans Cri-Cri, L’Épatant (publiant déjà Les Pieds Nickelés de Louis Forton), Les Trois Boy-scouts ou Le Tour du monde en aéroplane d’Arnould Galopin. Ces lectures d’images merveilleuses et fascinantes, il les confesse plus tard dans Les Mots (1964), une autobiographie si forte qu’elle aurait conduit, selon certains, à l’obtention du Prix Nobel (refusé par l’auteur).


Il apparaît ainsi pour l’instant comme le défenseur d’une culture élitiste bourgeoise, celle de son grand-père Charles Schweitzer, trahissant à la fois sa mère Anne-Marie complice de ses lectures d’illustrés et ses jeunes années revisitées plus tard dans l’autobiographie Les Mots.

Pour quels motifs aurait-il pu changer d’opinion sur le sujet évoqué dans le livre Les Mots, paru en 1964 mais dont il corrige les épreuves en avril 1963 ? La bande dessinée a globalement toujours mauvaise presse mais en 1963 Jérôme Peignot publie chez Denoël le recueil Les Copains de notre enfance (mais l’anthologie de François Caradec I Primo eroi n’a pas franchi les frontières de l’Italie !). En France, Francis Lacassin (déjà auteur en 1963 d’un Tarzan, mythe triomphant, mythe humilié dans la revue Bizarre), crée le Club des bandes dessinées avec Alain Resnais, Evelyne Sullerot, Jacques Champreux, Pierre Couperie, Jean-Claude Forest et Jean-Claude Romer. Le Club diffuse le bulletin illustré Giff-Wiff.
Il serait sans doute naïf de croire que ces petits faits éditoriaux, pas plus que la naissance de Pilote en 1959 ou le succès populaire grandissant de Tintin et d’Astérix aient pu avoir une quelconque influence sur les opinions de Jean-Paul Sartre qui reparlera néanmoins de ses illustrés dans le documentaire d’Alexandre Astruc et Michel Contat : Sartre par lui-même en 1972.        
    
  


lundi 18 décembre 2017

"Le Petit Canard pour les jeunes " et "La Liberté de l'Est pour les jeunes", 2e série (3)

« Le Petit Canard pour les jeunes », supplément jeunesse de journaux régionaux

Deuxième série (décembre 1948-juillet 1949)


La deuxième série de l’hebdomadaire Le Petit Canard quoi débute le 2 décembre 1948 aura la sagesse de conserver le temps de ses 32 numéros le format 25 sur 32 cm.
Les 10 premiers numéros mettent en grand titre le nom du quotidien régional avec l’additif « pour les jeunes ». A l’époque, parmi les journaux qui publiant le supplément, on relève La Nouvelle République (du Centre, de Bordeaux et du Sud Ouest), L’Yonne Républicaine, Nord littoral, Midi libre, Paris Normandie et La Liberté de l’Est… 
Par exemple, on lit : La Liberté de l’Est pour les jeunes, la mention Le Petit Canard « interdit aux grandes personnes » étant reléguée en petit format en haut et à droite de la page de titre.


Alors que la pagination est au départ de 8 pages, à partir du numéro 14, le 3 mars 1949, le journal adopte 12 pages du même format initial (25 sur 32 cm.).
Le supplément maintient ses 12 pages sauf dans le dernier numéro 32 « Spécial de vacances » de juillet-août 1949 qui en comporte 20. 

Ce qui frappe d’emblée, c’est la fin de la vision hexagonale étriquée du journal et son ouverture sur  le monde, même si la vision colonialiste ou exotique subsiste, par exemple dans Aventure en Afrique (couverture du n° 15) ou Dans la forêt cinghalaise (n° 27) ou encore  dans l’évocation de Savorgnan de Brazza dans A la conquête du Congo (n° 28).

Le numéro 1 est illustré en couverture pas Poléon (Louis Lempereur) qui, outre un grand dessin du « caneton » introduit l’animal dans une BD (presque) muette de 8 vignettes. Cette même présentation se poursuit jusqu’au n° 13 mais dès le n° 11, le 10 février 1949, réapparaît le titre : Le Petit canard pour les jeunes et ce, jusqu’au n° 32.


La 1ère page indique que le rédacteur en chef  est « Votre ami Jaboune », alias Jean Nohain.
Aux 8 pages dont 4 en couleurs, le journal ajoute un supplément de 4 pages en noir et blanc de format 22 sur 30 cm. intitulé « Notre club Audace et cran », dès le numéro 5 jusqu’au numéro 13. Par exemple, dans le n° 6, Paul-Emile Victor raconte à la 1ère personne « Comment je suis est allé au Pôle Nord » et le cinéaste Albert Mahuzier évoque son aventure vécue « Quand je filmais les éléphants » d’Afrique.
Le magazine s’ouvre un peu au cinéma en présentant quelques films américains : L’Appel de la forêt, Jody et le faon, Aventure en Irlande, Jupiter (il s’agit en fait du film américain Jupiter le fils de Flicka)...  
Jacques Faizant qui avait déjà précédemment publié Les Nouvelles aventures du Colonel Broum dispose de la dernière page en couleurs pour sa bande intitulée Boudoche, Patapoum et l’infatigable Colonel Broum. Comme on le voit ci-dessous, le texte envahit toujours autant l'image.


Il publie en outre un strip muet : L’Invraisemblable Monsieur Pluche. Daniel Laborne, le créateur de Lariflette, lui crée un fils, Tatave, tout aussi comique. Dans un autre registre, Joe Hamann (auteur et cinéaste), en y mêlant des aspects autobiographiques, écrit et dessine Le Véridique et passionnant récit (de) Mes aventures au Far-West. Le titre est plus pompeux que le résultat.
  
En dépit de son parti pris d’optimisme, la publication reflète pourtant quelques inquiétudes d’une époque qui ne croit pas, à tort, à une longue période de paix en France. Deux bandes dessinées reviennent sur L’Épopée de la bataille de l’eau lourde et sur Le Mystère de la bombe atomique.


Sur une demi largeur en page 3 paraissent des bandes dessinées verticales sans ballons retraçant la vie de grands sportifs, d’abord Marcel Cerdan « la vie d’un grand champion », puis le cycliste René Vietto « le champion malchanceux », le coureur à pied Marcel Hansenne, le nageur Alex Jany, le footballeur Larbi Ben Barek, les cyclistes Jean Robic et Fausto Coppi, le catcheur Charles Rigoulot. Plus tard seront à l’honneur les boxeurs Raymond Famechon, Laurent Dauthuille et Joe Louis, l’aviateur Marcel Doret, le skieur James Couttet, l’escrimeur Christian d’Oriola, le coureur automobile Louis Rozier… On chercherait en vain le nom d’une sportive !
L’univers du Petit Canard est essentiellement masculin, sauf rarissime exception. Les fillettes n’ont droit qu’à leur photo dans « l’album des canetons » ou dans le « Tableau d’honneur » des élèves méritants.


  
Les pages centrales sont occupées par quatre bandes dessinées en couleurs.
La présentation des deux pages centrales en couleurs sera immuable. En haut, une bande dessinée horizontale (Après Dédé et Lolo par Mary, Histoires cocasses de Mr Candide par Evariste,  Au centre, une bande plus large que haute. D’abord la bande anonyme  : Les Aventures de deux Gamins à la Radio. (Il n’est pas impossible que Jaboune soit l’auteur du scénario. Quant au dessin, il évoque le style d’Alain Saint-Ogan). Deux jeunes lycéens  provinciaux font le pari de chanter à la radio. Venus à Paris, il s’introduisent plusieurs fois dans une station de radio parisienne ou ils rencontrent le radio-reporter célèbre Georges Briquet puis Jean Nohain (encore porteur de cheveux malgré sa calvitie bien connue). Profitant de l’absence de Fernandel souffrant, les deux garçons gagnent leur pari en chantant Maître Pierre, un succès de l’époque dû à Henri Betti et Jacques Plante.
La prochaine histoire illustrée centrale est l'adaptation d'un roman d'anticipation scientifique de Pierre Devaux : XP15 en feu, un roman édité par Magnard dès 1945 et souvent réédité. 


De chaque côté, une bande verticale. D’abord, Kalumey par Barberousse (Philippe Josse, 1920-2010, surtout connu pour ses dessins humoristiques de chats et de souris), La Vie privée du soleil par Marianne Monestier pour le texte et  Francis Bernard pour le dessin, puis Ricounet au pays des Maharadjas, texte et dessin de Henri Fox (qui signe H. Fox) et Tafia le marin de Martial (Martial Durand, le futur auteur de Tony Laflamme et de Sylvie). Il aura pas le temps de développer la bande : Le Distingué professeur Molluscet Burett le robot.          

Quand paraît le dernier numéro 32 « Spécial de vacances » de juillet-août 1949, les  des récits ou bandes dessinées des numéros 31 et 32 portant encore la mention « à suivre ».


Ce n’est sans doute pas un hasard si Le Petit Canard s’interrompt, comme beaucoup d’autres journaux sabordés à l’époque, au moment où est publié le texte de la loi du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse.    
 




samedi 16 décembre 2017

"Le Petit Canard" supplément de "Bonjour Dimanche" (2)

« Le Petit Canard » supplément jeunesse de « Bonjour Dimanche » (2)
Contenu de la première série

Rappelons que cette première série du magazine Le Petit Canard s’étend sur 130 numéros du 9 juin 1946 au 28 novembre 1948
Quand Jean Nohain crée Le Petit Canard, il a déjà une bonne expérience de la presse des jeunes puisqu’il avait fondé le journal Benjamin en 1929 et il en avait été le rédacteur en chef jusqu’au 31 août 1939.
Il a déjà collaboré avec Pinchon sous le pseudonyme de Jaboune pour la bande dessinée La Famille Amulette (sans parler des bandes Grassouillet et Frimousset déjà scénarisées avant la guerre pour d’autres journaux avec le même Pinchon).  D’ailleurs Frimousset revient pour une bande mêlant texte sous la vignette et dialogues dans l’image, intitulée Frimousset détective.    


C’est encore le dessinateur de Bécassine qui illustre la chronique Caneton historien évoquant avec naïveté et humour les étapes traditionnelles et stéréotypées de l’Histoire de France.
Comme dans Benjamin, Jean Nohain demande aux lecteurs de participer au journal Le Petit Canard, en donnant des sujets de dessins pour la bande muette Picotin votre âne de Joseph-Porphyre Pinchon et en envoyant charades, devinettes  histoires drôles... L’âne familier reviendra dans La Ferme de Picotin.
Jaboune répond à leurs lettres en les nommant et il sollicite des photos pour l’album de canetons. Il se fait parfois conteur alors que Francine Bergère écrit et dessine pour les tout petits.


C’est avec le dessinateur Poléon (Louis Lempereur) que Jaboune réalise Les Aventures du petit Gaulois, Totorix (accompagné de Papa Moustache et de Furax) qui préfigurerait Astérix pour certains. La planche 15 intitulée : Les Romains seront-ils les plus forts ? frappe rétrospectivement certains lecteurs). Les 30 planches parues seront réunies dans l’album Les Aventures de Totorix publié par les éditions Calmann-Lévy en 1952. Totorix revient en première page dans Totorix en vacances ou, à l’intérieur du journal, avec Les Interviews de Totorix. A la fin de la première série, Poléon dessine encore Les Aventures et les Inventions des Frères Georges d’après les idées de Jaboune et, à partir du 25 juillet 1948, Poléon dessine en couleurs les aventures moyenâgeuses et guerrières de Godefroy-le-Bouillant tandis que Georges Libault essaie d’intéresser les lecteurs à sa bande dessinée monochrome : Jim Mammouth  Cow-boy préhistorique.


Le journal de Jean Nohain, 100 % français, un  brin chauvin, voire nationaliste, est créé au moment où La France se relève difficilement d’une guerre longue et destructrice. Avec un optimisme constant et à toute épreuve, Jean Nohain incite les lecteurs et lectrices à faire preuve de cran et de courage. Défendant la laïcité et une stricte neutralité religieuse, il évoque pour eux les monuments et personnages de « Notre belle France » et « Les Beaux Anniversaires ».
On connaît la passion de cet homme pour tout ce qui est « bien de chez nous », passion qu’il dispensera aussi sur les ondes et à la télévision. Ce n’est qu’après 70 numéros que le magazine cesse de mettre met en scène une France métropolitaine blanche, avant que paraisse le récit Du « Jam » au Sahara qui emmène ces héros dans le Sahara. A la « Une » du n° 99, le cinéaste Albert Mahuzier raconte Dix jours avec mes amis les Touareg.


Jacques Faizant (futur dessinateur du Figaro, 1918-2006), au début de sa carrière, bénéficie souvent des pages centrales pour trois bandes dessinées en couleurs : Le Colonel Broum et Patapoum (et le sinistre Professeur Pioche), Pyk et Pato au centre de la Terre et Monsieur Mite, Mirabelle et Marmottin. Dans ces bandes hebdomadaires, un peu rapidement dessinées, le texte est parfois surabondant. Faizant n’hésite pas à faire intervenir des robots et de phénomènes fantastiques.
La science-fiction n’effraie pas le magazine qui publie La Terre ne répond plus (nous sommes en 2100), un récit de Janine Jacquemond illustré par Claude Henri (Juillard). En revanche, c’est une histoire de guerre que raconte un autre récit Un courrier partira ce soir, toujours illustré par Claude Henri (du n° 31 au n° 39).


Parmi les autres récits, on relève Les Aventures d’un chercheur d’or de Henri Iselin, auteur du texte et des dessins, Les Mémoires de Li-Fou, le plus jeune policier du monde, un texte de Mario de Cavelande, illustré par Mixi-Bérel. 


Poléon, à partir du n° 70, illustre le « grand récit inédit » d’André Sergent, intitulé Du « Jam » au Sahara, l’histoire des deux jeunes scouts François et Ahmed. Plus tard est publié le roman de Jean-Clair Guyot :  Le Châtelain de l’île déserte, qui promet des mystères et des aventures. A partir du n° 101, le romancier Saint-André, illustré en couleurs par Raoul Auger, raconte les exploits d’un neveu de Jean Bart dans  Les Aventures de Cornil Bart.
Si les bandes dessinées de Poléon et de Faizant appartiennent au genre comique, deux bandes de Claude Henri (Juillard) sont du genre dramatique.


A une époque encore très colonialiste, Claude Henri (Juillard) réalise deux bandes dessinées. Le Prince de Vijanagar (8 planches) oppose au Bengale un officier du 2e bureau à un prince hindou « rebelle et fanatique » tandis que Le Serpent jaune met en scène le même officier du 2e bureau menacé à Pékin par des Chinois qui s’opposent à la construction d’aérodromes français. Les deux bandes expriment malheureusement une hostilité et un racisme à l’égard des Asiatiques, tant dans le dessin que dans le texte.                 
L’illustrateur Claude Verrier (né en 1919) met en images La Famille Belle-Lurette dans des dessins naïfs et maladroits.
Quelques numéros spéciaux plus abondants paraissent comme Spécial Noël 1946 (N° 29, 20 pages) Numéro Spécial de Joyeuses Pâques (avec Alain Saint-Ogan, n° 44) et Numéro Spécial de Noël 1947 (n° 79, « 16 pages pour les amis du Colonel Broum »). Les exemplaires de Bonjour Dimanche (81 à 89) sont illustrés en couverture par Jean Bellus, Bernard Aldebert, Poléon, Mose, Beuville et Rogesam (l’auteur de la bande dessinée muette Farfelu).
La première série du Petit Canard, en dépit de rubriques variées, est donc d’inégale qualité. Le changement de format et parfois de titre ne pouvait pas assurer un succès constant à ce supplément comme le montre le déclin de la dernière partie de la série en noir et blanc et réduite à quatre pages.

Heureusement, tandis que se poursuit la bande dessinée d’espionnage de Francis Cassou : Destination inconnue, les derniers numéros 129 et 130 de novembre 1948 apportent de l’espoir en dévoilant certains aspects du nouveau Petit Canard promis pour le 2 décembre 1948. 

mercredi 13 décembre 2017

"Le Petit Canard", supplément jeunesse de "Bonjour Dimanche" (1946-1949) Première approche

« Le Petit Canard » supplément jeunesse de « Bonjour Dimanche »
Première approche

La presse juvénile franco-belge, en cette année 1946 et en dépit des pénuries de toutes sortes, est tout particulièrement riche. Outre Fripounet et Marisette, né en 1945, reparaissent les journaux catholiques Ames Vaillantes, Coeurs Vaillants (1946-1963) (Fleurus), Bayard (1946-1962), Bernadette (1946-1963) (Bonne Presse), Christiane (1946-1981).
Beaucoup d’entre eux ne dureront pas trois ans, tels L’Astucieux (1946-48), Bob et Bobette (1946-47), Cadet-Journal (1946), Coquelicot (1946), Dominique au large (1946-1947), France-Soir Jeudi (1946-1947), Frivolet (1946-1947),  Heroïc Albums (1946-1946), Jean-Bart (1946-1947), Jeudi magazine (1946-1947), Jeune Gars (1946-1948)  Le Journal de Bébé (1946- 1948), Kim (1946), Mon avenir (1946-1948), Mon Journal  (1946-1948), O. K. (1946-1949), Paris Jeunes (puis Aventures) (1946-1947), Pat (1946-1949), Pic et Nic et Cendrillon (1946-1948), Radar (1946), Récréation (1946-1947), Robin l'écureuil (1946), Tourbillon (1946-1947), Vaillante (1946-1948)… Seront plus solides des journaux déjà présents avant la guerre comme Fillette (1946-1964), La Semaine de Suzette (1946-1960) et Spirou (en Belgique en 1938, en France en 1946) mais aussi les nouveaux, Coq Hardi (1946-1955), Francs- Jeux (1946-1979), Tarzan (1946-1953), et Zorro (1946).


C’est dans ce contexte peu favorable, compte tenu du grand nombre de publications juvéniles en présence, que paraît Le Petit Canard. Dont la longévité excède de peu les 3 ans puisqu’il paraît de juin 1946 à août 1949.  
Né en 1946, ce supplément hebdomadaire « interdit aux grandes personnes » est donc destiné aux enfants, sans qu’il soit fait mention d’un âge particulier.
Il accompagne la publication hebdomadaire « Bonjour Dimanche » diffusé par plusieurs quotidiens régionaux, comme La Nouvelle république ou, dans les Vosges, le quotidien départemental La Liberté de l’Est.
Son rédacteur en chef qui signe Jaboune est bien connu puisqu’il s’agit de Jean Nohain (alias Jean-Marie Legrand, 1900-1981), conducteur de char et résistant, déjà créateur du journal Benjamin avant la guerre, animateur de radio et bientôt de télévision, auteur de chansons (pour Mireille), écrivain et éditeur… Il rédige d’ailleurs lui-même de nombreuses rubriques du journal.
Toutefois, à Noël 1946, on précise que le rédacteur en chef est Jean Tournebise.
Il s’entoure dès le départ d’auteurs et de dessinateurs, parfois connus comme Joseph-Porphyre Pinchon, l’auteur de Bécassine mais le plus souvent à l’aube de leur carrière, tels Jacques Faizant, Poléon (Louis Lempereur), Claude-Henri (Juillard), Martial (Durand) ou Daniel Laborne…  
 
         Première série

Le Petit Canard « interdit aux grandes personnes », publié sur 8 pages, change plusieurs fois de format entre sa naissance le 9 juin 1946 et sa disparition en août 1949.
On peut considérer deux séries, la première qui s’étend sur 130 numéros du 9 juin 1946 au 28 novembre 1948, la seconde pour 32 numéros parus entre le 2 décembre 1948  et juillet-août 1949.
(J'ignorerai la 3e série éphémère de la publication, publiée du 3 décembre 1950 au 28 mars 1951 mais sans Jean Nohain).  
Pardon pour la description un peu fastidieuse qui suit mais cet effort de clarification est d’autant plus nécessaire que ce supplément « jeunesse » est fort mal connu.

1) D’abord de format 24 cm sur 33, du numéro 1 au numéro 80, daté du 14 décembre 1947, Le Petit Canard « interdit aux grandes personnes » a pour rédacteur en chef Jaboune, alias Jean Nohain tout au long de son histoire.


2) Tout en maintenant sa hauteur, il adopte une largeur de 25 cm quand il prend pour titre Bonjour Dimanche avec son supplément le 21 décembre 1947 jusqu’au numéro 89, daté du 15 février 1948.



3) Redevenu en 1ère page Le Petit Canard le 22 février 1948 pour le n° 90, il conserve le même format (25 sur 33 cm) jusqu’au 21 mars 1948 (n° 94).


4)  Adoptant le titre Le Petit Canard pour la jeunesse et pour les plus jeunes avec le numéro 95, non daté (en fait, le 28 mars 1948), il passe à quatre pages de format géant : 33 cm sur 60. Ce format, malgré l’adoption de la polychromie, ne semble pas une réussite puisqu’il ne subsiste que jusqu’au n° 102 du 16 mai 1948.  


5) Le Petit Canard pour la jeunesse et pour les plus jeunes, en conservant la polychromie et en repassant à 8 pages, adopte le format 30 cm sur 43 le 23 mai 1948 (n° 103) jusqu’au 27 juin 1948 (n° 108).

6) L’hebdomadaire semble connaître une forte période de déclin.
En conservant le même format (30 cm sur 43) mais en passant à quatre pages seulement, il redevient Le Petit Canard interdit aux grandes personnes. Il perd en outre ses couleurs en page 1 et 4. Seules les pages intérieures 3 et 4 sont en couleurs. Ni la date, ni le numéro du supplément ne figurent à un endroit quelconque du journal.


Cette situation perdure jusqu’à la publication du n° 130 le 28 novembre 1948.
Nous verrons plus tard la seconde série, sans doute la plus riche et la plus divertissante.


mercredi 6 décembre 2017

1957 Films familiaux et pour la jeunesse

1957 Films familiaux et films pour la jeunesse

En fait, en 1957, le cinéma pour la jeunesse est quasiment inexistant. Ce que l’on pourrait éventuellement  ranger, ce sont quelques dessins animés comme Perry de Walt Disney, La Reine des neiges de Lev Atamanov ou les films mettant en scène un enfant comme Le Ballon rouge d’Albert Lamorisse (l’auteur désormais connu de Crin-Blanc) Sans famille, le film  d’André Michel, d’après Hector Malot ou Joselito L’enfant à la voix d’or. De Walt Disney, il faut citer aussi Le Fidèle vagabond, largement présenté à l’époque dans les journaux pour la jeunesse.


Le western américain propose encore les films classiques du genre, tels Le Dernier train de Gun Hill, 3h 10 pour Yuma, Règlements de comptes à OK Corral ou L’Homme de l’Arizona.
La violence des films de guerre paraît « normale » et on regarde en famille Le Renard des océans avec John Wayne. 
Le cinéma dit familial n’est pas le meilleur, loin de là, sauf si l’on intègre le film Quand passe les cigognes ou Douze hommes en colère.
Les grands succès de l’année : Le Pont de la rivière Kwaï dont tout le monde sifflote la musique, Sissi face à son destin, Géant de George Stevens entretenant la légende de James Dean, Les Misérables de Jean-Paul le Chanois, se dégustent en famille.


Dans le cinéma comique français s’illustre encore  Fernandel mais on remarque surtout cette année-là l’acteur Darry Cowl qui enchaîne les films après Le Triporteur  de Jack Pinoteau.  Il est d’ailleurs aussi présent, à côté de Noël-Noël, Dans A pied, à cheval et en voiture. Le film de Philippe Agostini (d’après Paul Guth), Le Naïf aux 40 enfants donne sa chance au couple comique Michel Serrault et Jean Poiret.  Les Aventures d’Arsène Lupin montre un Robert Lamoureux capable de multiplier ses dons d’acteur. De Funès s'illustre dans Ni vu, ni connu.
La Tour, prends garde de Georges Lampin permet à l’indispensable Jean Marais de manifester une fois de plus ses talents sportifs.
Grâce aux films Planète interdite et L’Homme qui rétrécit, la science-fiction et le fantastique proposent des œuvres de qualité à tous les publics.



En fait, les journaux pour la jeunesse de 1957, présentent surtout des films de 1956 qui ne sont pas encore tous arrivés au fond des provinces françaises. Par exemple, le très beau film japonais Le Cheval et l’enfant, Guerre et paix de King Vidor, Le Monde du silence de Cousteau (film dont personne ne remarque à l’époque l’évidente cruauté), Le Tour du monde en 80 jours *de Michael Anderson, Le Mystère Picasso de Clouzot, Moby Dick de John Huston, Un condamné à mort s’est échappé de Robert Bresson…          

vendredi 1 décembre 2017

1957 Albums de bande dessinée, héros et héroïnes de B.D.

1957 Albums de bande dessinée, héros et héroïnes de B.D.

Si les albums de bande dessinée parus en 1957 ne sont pas très nombreux, c’est en raison de la frilosité des éditeurs français. Heureusement que les éditeurs belges : Dupuis, Lombard & Dargaud et Casterman montrent la voie. En France, en dehors des éditeurs catholiques Bonne Presse et Fleurus, on ne publie guère que des albums brochés et populaires et surtout à la S.P.E.



Références des albums représentés :
-          Les Aventures de Marc Jaguar Le Lac de l’homme mort de Maurice Tillieux Dupuis
-          Bob et Bobette La Clé de bronze de Willy Vandersteen Lombard & Dargaud    
-          Chlorophylle Pas de salami pour Célimène de Raymond Macherot Lombard & Dargaud (+ Le Bosquet hanté)
-          Monsieur Vincent L’ami des pauvres de Raymond Reding Lombard & Dargaud
-          Johan et Pirlouit La Source des dieux de Peyo Dupuis
-          Jo, Zette et Jocko La vallée des cobras de Hergé Casterman 
-          Alix L’Île maudite de Jacques Martin Collection du Lombard
-          Les Av. de Buck Danny Menace au Nord de Charlier (Sc) et Hubinon (dessin) Dupuis
-          Dan Cooper Le Triangle bleu (1er épisode) d’Albert Weinberg Lombard & Dargaud


-          Blake et Mortimer L’Énigme de l’Atlantide d’Edgar P. Jacobs Coll. du Lombard  
-          Lucky Luke IX Des rails sur la prairie de Morris et Goscinny Dupuis
-          Cricri Souris d’appartement contre Matou de Calvo Sté Nlle des éd. Mireille
-          Les Nouvelles aventures de Chick Bill La Tête de pipe de Tibet Lombard & Dargaud  
-          Bill Jourdan Le Carnet noir de Jean Acquaviva (Sc.) et Loys Pétillot Bonne Presse
-          La Patrouille des Castors Le Mystère de Grosbois de Mitacq Dupuis Éd. française
-          Images de l’Histoire du monde Timour Le Captif de Carthage de Sirius Dupuis
-          Fripounet et Marisette La Troisième soucoupe de R. Bonnet Fleurus
-          Ivanhoé d’après Walter Scott de S. Laudigeois Hemma


-          Les Aventures de Spirou et Fantasio Le Repaire de la murène de Franquin Dupuis
-          Les Nouvelles aventures de Chick Bill Ko-Klox-Klan de Tibet Lombard & Dargaud
-          Tif et Tondu Le Retour de Choc de Maurice Rosy (sc.) et Will (dessin) Dupuis   
-          La Patrouille des Castors Le Disparu de Ker-Aven de Mitacq Dupuis Éd. française
-          Johan et Pirlouit Le Serment des Vikings de Peyo Dupuis
-          Les Aventures de Buck Danny « NC-22654 » ne répond plus de Charlier (Sc) et Hubinon (dessin) Dupuis
-          Zéphir Messathi Le Prince des Sables de Pierre Brochard Album « Fleurdor » Fleurus
-          La Jeunesse de Robin des Bois d’après A. Dumas Mondial aventures n° 21
-          Chantal au Katanga de Robert Rigot Editions Hemma


Parmi les albums brochés, on remarquera les personnages suivants : Aggie, Charlot (par Jean-Claude Forest), Davy Crockett (un personnage de l’année 1957, célébré par une chanson interprétée en particulier par Annie Cordy), L’Espiègle Lili, Bibi Fricotin (celui se Pierre Lacroix), Bouclette, Les Pieds Nickelés (ceux de Pellos), Mimile et Minouche, Moustache et Trottinette de Calvo...    

Note : Evidemment, cette liste n'a rien d'exhaustif. Aux lecteurs d'ajouter les titres de leur choix dans les commentaires.

Il eût été impardonnable d'oublier Jerry Spring de Jijé...


-          Les Aventures de Bob et Bobette Les Chevaliers de la rue Willy Vandersteen Éd. Érasme
-           Les Aventures de Bob et Bobette La Frégate fracassante Vandersteen Éd. Érasme
-           Tarzan et le lion Hachette (d’ap. E.R. Burroughs, dessins Foster) é. o. 1937
-          Ça, c’est du sport 7 histoires complètes Jean Graton Dupuis  
-          Jerry Spring N° 4 Le Trafic d’armes Jijé (Joseph Gillain) Dupuis
-          Jerry Spring N°5 La passe des Indiens Jijé (Joseph Gillain) Dupuis
-          Croc Blanc d’après Jack London dessin collectif Classiques illustrés Pub. Class. Int.
-          Une Aventure de Kim Devil Le Monde disparu Charlier (sc) G. Forton Dupuis
-          Perlin et Pinpin les Joyeux Nains chez les lutins M. Cuvillier Alb. Fleurette Fleurus

   

Nouveaux Héros et nouvelles héroïnes apparu(e)s en 1956 et 1957

1956
Alain Cardan, cosmonaute de Gérald FORTON dans Risque-Tout
Alex et Euréka (ou Tambour), de Guy HEMPAY et P. BROCHARD, dans Cœurs Vaillants, 1er alb. 1959.
Bobosse, le petit chien de Marcel REMACLE, dans Risque-Tout puis Spirou
Bill Jourdan, western de Loys PETILLOT et Jean ACQUAVIVA, dans « Bayard », 1er album en 1957.
Cha’pa et Group-Group, le jeune Indien et l’animal aux grandes oreilles de Ramon MONZON, dans Vaillant
Davy Crockett de LE RALLIC, dans L’Intrépide. Albums vaillant en 1963-64.
Gil Jourdan, détective, et son ami Libellule, de M. TILLIEUX, dans Spirou, 1956,  1er album en 1959.
Harald le Viking de Liliane & Fred FUNCKEN, dans Tintin, 1956, 1er album en 1958.
Hercule Malabar de Jean SYLVERE et Alexandre GERARD, dans Joyeuses lectures et en albums S.P.E.
Jacques Flash de Jean OLLIVIER et Pierre LEGUEN, dans « Vaillant », 1er album en 1960.
Jean Mermoz de V. HUBINON et J.-M . CHARLIER, en album Dupuis.
Jordi de François BEL, dans Cœurs vaillants de 1956 à 1961, Albums Fleurus en 1962.
Line de Nicolas GOUJON et Françoise BERTIER (et GREG et P. CUVELIER), pour le journal homonyme
Martine et Zozo de TIKY (dessin) et Henriette ROBITAILLIE, dans Bernadette, 1 album en 1957. 
Phil et Jordi, (Pompon rouge) de François BEL, dans Cœurs Vaillants, 1er album en 1961.
Richard et Charlie de Jean TABARY, dans « Vaillant », un album Glénat N. & B. en 1977.

1957       
Blason d’argent de Guy HEMPAY et F. HIDALGO, (Yves ROY), dans Cœurs Vaillants, 1er album en 1959.
Bob Flapi, athlète complet, (mais freluquet créé par André HARVEC, dans Pschitt Junior, en album SPE en 58.
César et Ernestine, de Maurice TILLIEUX, dans Spirou,  1957, 1er album « Gag de Poche » en 1966
Coco Bill de Benito JACOVITTI, parodie de western dans le Giorno dei Raggazi
Davy Crockett de Jean OLLIVIER, Edouardo COELHO puis KLINE dans « Vaillant », 1er album en 1960.
Gaston Lagaffe de André FRANQUIN, dans Spirou, en février 1957, 1er album petit format en 1960.
Jari, le joueur de tennis de Raymond REDING, dans Tintin, 1957, 1er album en 1960.
Jim et Heppy, héros de western, de Guy HEMPAY et Pierre CHERY, Cœurs vaillants en 57, Alb. 61-62
Michel Vaillant, le coureur automobile de Jean GRATON, dans Tintin, 1957, 1er album en 1959.
Moky et Poupy de Roger BUSSEMEY, dans les journaux Fleurus en 57, 1er album Fleurus en 1960.
Monsieur Vincent, l’ami des pauvres de REDING, en album du Lombard.
Priscille et Olivier de Jeannine LAY et Henriette ROBITAILLIE, dans Bernadette, 1er album en 1958.
Prudence Petitpas de Maurice MARECHAL, dans Tintin, 1957, albums Le Lombard dès 1962.
Signor Spaghetti, le bavard, et Prosciutto de R. GOSCINNY et D. ATTANASIO, dans Tintin, 1957, alb en 61.
Thierry le Chevalier de J.-M. CHARLIER et Carlos LAFFOND, dans Spirou en mai 57
Tony Sextant, S-F de J. RIBERA et J. ACQUAVIVA dans « Bayard », 1er album en 1958.
Zorro d’Alex TOTH (E-U) (après celui de Bob Dan, Gire et Oulié et J. Pape en France)